Proexca mise sur l'investissement au Sahara et dérange le Front Polisario

Port atlantique de Dakhla - PHOTO/ATALAYAR
L'entreprise publique rattachée à la présidence du gouvernement des Canaries encourage à investir dans le port atlantique de Dakhla 
  1. Mission commerciale des Canaries dans le secteur portuaire à Dakhla

Proexca, entreprise publique rattachée à la présidence du gouvernement des Canaries et dédiée à l'internationalisation des entreprises des îles Canaries, promeut l'investissement au Sahara occidental. 

Plus précisément, elle encourage les investissements dans le port atlantique de Dakhla et, à cette fin, elle a organisé une mission commerciale avec la Fédération canarienne des entreprises portuaires (Fedeport) du 29 novembre au 2 décembre sous le slogan « Port Dakhla 2025 ». 

L'enjeu est de soutenir les entreprises canariennes afin qu'elles investissent dans un territoire prospère comme le Sahara occidental, qui est contrôlé par le Maroc, lequel envisage son incorporation de facto comme une autonomie supplémentaire de la nation. 

En 2007, le Maroc a proposé un plan d'autonomie pour le Sahara occidental dans le but d'intégrer le territoire à l'État marocain en accordant une grande capacité d'autonomie aux Sahraouis et en laissant la politique internationale et la défense entre les mains de l'État. Tout cela dans le respect des résolutions de l'Organisation des Nations unies.

Port atlantique de Dakhla - PHOTO/ATALAYAR

Cette proposition a reçu le soutien de plus de 100 pays qui l'ont considérée comme l'option la plus sérieuse, la plus crédible et la plus réaliste pour résoudre le conflit sahraoui, qui dure depuis cinq décennies, depuis la fin de la période coloniale espagnole. En outre, fin octobre, le Conseil de sécurité de l'ONU, à l'initiative des États-Unis, a approuvé une résolution, avec le vote favorable des membres et l'abstention de la Chine et de la Russie, afin de considérer la proposition marocaine comme la base la plus solide pour parvenir à un accord entre les parties en conflit pour la souveraineté territoriale du Sahara occidental, à savoir le Maroc, d'une part, et le Front Polisario et la République arabe sahraouie démocratique (RASD), d'autre part. 

Le groupe indépendantiste Front Polisario plaide en faveur de la tenue d'un référendum sur l'indépendance du peuple sahraoui, ce qui fait l'objet de débats à l'ONU depuis des décennies, sans toutefois parvenir à un consensus sur la question. et bénéficie actuellement de peu de soutien international, parmi lequel celui de l'Algérie, grand rival politique du Maroc au Maghreb, pays avec lequel il a rompu ses relations en août 2021 après avoir accusé le royaume marocain d'« actes hostiles » contre la nation algérienne. Une situation qui reste enlisée jusqu'à présent, malgré les offres de paix répétées à plusieurs reprises par le roi marocain, Mohammed VI, en vue de rétablir de bonnes relations diplomatiques.

Drapeau marocain dans la ville de Dakhla - PHOTO/ARCHIVES

L'Algérie et le Front Polisario sont de plus en plus isolés sur la scène internationale en ce qui concerne la question territoriale du Sahara, car le Maroc a obtenu un large soutien international pour sa proposition d'intégrer le Sahara occidental comme une autonomie supplémentaire du royaume marocain. 

Le Maroc considère précisément le Sahara occidental comme faisant partie de ses provinces du sud et cherche à développer au maximum la région grâce à des initiatives économiques qui favorisent le développement territorial. Dans cette optique, les investissements sont encouragés dans une zone qui présente un fort potentiel économique, commercial et industriel. 

C'est là que des initiatives telles que celle proposée par Proexca et Fedeport jouent un rôle important, même si elles peuvent déranger le secteur opposé au Maroc sur la question sahraouie, tel que celui représenté par le Front Polisario et la RASD.

Port atlantique de Dakhla - PHOTO/ATALAYAR

Mission commerciale des Canaries dans le secteur portuaire à Dakhla

La mission commerciale organisée par Proexca et Fedeport propose aux entreprises des Canaries des opportunités stratégiques pour se positionner dans le développement du futur port atlantique de Dakhla, un projet logistique de 1,3 milliard d'euros qui aspire à devenir un lien logistique clé entre l'Afrique, l'Europe et l'Amérique et qui est promu par le Maroc. 

Les entreprises participantes pourront identifier des opportunités d'investissement et de collaboration, établir des alliances avec des acteurs stratégiques du secteur maritime et portuaire et assurer l'expansion de leur activité sur un marché marocain en plein essor, en tirant parti de la connexion entre trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Amérique. 

La mission est destinée aux entreprises canariennes du secteur portuaire et maritime et de leurs industries connexes, qui souhaitent tirer parti des opportunités offertes par le futur port atlantique de Dakhla. 

Comme l'a souligné Proexca, le développement de Dakhla en tant que plateforme d'intégration régionale et pôle de développement portuaire génère des opportunités dans les domaines suivants : 

  • Services auxiliaires : réparations, maintenance, approvisionnement des navires et formation spécialisée. 
  • Logistique et transport : services de gestion du fret, distribution et connectivité internationale. 
  • Technologie portuaire : numérisation, automatisation et gestion intelligente des ports. 
  • Énergies renouvelables et durabilité : solutions énergétiques pour des ports efficaces et durables. 
  • Économie bleue : pêche responsable, aquaculture et tourisme maritime. 
  • Économie circulaire : gestion des déchets, recyclage et solutions durables adaptées au contexte local.