Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 1er septembre
- L'axe eurasien se consolide lors du sommet de l'OCS
- Gaza et Palestine : tournant diplomatique et montée des tensions
- Ukraine : guerre d'usure et pression pour négocier
- Commerce mondial : incertitude due aux droits de douane de Trump
- Énergie : stabilité tactique et vulnérabilité géopolitique
- Indo-Pacifique : tensions accrues autour de Taïwan
- Venezuela : isolement et pression sur la « narco-dictature »
- Résumé de la couverture internationale
L'axe eurasien se consolide lors du sommet de l'OCS
Événement principal : À Tianjin, en Chine, Xi Jinping a présidé le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), accueillant plus de 20 dirigeants, dont Vladimir Poutine de Russie et Narendra Modi de l'Inde. L'objectif est de renforcer ce bloc afin qu'il fasse contrepoids à l'OTAN.
Contexte et acteurs : la présence de Modi est un message direct à l'administration Trump sur l'autonomie stratégique de l'Inde dans un monde multipolaire. La participation en tant qu'observateurs de pays tels que la Turquie et l'Arabie saoudite suggère une possible expansion de l'alliance.
Analyse et implications : le sommet accélère la reconfiguration vers un ordre multipolaire, consolidant un bloc Pékin-Moscou avec des clins d'œil à Delhi. L'accent mis sur la « responsabilité partagée » et la coopération économique remet directement en cause l'influence des États-Unis en Asie et complique les stratégies de l'OTAN tant en Ukraine que dans l'Indo-Pacifique.
Gaza et Palestine : tournant diplomatique et montée des tensions
Événement principal : en septembre, la France mènera la reconnaissance de l'État palestinien devant l'ONU, dans le cadre d'une action coordonnée avec des alliés clés tels que le Royaume-Uni, le Canada, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège.
Contexte et acteurs : La réponse de Washington et d'Israël a été catégorique, avec le refus de visas à Mahmoud Abbas et à 80 dirigeants palestiniens. Parallèlement, la « Global Sumud Flotilla », une initiative humanitaire à laquelle participent des militants tels que Greta Thunberg, a quitté Barcelone pour tenter de briser le blocus de Gaza. Israël a réagi en durcissant ses opérations militaires contre le groupe terroriste Hamas, qui utilise la population civile comme bouclier humain.
Analyse et implications : ce mouvement diplomatique européen augmente le coût politique et réputationnel pour Israël, provoquant une fracture dans l'alliance transatlantique. À long terme, la pression juridique sur Israël s'intensifie dans les forums internationaux, sans pour autant disculper le rôle déstabilisateur du Hamas et de ses sponsors, tels que l'Iran.
Ukraine : guerre d'usure et pression pour négocier
Événement principal : la Russie intensifie sa campagne de bombardements sur Kiev, tandis que l'Ukraine riposte par des attaques de drones contre des raffineries russes. La Maison Blanche a fixé des délais pour un sommet Poutine-Zelenski, combinant sanctions et garanties de sécurité.
Contexte et acteurs : Le ministre allemand des Affaires étrangères, Friedrich Merz, anticipe un conflit prolongé, affirmant que « les guerres se terminent généralement par des négociations après un long moment ». Pendant ce temps, la Hongrie continue de bloquer les progrès dans les négociations d'adhésion de l'Ukraine à l'UE, exacerbant les divisions internes au sein du bloc.
Analyse et implications : Le conflit entre dans une phase d'usure. L'avertissement de Merz reflète la réalité sur le terrain, tandis que la pression des États-Unis en faveur d'une négociation rapide se heurte à la stratégie du Kremlin. Il existe un risque réel d'escalade à l'automne si la voie diplomatique échoue.
Commerce mondial : incertitude due aux droits de douane de Trump
Événement majeur : une cour d'appel fédérale américaine a déclaré illégaux la plupart des tarifs douaniers imposés par l'administration Trump, mais ceux-ci restent provisoirement en vigueur jusqu'à ce que la Cour suprême se prononce.
Contexte et acteurs : l'Inde est l'un des pays les plus touchés, avec des taux de 50 % sur les deux tiers de ses principales exportations (textiles, bijoux). Son ministre du Commerce a déclaré que « nous ne céderons pas devant les États-Unis ».
Analyse et implications : La décision judiciaire génère une grande incertitude. Si elle est confirmée, elle entraînera un rééquilibrage global des droits de douane. Si elle est annulée, elle pourrait déclencher une nouvelle vague de protectionnisme qui affecterait non seulement les rivaux, mais aussi des alliés clés tels que l'Union européenne et le Japon, ce qui tendrait encore davantage les chaînes d'approvisionnement.
Énergie : stabilité tactique et vulnérabilité géopolitique
Événement principal : le prix du baril de Brent reste stable autour de 68 dollars, avec des prévisions de surplus et une possible baisse vers 58-60 dollars en 2025-2026 en raison de l'augmentation de la production des pays non membres de l'OPEP+.
Contexte et acteurs : L'OPEP+ surveille le marché afin d'éviter une offre excédentaire qui ferait chuter les prix.
Analyse et implications : Cette stabilité offre un répit aux pressions inflationnistes et donne une marge de manœuvre aux banques centrales. Cependant, cette tendance est vulnérable et pourrait rapidement s'inverser en cas d'escalade militaire en Ukraine ou de nouvelles tensions géopolitiques.
Indo-Pacifique : tensions accrues autour de Taïwan
Événement majeur : le sénateur américain Roger Wicker s'est rendu à Taipei pour discuter de la coproduction d'armes (y compris de drones) entre les États-Unis et Taïwan.
Contexte et acteurs : Pékin a vivement protesté en organisant des exercices navals dans la région. Les Philippines ont activé des plans d'urgence en cas de conflit éventuel dans le détroit de Taiwan et de nouveaux incidents avec la Chine ont été signalés en mer de Chine méridionale.
Analyse et implications : La décision de Washington alarme Pékin et augmente le risque d'une escalade régionale. La collaboration militaire directe entre les États-Unis et Taiwan est une ligne rouge pour la Chine.
Venezuela : isolement et pression sur la « narco-dictature »
Événement principal : les États-Unis et l'UE ont durci les sanctions contre le régime de Nicolás Maduro après les élections frauduleuses, notamment en désignant le cartel « Tren de Aragua » et de hauts fonctionnaires.
Contexte et acteurs : L'opposition interne continue de faire pression, mais la crise humanitaire s'aggrave.
Analyse et implications : Maduro se retranche face à l'isolement occidental, mais les sanctions visent à forcer une ouverture ou un effondrement du régime. Il est possible que le bloc de l'OCS, par l'intermédiaire de la Chine et de la Russie, tente de contrer le blocus.
Résumé de la couverture internationale
Reuters/AP : Focus sur la longue guerre en Ukraine (Merz), la reconnaissance de la Palestine (France) et la flottille de Gaza (Thunberg).
WSJ/Financial Times : Analyse du choc diplomatique entre Paris et Washington au sujet de la Palestine, des doutes du Pentagone sur l'utilisation de missiles en Ukraine et de la stabilité du Brent.
Médias européens (The Guardian, The Times, Le Monde, FAZ) : large couverture de la visite de Poutine en Chine, des critiques à l'encontre d'Israël pour Gaza et du débat sur le réarmement allemand.
Médias américains (CNN, CBS, FOX News) : la décision de justice contre les tarifs douaniers et la réaction de la Maison Blanche dominent la couverture économique.
Médias asiatiques (SCMP, Japan Times, Times of India) : accent mis sur le sommet de l'OCS comme message de « stabilité », la visite de Wicker à Taïwan et l'impact des tarifs douaniers sur l'Inde.
Al-Jazeera/médias arabes : accent mis sur la flottille humanitaire, la reconnaissance de la Palestine et les critiques à l'égard d'Israël.
Médias russes et chinois (TASS, RT, China Daily) : discours officiel présentant le sommet de l'OCS comme un succès diplomatique pour la paix et la stabilité.
Médias ukrainiens (Kyiv Independent) : ils font état des victimes des bombardements, des attaques contre les raffineries russes et du blocage de la Hongrie au sein de l'UE.