La collaboration entre l'Irak et l'Iran en matière de sécurité représente un risque pour les États-Unis et Israël

Un bâtiment endommagé après les frappes israéliennes à Téhéran, en Iran, le 14 juin 2025 - WANA/ MAJID ASGARIPOUR via REUTERS
Bagdad a déclaré qu'il n'autoriserait pas l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre la République islamique

L'Irak ne permettra pas que son espace aérien serve de plate-forme pour des attaques contre la République islamique d'Iran.

Ainsi, le conseiller à la Sécurité nationale irakien, Qasim al-Araji, s'est engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher de nouvelles violations de l'espace aérien irakien par Israël, espace aérien qui a précédemment servi de plate-forme pour des attaques contre l'Iran pendant la guerre de 12 jours. Cet engagement place Bagdad une fois de plus dans le camp de Téhéran et en confrontation indirecte avec les États-Unis et leurs alliés.

Les analystes affirment que cette déclaration reflète le délicat équilibre régional et international auquel l'Irak est confronté, dans sa tentative de préserver son alliance stratégique avec Washington tout en se rapprochant de Téhéran. Ils soulignent toutefois que l'Irak ne dispose pas des systèmes de défense aérienne avancés nécessaires pour contrer efficacement les incursions israéliennes, ce qui fait de la promesse d'Al-Araji un message essentiellement symbolique, un message politique qui souligne le refus de Bagdad de laisser son territoire être utilisé contre son allié iranien.

Bagdad a depuis longtemps manifesté son penchant pour l'axe iranien, une tendance renforcée par l'influence croissante des milices soutenues par l'Iran en Irak.

Ces groupes exercent un pouvoir important dans la politique intérieure et étrangère, ce qui signifie que cette promesse va au-delà d'une question de souveraineté : il s'agit également d'une déclaration politique qui renforce les liens de l'Irak avec l'axe régional de résistance et le place en collision potentielle avec le bloc occidental dirigé par Washington.

Bien que l'Irak entretienne des liens militaires et sécuritaires avec les États-Unis depuis 2003, les événements récents mettent en évidence la perte d'influence de Washington à Bagdad. La pression croissante des factions armées, ajoutée au rôle grandissant de l'Iran, a rendu de plus en plus difficile pour l'Irak de trouver un véritable équilibre entre ses deux partenaires rivaux.

Les commentaires d'Al-Araji s'inscrivent également dans le cadre du renforcement de la coopération en matière de sécurité entre Bagdad et Téhéran. En août dernier, les deux parties ont signé un protocole d'accord axé sur l'amélioration de la coordination frontalière et la prévention des menaces transfrontalières. Son engagement est largement considéré comme faisant partie de la mise en œuvre pratique du protocole, en particulier la clause interdisant l'utilisation du territoire ou de l'espace aérien irakien pour nuire à la sécurité iranienne.

Cet accord a suscité le mécontentement à Washington, où il est considéré comme un nouveau renforcement de l'influence iranienne sur les institutions de sécurité irakiennes et un coup porté à l'équilibre fragile des relations extérieures de Bagdad.

Pour Israël, la promesse irakienne représente un avertissement indirect : Bagdad insiste sur le fait qu'il ne permettra plus que son espace aérien serve de base à des attaques contre l'Iran. Cependant, dans la pratique, l'absence de défenses aériennes modernes en Irak signifie que le respect total de cet engagement reste hors de portée. La technologie aéronautique et balistique de pointe d'Israël rend l'interception par les systèmes actuels de l'Irak pratiquement impossible.

Ces événements surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Israël et l'Iran, les deux parties échangeant des attaques qui s'étendent souvent à l'espace aérien des États voisins. En conséquence, l'Irak se retrouve au cœur d'un conflit dans lequel il refuse de s'impliquer directement.

M. Araji a fait ces déclarations lors d'une réunion à Bagdad avec Majid Mirahmadi, chef des services de renseignement des forces armées iraniennes, et sa délégation, selon un communiqué du Bureau de conseil en matière de sécurité nationale irakien.

Le communiqué indique que les deux parties ont examiné les défis en matière de sécurité régionale, les questions d'intérêt mutuel et les mesures conjointes visant à préserver la stabilité sur la base du bon voisinage, dans le cadre de l'accord bilatéral de sécurité. Elles ont également abordé les mesures plus larges nécessaires pour garantir la stabilité régionale.

M. Araji a été cité comme ayant déclaré que « la position de l'Irak est claire et inébranlable : il refuse que son territoire serve de plate-forme de lancement pour des agressions contre les États voisins, y compris la République islamique d'Iran ».

Il a confirmé que l'Irak avait déposé une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'utilisation de son espace aérien par Israël afin d'attaquer l'Iran, et a réaffirmé que le gouvernement, sous le commandement du Premier ministre et commandant en chef Mohammed Shiaa al-Sudani, « prendra toutes les mesures nécessaires pour empêcher qu'une telle agression ne se reproduise ».