La Banque centrale syrienne annonce l'entrée en vigueur de la « nouvelle livre »
Après l'adoption de la réforme électorale et parlementaire, la Syrie s'apprête à entamer une nouvelle étape de son histoire économique avec le lancement d'une nouvelle monnaie : la nouvelle livre.
Ahmed Al-Sharaa, Premier ministre syrien, a réussi à faire prendre un virage à 180 degrés au pays. Depuis son arrivée au pouvoir en décembre dernier, après le départ soudain de Bachar Al-Assad, l'actuel dirigeant du pays tient ses promesses. Bien que l'arrivée de la nouvelle livre ait déjà été officiellement annoncée, ce n'est que le 8 décembre 2025, date qui coïncide avec le premier anniversaire de l'arrivée au pouvoir d'Al-Sharaa, qu'elle commencera à circuler parmi la population syrienne.
Réforme après réforme, même si certaines sont adoptées par décret, il modernise le pays et, surtout, le démocratise, ce qui était le souhait de tout le peuple. « Une nouvelle Syrie est possible », a-t-il déclaré dans l'une de ses premières interventions en tant que dirigeant de l'un des pays les plus historiques du monde.
Selon les termes du gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Abdul Qadir Al Hasriya, l'une des premières nominations de Sharaa et le remplaçant de Maysaa Sabreen (première femme à la tête de la Banque centrale de Syrie), l'annonce de l'entrée en vigueur de la « nouvelle livre » est synonyme de renforcement de la souveraineté nationale.
Il a également souligné que l'arrivée de cette monnaie n'entraînera pas l'impression d'une masse monétaire supplémentaire, mais qu'elle remplacera la livre actuelle. « Le processus sera simple. Il s'agit d'un simple remplacement de billets par d'autres », a-t-il précisé.
À cette fin, le gouverneur a annoncé que la Banque mènera une campagne de sensibilisation afin que les citoyens syriens disposent de toutes les informations nécessaires pour remplacer l'ancienne livre par la nouvelle. Enfin, M. Hasriya a confirmé que la monnaie était déjà en cours d'impression par la société russe Goznak, mais que des billets syriens pourraient également être imprimés aux Émirats arabes unis et en Allemagne, avec lesquels les Syriens entretiennent de très bonnes relations.
Caractéristiques de la « nouvelle livre »
Historiquement, les nouvelles monnaies comportaient généralement sur l'une de leurs faces le portrait des nouveaux dirigeants qui les mettaient en circulation ou d'anciens présidents du pays partageant les mêmes idées que l'actuel. Cependant, la Syrie souhaite rompre avec cette coutume internationale en n'introduisant que des motifs représentant des sites historiques du pays sur les différentes pièces et billets.
Toutefois, l'une des principales préoccupations de la Banque centrale syrienne est la possible contrefaçon des pièces. Dans un communiqué, elle a toutefois indiqué qu'elle suivait les normes les plus sophistiquées pour s'assurer que la monnaie ne soit pas facile à contrefaire.
Jusqu'à présent, la Banque centrale a seulement indiqué qu'il y aurait 6 dénominations, entre les billets et les pièces, contre 13 auparavant (6 pièces et 7 billets).
Comment les deux lires coexisteront-elles ?
Le passage d'une monnaie à l'autre n'est pas simple, il sera donc inévitable que les deux lires coexistent dans l'espace et dans le temps pendant quelques mois. Dans ce contexte, la Banque centrale a tenu à préciser que, pendant un an, ceux qui recevront des paiements en lires actuelles pourront se rendre à la Banque centrale pour les échanger contre les nouvelles.
La période prévue pour le remplacement définitif de toutes les lires actuellement en circulation est d'un an, car les entreprises bénéficieront de facilités pour échanger leurs lires, et tout l'argent des banques sera remplacé au fur et à mesure que les nouvelles lires seront imprimées. Dans le même temps, la Banque centrale travaille à la mise à jour de ses systèmes de paiement électroniques pour la nouvelle conversion (1 000 anciennes lires = 10 nouvelles lires).