La justice donne raison à Iberdrola face au veto de Trump sur son projet éolien

Éoliennes du parc éolien offshore Vineyard Wind 1 au sud de Martha's Vineyard. PHOTO/ERIC HAYNES

Un tribunal de Boston autorise l'entreprise formée par Iberdrola et la société danoise CIP à reprendre les travaux du parc éolien offshore de Vineyard Wind, interrompus depuis le 22 décembre

  1. Suspension des projets
  2. Vineyard Wind 1
  3. Mesures conservatoires
  4. Reprise des travaux
  5. Iberdrola et les États-Unis

Le juge fédéral Brian E. Murphy, du tribunal fédéral de Boston (Massachusetts), a statué en faveur de la société Vineyard Wind, formée par l'entreprise énergétique espagnole Iberdrola et la société danoise Copenhagen Infrastructure Partners (CIP), dans son litige avec l'administration Trump.

Suspension des projets

Ce litige remonte au 22 décembre dernier, lorsque le gouvernement américain, par l'intermédiaire du Bureau de gestion des énergies marines (BOEM), dépendant du ministère de l'Intérieur, a émis un ordre de suspension des travaux de construction de cinq parcs éoliens offshore, dont le projet Vineyard Wind de la filiale américaine d'Iberdrola, Avangrid.

L'ordre suspendait avec effet immédiat les contrats de tous les projets éoliens à grande échelle en cours de construction aux États-Unis, en raison de risques potentiels pour la sécurité nationale identifiés par le département de la Guerre dans une série de rapports classifiés. Un risque lié à la proximité de ces projets avec certains systèmes d'alerte précoce et radars.

Selon l'administration américaine, l'objectif de la suspension était de « donner le temps de travailler avec les locataires et les partenaires étatiques afin d'évaluer la possibilité d'atténuer les risques pour la sécurité nationale que posent ces projets ».

Le président américain Donald Trump lors du 56e Forum économique mondial (WEF) annuel, à Davos, en Suisse, le 21 janvier 2026 - REUTERS/ JONATHAN ERNST

Vineyard Wind 1

Dans le cas d'Iberdrola, le projet paralysé et désormais débloqué est celui de Vineyard Wind 1, la première grande installation éolienne offshore aux États-Unis de la société présidée par Ignacio Galán. Située au large des côtes du Massachusetts, sa capacité installée est de 806 MW, suffisante pour répondre aux besoins énergétiques de 400 000 foyers et entreprises de la région.

Le projet est détenu à 50 % par la filiale américaine d'Iberdrola, Avangrid Power, et à 50 % par la société danoise Copenhagen Infrastructure Partners (CIP).

L'investissement dans ce projet s'élève à 2,7 milliards d'euros, garantis par des contrats avec les trois principales compagnies d'électricité publiques.

Au moment de la suspension, les travaux de Vineyard Wind 1 étaient achevés à 95 % et le projet alimentait déjà le réseau en énergie depuis un an. Le projet comprend 62 turbines, dont 44 sont déjà entièrement installées et d'autres partiellement, et génère 70 % de sa capacité prévue.

Parc éolien offshore Vineyard Wind 1 d'Iberdrola - PHOTO/ARCHIVES

Mesures conservatoires

La décision du juge Brian E. Murphy, nommé par l'ancien président américain Joe Biden, établit des mesures conservatoires qui permettront aux entreprises de poursuivre la construction des installations éoliennes pendant que les poursuites judiciaires engagées par les compagnies d'électricité pour annuler l'ordre du gouvernement américain suivent leur cours.

Selon la décision du juge, l'interruption des travaux pourrait causer des dommages irréparables au consortium hispano-danois. En outre, il estime que le gouvernement américain n'a pas fourni d'explication raisonnable quant au risque présumé pour la sécurité nationale que représentaient les installations éoliennes.

Le jugement qualifie également d'« arbitraire et capricieuse » la décision du ministère de l'Intérieur d'interdire la poursuite de la construction, mais d'autoriser la production d'électricité à partir des éoliennes déjà installées.

L'installation fournit déjà suffisamment d'énergie propre pour alimenter plus de 64 000 foyers et entreprises - PHOTO/ARCHIVES

Reprise des travaux

Cette première victoire judiciaire d'Iberdrola face à l'administration Trump et à sa politique en matière d'énergie éolienne offshore s'ajoute à celles de trois autres entreprises touchées par les suspensions décrétées le 22 décembre dernier.

Au total, la justice a autorisé à titre conservatoire la poursuite de la construction de quatre des cinq opérations concernées par cette ordonnance, dans l'attente de la décision définitive sur la légalité de cette mesure.

Vineyard Wind, la société qui gère l'installation, a déclaré qu'elle continuerait à travailler avec l'administration américaine pour parvenir à une solution rapide et permanente, tandis que l'installation des dernières turbines et la mise en service finale du parc éolien se poursuivent.

Ignacio Galán, président du groupe Iberdrola, salue l'émir du Qatar en présence de Donald Trump - PHOTO/IBERDROLA

Iberdrola et les États-Unis

Le marché américain est stratégique pour la société présidée par Ignacio Galán, comme l'a souligné la présentation en septembre dernier du plan stratégique à l'horizon 2028, qui prévoit des investissements de 16 milliards d'euros dans le pays d'ici cette date.

Avangrid, filiale américaine d'Iberdrola, dispose d'une capacité de production installée de plus de 105 GW dans 24 États et dessert plus de six millions de foyers et d'entreprises aux États-Unis.

L'arrivée au pouvoir de Donald Trump a constitué une menace pour les projets d'avenir des entreprises ayant des projets éoliens marins, comme Iberdrola, qui a reçu des menaces de suspension des travaux et de retrait des permis.

Il convient de rappeler que dans son discours du 21 janvier dernier devant le Forum économique mondial de Davos (Suisse), Trump lui-même a affirmé que les installations éoliennes « gâchent le paysage » et a accusé la Chine de fabriquer et de vendre des turbines « aux imbéciles qui les achètent », mais d'éviter de les installer sur son propre territoire.