Gustavo de Arístegui : Analyse géopolitique du 6 février
Voici l'analyse de l'actualité mondiale, structurée en thèmes clés pour une compréhension claire et directe, suivie d'un résumé de la couverture médiatique dans les principaux médias
- Introduction
- États-Unis-Iran : Oman, négociations sous la menace de la force
- Russie-Ukraine-États-Unis à Abu Dhabi : échange de prisonniers et guerre par d'autres moyens
- New START : l'architecture de confinement nucléaire entre dans une zone d'ombre
- Arabie saoudite-EAU : un divorce annoncé qui se joue au Yémen
- Groenland : consulats occidentaux et réveil tardif dans l'Arctique
- Cuba : asphyxie énergétique sélective et aide conditionnelle
- Activisme de la flottille et extrême gauche : l'obscène double standard moral
- Russie : agression, cynisme et guerre hybride
- Rack médiatique
- Commentaire éditorial
Introduction
La journée du 6 février 2026 concentre, comme dans un prisme, les grandes tensions du système international : un Iran terroriste contraint de négocier à Oman par pure crainte de la puissance américaine ; une Russie qui tente de protéger ses annexions illégales tout en s'asseyant à Abu Dhabi pour parler de « paix » ; une architecture de contrôle des armes nucléaires au bord du vide avec l'expiration du New START ; un Golfe fracturé par le divorce saoudien-émirati qui saigne le Yémen ; un Arctique qui cesse d'être une périphérie pour devenir un échiquier central ; et un encerclement économique de plus en plus sophistiqué du castrisme, visant à étrangler le régime sans abandonner le peuple.
Tout cela se produit dans un climat de dégradation morale où l'extrême gauche et ses militants de la flottille crient contre Israël et « l'Occident », tout en gardant un silence retentissant face au massacre de dizaines de milliers d'Iraniens par le régime des ayatollahs et en relativisant l'agression russe contre l'Ukraine. Face à ce paysage, la seule position intellectuellement honnête et stratégiquement sensée est une défense ferme de la démocratie libérale, un atlantisme sans complexes, une fermeté maximale envers le terrorisme djihadiste et l'expansionnisme russo-iranien, et une critique frontale des extrémismes et de l'imposture morale d'une grande partie de la gauche radicale.
États-Unis-Iran : Oman, négociations sous la menace de la force
Faits
À Mascate, capitale d'Oman, se tient le premier grand cycle de négociations de haut niveau entre les États-Unis et l'Iran depuis les attaques américaines de juin 2025 contre des installations nucléaires iraniennes. Le ministre iranien Abbas Araghchi et l'envoyé spécial américain Steve Witkoff, accompagné de Jared Kushner, s'assoient à la table des négociations, dans un format initialement limité au dossier nucléaire que Téhéran a tenté de protéger de toute discussion sur les missiles balistiques et les proxies terroristes, mais que Washington et plusieurs médiateurs arabes ont réussi à élargir. Cette réunion intervient après un mois de janvier marqué par la répression brutale du régime des ayatollahs — avec des dizaines de milliers de morts dans les rues —, par des incidents militaires tels que la destruction d'un drone Shahed par un F-35C américain et par un déploiement important de moyens américains dans la région. L'administration Trump a clairement indiqué qu'elle préférait la diplomatie, mais elle maintient toutes les options militaires sur la table, et de hauts responsables du Trésor parlent déjà des élites iraniennes qui « sortent l'argent du pays » comme des rats quittant un navire en perdition.
Implications
L'Iran n'arrive pas à Oman en tant qu'interlocuteur « d'égal à égal », mais en tant que régime terroriste acculé qui craint, à juste titre, une attaque ciblée susceptible de déclencher l'implosion interne tant redoutée par Khamenei. Il a tenté de réduire les discussions à un simple ajustement technique nucléaire précisément pour éviter que les piliers de son pouvoir ne soient remis en question : le programme de missiles, le réseau du Hezbollah, du Hamas, des Houthis et des milices chiites en Irak et en Syrie, et son recours systématique à la violence théocratique contre son propre peuple. La présence de Kushner, architecte des accords d'Abraham, révèle que Washington ne pense pas seulement aux limites nucléaires, mais aussi à un éventuel accord régional qui lierait la question iranienne à la sécurité d'Israël et à la normalisation avec le monde arabe sunnite.
Perspectives et scénarios
Le scénario le plus probable à court terme est celui d'un Iran qui tente de gagner du temps, d'offrir des concessions cosmétiques et de se présenter comme une victime face à une gauche occidentale prête à gober n'importe quel discours s'il va à l'encontre de Washington et d'Israël. Le seul frein réel au régime reste la menace crédible d'attaques chirurgicales au cœur de l'appareil révolutionnaire et nucléaire ; si cette menace s'estompe, Téhéran reprendra ses anciennes habitudes. Le meilleur scénario passe par un accord extrêmement solide en matière de vérification, de missiles et de mandataires, accompagné de pressions internes et régionales ; le pire scénario passe par une escalade mal calculée qui déboucherait sur un conflit ouvert dans lequel les véritables perdants seraient, une fois de plus, le peuple iranien et la stabilité de tout le Moyen-Orient.
Russie-Ukraine-États-Unis à Abu Dhabi : échange de prisonniers et guerre par d'autres moyens
Faits
À Abu Dhabi, le deuxième cycle de négociations entre l'Ukraine, la Russie et les États-Unis s'est conclu par le premier échange de prisonniers en cinq mois, 314 combattants au total, et l'engagement de poursuivre les réunions. Des personnalités de premier plan dans le domaine de la sécurité et du renseignement ont pris part aux discussions, ce qui indique qu'il ne s'agit pas d'une simple mise en scène. Parallèlement, un canal de dialogue militaire de haut niveau entre Washington et Moscou est rouvert, tandis que le Kremlin laisse filtrer de nouvelles exigences maximalistes — notamment la reconnaissance de sa souveraineté sur les territoires illégalement annexés — et lance des attaques massives contre le réseau énergétique ukrainien à la veille des pourparlers.
Implications
L'échange de prisonniers est un soulagement humain incontestable, mais il ne doit pas occulter la réalité sous-jacente : la Russie utilise la table des négociations pour légitimer ses conquêtes et gagner du temps, et non pour corriger son agression. Elle prétend faire de ses annexions un « fait accompli » béni par la communauté internationale, violant ainsi le principe fondamental selon lequel la force ne donne pas droit au territoire. La reprise du dialogue militaire avec les États-Unis est positive en tant que mécanisme anti-escalade, mais Moscou a déjà largement démontré qu'elle combine la diplomatie de salon avec des missiles sur les infrastructures civiles.
Perspectives et scénarios
Pour l'Ukraine, le risque est double : être poussée vers un accord qui gèle une occupation inadmissible ou se retrouver seule si une partie de l'Occident cède à la fatigue et au chantage énergétique. La seule voie cohérente avec le droit international et un atlantisme sérieux consiste à soutenir Kiev politiquement, militairement et financièrement jusqu'à ce que tout compromis exclue la légitimation des annexions et offre de réelles garanties de sécurité. Toute « paix » qui consacrerait la conquête russe sera un armistice sur la voie de la prochaine agression, en Ukraine ou ailleurs sur le flanc oriental.
New START : l'architecture de confinement nucléaire entre dans une zone d'ombre
Faits
Avec l'expiration du New START, le monde se retrouve pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle sans cadre juridique contraignant limitant les arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie, ni mécanismes solides de vérification réciproque. Moscou a laissé entendre qu'elle pourrait continuer à respecter de facto les limites si Washington faisait de même ; la Maison Blanche, pour sa part, a évoqué la nécessité d'un « nouveau et meilleur » traité incluant la Chine.
Implications
Sans plafonds ni inspections, le risque de malentendus, de soupçons et de plans basés sur le pire scénario possible augmente. Personne n'a d'intérêt économique réel dans une nouvelle course aux armements, mais l'absence de règles encourage la tentation de déployer davantage d'ogives dans les systèmes existants et de tester de nouveaux vecteurs. Le message adressé aux États non nucléaires est dévastateur : les puissances qui prônent la non-prolifération sont incapables de respecter leurs propres engagements en matière de confinement.
Perspectives et scénarios
Un accord informel qui maintiendrait les limites pendant la négociation d'un accord successeur serait, aujourd'hui, le moindre mal. D'un point de vue réaliste, il serait raisonnable de progresser vers un cadre qui intègre la Chine et, à terme, d'autres puissances nucléaires, sans permettre à Moscou d'utiliser le dossier nucléaire comme levier pour obtenir le pardon pour l'Ukraine. Renoncer à toute limite nous ramènerait en revanche à une logique d'« équilibre de la terreur » beaucoup plus complexe, avec plus d'acteurs, plus de technologie et moins de réflexes de confinement que pendant la guerre froide.
Arabie saoudite-EAU : un divorce annoncé qui se joue au Yémen
Faits
Riyad et Abu Dhabi affichent désormais ouvertement une rivalité profonde pour le contrôle du sud du Yémen et la gestion du voisinage de la mer Rouge et de la Corne de l'Afrique. L'Arabie saoudite accuse les Émirats d'armer et de soutenir les forces sécessionnistes qui menacent sa sécurité frontalière ; les Émirats arabes unis répliquent en retirant leurs unités antiterroristes et en défendant leur réseau d'alliés locaux. Le conflit se prolonge au Soudan, en Somalie et en Libye, où chacun soutient des acteurs différents.
Implications
Ce qui a été présenté pendant des années comme un « front uni » face à l'Iran et aux printemps arabes se révèle aujourd'hui pour ce qu'il était : une convergence tactique entre deux visions très différentes de l'ordre régional. L'Arabie saoudite, qui partage une frontière de 1 800 km avec le Yémen, ne peut accepter un mini-État armé et aligné sur Abu Dhabi sur son flanc sud ; les Émirats arabes unis ont fait de la politique des mandataires leur moyen de multiplier leur influence. Le grand perdant est le Yémen, devenu le théâtre d'une rivalité intra-Golfe en plus du conflit avec les Houthis pro-iraniens.
Perspectives et scénarios
À court terme, une rivalité froide est probable, sans affrontement direct, mais avec des guerres subsidiaires plus sanglantes au Yémen, au Soudan et au Sahel. Pour l'Occident, le message est clair : on ne peut continuer à externaliser la sécurité de la mer Rouge à des acteurs qui se font concurrence sans exiger une feuille de route sérieuse en matière d'intégrité territoriale, de lutte contre le djihadisme et de confinement de l'Iran. Le risque est que la fracture du Golfe affaiblisse encore davantage le front commun face à l'expansionnisme iranien et à la pénétration russo-chinoise.
Groenland : consulats occidentaux et réveil tardif dans l'Arctique
Faits
La France et le Canada inaugurent des consulats de carrière à Nuuk, dans un geste politique sans équivoque de soutien à la souveraineté danoise et au droit des Groenlandais à décider de leur avenir, face aux ambitions ouvertement annexionnistes exprimées à plusieurs reprises par Trump. Cette manœuvre s'ajoute à une présence croissante des acteurs occidentaux sur l'île, alors que les inquiétudes grandissent face à la concurrence de la Russie et de la Chine dans l'Arctique.
Implications
La décision française et canadienne a une valeur symbolique, mais elle intervient après des décennies de négligence européenne dans un territoire où Moscou et Pékin ont progressé en matière d'infrastructures, d'influence économique et d'opérations de désinformation. Si l'UE se contente de planter des drapeaux et d'ouvrir des consulats sans apporter de sécurité, d'investissements sérieux et d'alternatives de développement, elle perdra à nouveau face à ceux qui ne font pas la distinction entre diplomatie, affaires et déploiement militaire. Les Groenlandais ont le droit de se plaindre des abus du passé danois, mais ils ont aussi le droit de connaître la vérité : la Russie et la Chine ne viennent pas les « libérer », mais exploiter leur position et leurs ressources.
Perspectives et scénarios
Pour l'Europe, le Groenland est un test de maturité stratégique : soit elle intègre véritablement l'Arctique dans sa réflexion sur la sécurité, avec une présence matérielle et pas seulement rhétorique, soit elle continuera à dépendre des États-Unis, même lorsque Washington se montre prêt à franchir les lignes rouges avec ses alliés. Il est temps de soutenir sans ambiguïté la souveraineté danoise et, dans le même temps, d'écouter et d'accompagner les aspirations légitimes du Groenland à l'autonomie face à l'opportunisme de tiers.
Cuba : asphyxie énergétique sélective et aide conditionnelle
Faits
Washington a durci son emprise sur le régime castriste en combinant un embargo énergétique de plus en plus strict — y compris des pressions sur les pays tiers qui fournissent du pétrole — avec des programmes d'aide humanitaire destinés au peuple cubain. L'idée centrale est claire : couper l'oxygène économique à l'appareil mafieux-militaire qui gouverne l'île, tout en atténuant l'impact sur les populations les plus vulnérables. Pendant ce temps, le Mexique cherche des solutions pour continuer à envoyer du carburant sans s'exposer à des représailles commerciales de la part des États-Unis.
Implications
Utiliser le pétrole comme levier contre une dictature qui a vécu pendant des décennies de revenus idéologiques et de transferts de ses alliés est une stratégie légitime si elle vise à accélérer la chute du régime et non à perpétuer son victimisme. Le castrisme, héritier direct d'une caste militaire et partisane, a fait de Cuba un laboratoire de contrôle social et une plateforme d'exportation de la répression vers le Venezuela et le Nicaragua ; il ne mérite aucune considération. Que le gouvernement de Sheinbaum consacre plus d'énergie à maintenir en vie le castrisme et ses alliés de la vague bolivarienne qu'à récupérer les territoires mexicains capturés par les cartels est tout simplement une aberration politique et morale.
Perspectives et scénarios
Si la combinaison de l'embargo énergétique et de l'aide ciblée est gérée avec intelligence, en coordination avec les alliés et par des canaux transparents vers la société civile, elle peut accélérer la décomposition du régime sans provoquer un effondrement humanitaire incontrôlable. Le risque est que des pays tiers se prêtent à jouer le rôle de bouée de sauvetage du castrisme par affinité idéologique, affaiblissant ainsi la pression et prolongeant l'agonie d'un système épuisé. L'option cohérente avec un atlantisme ferme est claire : pas de répit politique ou économique au castrisme tant qu'il n'y a pas de véritable transition.
Activisme de la flottille et extrême gauche : l'obscène double standard moral
Faits
Une nouvelle flottille « solidaire » s'organise pour tenter de briser le cordon de sécurité autour de Gaza, avec le soutien enthousiaste de la galaxie de l'extrême gauche occidentale, des anciennes et nouvelles ONG militantes et des habituels « activistes » professionnels. Les mêmes milieux qui se mobilisent avec enthousiasme pour ce type d'actions médiatiques gardent un silence assourdissant face au massacre systématique d'Iraniens dans les rues de Téhéran, face aux exécutions massives, à la torture et à la répression du régime des ayatollahs.
Implications
Il est difficile d'exagérer l'obscénité morale de cette gauche radicale histrionique et exhibitionniste : elle transforme la cause palestinienne en une scène pour son narcissisme politique, mais ne dépense pas une banderole pour les femmes iraniennes assassinées, pour les dissidents pendus aux grues ou pour les étudiants torturés. Ce ne sont pas des « pacifistes » ; ce sont des militants sélectifs, obsédés par la diabolisation d'Israël et de l'Occident, tout en trouvant des excuses ou en se contentant de détourner le regard face à la barbarie djihadiste. Ce double standard n'insulte pas seulement les victimes du régime iranien ; il nuit également aux Palestiniens eux-mêmes, car il réduit leur tragédie à un simple argument dans la guerre culturelle contre les démocraties libérales.
Perspectives et scénarios
Il faut le dire clairement : ceux qui montent à bord de ces flottilles de pacotille, tout en restant silencieux face à la théocratie meurtrière de Téhéran et à la terreur du Hamas, ne sont pas du côté des droits de l'homme, mais du côté d'un discours idéologique qui sélectionne les victimes selon son convenance. Les démocraties sérieuses doivent reprendre le contrôle du discours : défendre sans complexe la sécurité d'Israël, la dignité des civils palestiniens et les droits des Iraniens, et dénoncer le chantage émotionnel et l'imposture d'une extrême gauche qui a perdu tout sens moral.
Russie : agression, cynisme et guerre hybride
Faits
Tout en négociant à Abu Dhabi, le Kremlin continue d'attaquer les infrastructures civiles ukrainiennes, de mener des campagnes de cyberattaques et de désinformation contre les pays européens, y compris l'Italie, et d'essayer d'exploiter chaque fissure sur le front occidental. La machine de propagande russe présente les pourparlers comme une reconnaissance de ses « nouvelles réalités territoriales » et fait porter à l'Ukraine la responsabilité de tout blocage.
Implications
La Russie n'est pas un « interlocuteur difficile » ; elle est aujourd'hui un agresseur systématique qui combine guerre conventionnelle, terreur énergétique, cyberattaques et manipulation de l'information pour déstabiliser les démocraties et éroder l'ordre libéral. Quiconque continue de parler d'« erreurs des deux côtés » ou de « comprendre les préoccupations sécuritaires » de Moscou, alors que des villes ukrainiennes sont bombardées et que des millions de personnes sont déplacées, participe objectivement à cette campagne de blanchiment. Poutine prétend démontrer qu'il est possible d'envahir, d'annexer, de déporter des enfants, puis d'exiger d'être traité comme le garant de la stabilité.
Perspectives et scénarios
La réponse occidentale doit rester beaucoup plus dure : sanctions sévères, soutien militaire soutenu à l'Ukraine, renforcement du flanc oriental et lutte sans complexe contre la propagande russe sur les réseaux sociaux, dans les médias et les forums internationaux. Tout signe de faiblesse sera interprété par le Kremlin comme une invitation à poursuivre ses avancées. La leçon de la Géorgie, de la Crimée et du Donbass est claire : lorsqu'on accorde à Moscou une sphère d'impunité, elle l'utilise jusqu'à ses limites.
Rack médiatique
La grande presse américaine et européenne se concentre sur quatre vecteurs : Oman (États-Unis-Iran), Abu Dhabi (Ukraine-Russie-États-Unis), le vide du New START et le conflit croissant entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au Yémen, avec l'Arctique et le Groenland qui émergent comme un chapitre important.
Les médias économiques soulignent la nervosité des marchés face à la combinaison du risque géopolitique (Iran, Russie) et de la fragilité de l'architecture de confinement nucléaire, tout en continuant à digérer les turbulences technologiques et les fluctuations du Bitcoin comme baromètre de la confiance et de la peur.
Les grands médias européens soulignent l'initiative française à Nuuk comme le symbole d'un réveil arctique, mais la réponse de l'UE semble encore plus rhétorique que musclée.
L'écosystème médiatique russe tente de présenter les négociations d'Abou Dhabi comme une sorte de Yalta inversé, où s'établit une sphère d'influence russe ; la réalité sur le terrain le contredit, mais le discours fait son chemin dans les milieux occidentaux enclins au relativisme.
La constellation médiatique de l'extrême gauche et du wokisme se concentre sur les flottilles vers Gaza et sur le énième récit présentant Israël comme le méchant absolu, avec un silence presque total sur la répression iranienne et les crimes russes en Ukraine.
Commentaire éditorial
Ce que les dernières vingt-quatre heures ont mis en évidence, c'est une bataille ouverte pour le bon sens en politique internationale. D'un côté, des régimes comme ceux de l'Iran, de la Russie ou de Cuba, qui vivent de la violence, du mensonge et de l'exportation de l'instabilité ; de l'autre, des démocraties européennes et américaines qui hésitent entre la fermeté nécessaire et la tentation de l'apaisement, tandis que des secteurs bruyants de l'extrême gauche tentent de transformer toute crise en prétexte pour régler leurs comptes avec leur ennemi favori : l'Occident.
Ce n'est pas un hasard si ceux qui montent à bord des flottilles contre Israël restent silencieux face aux exécutions massives en Iran, minimisent l'agression russe contre l'Ukraine ou relativisent les dictatures de Cuba et du Venezuela. Leur problème n'est pas l'injustice ; leur problème, c'est la démocratie libérale, l'économie de marché, l'OTAN et tout ce qu'elles représentent. C'est pourquoi ils sont indulgents envers les bourreaux lorsqu'ils ne portent pas de cravate occidentale, et impitoyables envers toute erreur — réelle ou imaginaire — de nos sociétés ouvertes.
Face à cette imposture, la ligne que nous défendons est claire : atlantisme sincère, européisme convaincu, défense sans complexe d'Israël et des victimes du djihadisme, rejet frontal du narcosocialisme chaviste et de ses alliés caribéens, fermeté absolue face à l'expansionnisme russe et à la théocratie iranienne, et tolérance zéro envers le wokisme et la culture de l'annulation qui tentent de démanteler moralement les démocraties de l'intérieur. Il ne s'agit pas d'idéaliser qui que ce soit – pas même Trump –, mais de reconnaître qu'une politique étrangère réaliste et ferme, combinant une diplomatie robuste et une capacité de dissuasion, a permis d'obtenir plus de progrès concrets en moins d'un an que des décennies de bien-pensance.
Si les démocraties libérales veulent le rester, elles doivent retrouver la fierté sereine de ce qu'elles sont : des systèmes imparfaits mais réformables, fondés sur la liberté, l'égalité devant la loi et la protection des droits fondamentaux. Cette reconquête passe par le fait d'appeler les choses par leur nom – terrorisme, agression, dictature –, de ne pas céder le discours à l'extrême gauche ou à l'extrême droite, et de comprendre que dans le polyèdre des risques du XXIe siècle, il n'y a pas de place pour la naïveté. Soit on défend activement l'ordre libéral, soit ce seront Moscou, Téhéran, Pékin et La Havane qui dicteront les règles du jeu. Et ce monde serait sans aucun doute beaucoup moins libre, moins prospère et beaucoup plus dangereux.