Investir dans le Sahara marocain, c'est allier ambition économique et engagement patriotique

Badr El Jamri, jeune entrepreneur à Dakhla
Atalayar s'est entretenu avec Badr El Jamri, jeune entrepreneur à Dakhla, qui a déclaré qu'« investir dans les provinces du sud, c'est allier ambition économique et engagement patriotique »

Diplômé de l'IAE de Nice, où il a obtenu un master en ingénierie financière internationale, Badr El Jamri a commencé sa carrière dans un important cabinet de conseil marocain, afin d'acquérir une expérience structurante et de renforcer ses compétences en analyse financière, stratégie d'investissement et accompagnement de projets complexes.

Il a travaillé sur des missions de grande envergure pour plusieurs institutions gouvernementales et bancaires, à Rabat, Casablanca et El Aaioun, ce qui lui a permis d'acquérir une compréhension approfondie des défis économiques du pays.

Au fil de ces expériences, il a développé une grande capacité à identifier les opportunités commerciales au Maroc, en particulier dans les régions du sud, dont il a très tôt perçu le potentiel exceptionnel.

Atalayar a eu l'occasion de s'entretenir avec lui à l'occasion du Forum MD Sahara qui s'est tenu à Dakhla afin qu'il nous fasse part de son expérience.

Souad Mekkaoui, présidente fondatrice du Forum MD Sahara, lors de son discours au Forum MD Sahara qui s'est tenu du 13 au 17 novembre à Dakhla, au Maroc

Un engagement motivé par une vision de patriotisme économique

En réponse à la question de savoir comment lui est venue l'idée d'investir à Dakhla, Badr El Jamri a affirmé que la décision d'investir dans le sud du Maroc ne repose pas uniquement sur des considérations économiques, mais qu'elle est fortement liée à ce qu'il qualifie de patriotisme économique, comme une manière concrète de contribuer au développement du royaume marocain, loin de tout symbolisme superficiel.

« L'environnement familial a également joué un rôle décisif », a-t-il ajouté, précisant que « le fait que mon père ait été nommé président du conseil d'administration d'une grande banque couvrant toutes les provinces du sud a profondément influencé mon parcours. Cela m'a permis de découvrir ces territoires de près, de comprendre leurs dynamiques économiques et de m'imprégner de leurs cultures ».

Répondre à l'appel royal et soutenir le développement du sud

La décision d'El Jamri de s'installer et d'investir dans les provinces du sud s'inscrit dans le cadre des orientations du roi Mohamed VI, qui n'a cessé d'encourager la jeunesse marocaine à contribuer au développement du Sahara marocain, à renforcer le lien nord-sud et à défendre les intérêts de l'intégrité territoriale.

Parallèlement à ses projets, Badr El Jamri s'implique activement dans le marketing territorial de la région, en participant à divers forums économiques, événements socioculturels et initiatives internationales.

En 2018, il a été distingué par le Crans Montana Forum de Dakhla comme « New Leader for Tomorrow », en reconnaissance de son engagement en faveur de l'écotourisme dans la région.

Construction d'une usine de dessalement à Dakhla, dans le Sahara occidental administré par le Maroc - PHOTO/ ARCHIVES

Dajla : un territoire en profonde transformation

Dans son évaluation de la dynamique de développement des territoires du sud, en particulier à Dajla, El Jamri, en tant qu'observateur privilégié, affirme avoir vu la région évoluer de manière spectaculaire en matière d'infrastructures modernes, de nouvelles connexions — notamment aériennes — et de projets structurants qui ont généré des bénéfices concrets pour la population.

Pour le jeune entrepreneur, cette transformation suscite en lui un profond sentiment de fierté et renforce sa volonté d'agir. En effet, dans cette dynamique, El Jamri entreprend la construction d'un hôtel 5 étoiles dans la baie d'Oued Eddahab, conçu selon une vision innovante et totalement alignée sur les principes du tourisme durable.

« Ce projet réunit des experts de haut niveau : le prestigieux cabinet espagnol ELESDOPA à Grenade, reconnu pour son expertise dans les structures complexes, et le cabinet d'architecture ASS.AR à Rabat, réputé pour sa maîtrise des concepts contemporains et sa capacité à intégrer les spécificités régionales dans des projets de grande envergure », a expliqué Badr El Jamri à Atalayar.

« La complémentarité entre l'ingénierie internationale et l'architecture marocaine nous a permis de réaliser une véritable prouesse : réduire de plus de 30 % l'impact écologique par rapport à une structure conventionnelle, tant au niveau du bâtiment que du bilan énergétique et de la conception », a souligné le jeune entrepreneur.

Le projet incarne la volonté claire de Badr El Jamri de promouvoir un modèle touristique innovant, responsable et respectueux de l'environnement, tout en valorisant l'extraordinaire patrimoine naturel de Dakhla.

S'adapter aux réalités locales pour réussir

Parmi les conseils que Badr El Jamri donnerait à tout jeune porteur de projets d'investissement souhaitant s'installer à Dakhla, il souligne l'importance d'une forte capacité d'adaptation ; il est donc essentiel de comprendre les habitudes locales, les codes qui structurent la société, encore marquée par une forte organisation tribale.

« En ce qui concerne les conditions climatiques particulières de la région, El Jamri a précisé qu'elles doivent être anticipées dès la conception même des projets », soulignant que la qualité de vie dans la ville de Dakhla est en constante amélioration et modernisation.

Travaux du port atlantique de Dakhla - PHOTO/ARCHIVES

Sahara marocain : un immense potentiel à l'horizon 2030

Malgré tous les défis, Badr El Jamri est convaincu que Dakhla, comme les autres villes du Sahara marocain, possède un potentiel exceptionnel. Le développement du tourisme, de la pêche, de la logistique et des services pourrait permettre à la région de connaître un véritable essor d'ici 2030.

Il s'agit, selon El Jabri, d'une ambition qui se concrétisera en plaidant pour :

  • Renforcer les mesures d'incitation à l'investissement.
  • Simplifier les procédures administratives.
  • Promouvoir un développement territorial cohérent et intégré.
  • Impliquer davantage la jeunesse locale, véritable moteur de l'avenir.