Les Émirats arabes unis retirent leurs troupes du Yémen et réaffirment leur amitié et leur coopération avec l'Arabie saoudite
Le ministère de la Défense émirati confirme le retrait des troupes et exprime son soutien à la coalition menée par l'Arabie saoudite contre les rebelles
- Relations fraternelles et historiques
- Lutter contre les extrémistes
- Attaque contre le port de Mukalla
L'escalade des tensions qui s'était produite ces derniers jours entre les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, en raison de leurs divergences de vues sur l'intervention au Yémen contre les extrémistes, s'est apaisée et a donné lieu à un communiqué du ministère des Affaires étrangères émirati annonçant la décision de retirer les troupes déployées et misant sur le dialogue et la stabilité de la coalition avec les Saoudiens.
Relations fraternelles et historiques
Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères émirati, dirigé par Abdullah bin Zayed Al Nahyan, il est annoncé que les Émirats arabes unis ont volontairement mis fin à la mission de leurs unités antiterroristes au Yémen, leur dernière présence militaire dans ce pays. Cette décision a été prise après « une évaluation approfondie » à la lumière des événements récents.
Le ministère des Affaires étrangères a souligné son engagement à long terme en faveur de la sécurité saoudienne, soulignant son « plein respect de la souveraineté et de la sécurité nationale du royaume » et l'importance des « relations fraternelles et historiques » entre les deux puissances du Golfe.
Le communiqué appelle également à la « modération et à la sagesse » dans la gestion de la situation afin d'éviter une escalade, de protéger les civils et de maintenir la coordination contre les groupes terroristes, parmi lesquels Al-Qaïda, les Houthis et les Frères musulmans.
Après l'annonce du ministère des Affaires étrangères, le conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, Mohammed Gargash, a réaffirmé la position des Émirats consistant à privilégier la sagesse plutôt que la réaction et à donner la priorité à la stabilité face au bruit de l'escalade.
Dans une publication sur son compte officiel X, M. Gargash a déclaré textuellement : « La position des Émirats arabes unis reflète une fois de plus leur engagement en faveur d'un jugement serein, d'un leadership responsable et d'une préférence claire pour la préservation de la stabilité régionale en cette période de tensions croissantes ».
Le conseiller a également souligné que les Émirats continuent de défendre la prise de décisions raisonnées plutôt que les réponses émotionnelles, et a insisté sur l'importance de préserver la sécurité et l'équilibre dans la région.
Lutter contre les extrémistes
Il convient de rappeler que les Émirats arabes unis ont historiquement joué un rôle fondamental au Yémen dans le cadre de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite pour lutter contre les groupes extrémistes, en soutenant le gouvernement yéménite.
Les Émirats ont clairement indiqué que leur présence au Yémen répondait à l'invitation du gouvernement légitime et s'inscrivait dans le cadre des efforts régionaux visant à rétablir la stabilité, dans le respect de la souveraineté yéménite : « Depuis le début des événements dans les provinces de Hadhramout et Mahra, notre position a consisté à contenir la situation, à soutenir les efforts de détente et à promouvoir des accords contribuant à préserver la sécurité et la stabilité et à protéger la population civile, en coordination avec l'Arabie saoudite ».
Attaque contre le port de Mukalla
Derrière l'escalade des tensions enregistrée ces dernières heures et à laquelle le ministère des Affaires étrangères émirati a mis fin par son communiqué, se cache le bombardement par des avions saoudiens du port de Mukalla, au Yémen, après avoir identifié des véhicules et des armes qui, selon les autorités, avaient été transportés depuis les Émirats arabes unis vers le Conseil de transition du Sud (CTS).
Bien que les Émirats et l'Arabie saoudite fassent partie de la coalition qui, depuis une décennie, combat les rebelles houthis, dont les activités ont plongé le Yémen dans une grave crise humanitaire et politique, leurs approches pour résoudre la crise peuvent différer et donner lieu à des tensions telles que celles provoquées par le bombardement de Mukalla.
Ainsi, alors que le gouvernement de Riyad soutient le gouvernement central du Yémen, qui aspire à la stabilité dans le sud du pays et contrôle les routes maritimes, les Émirats arabes unis ont soutenu le Conseil de transition du Sud (CTS), une organisation non reconnue internationalement et de nature sécessionniste qui cherche à obtenir plus d'autonomie et d'indépendance dans cette région.
Malgré ces approches différentes, des événements tels que le bombardement du port de Mukalla par l'aviation saoudienne et le retrait ultérieur des troupes émiraties de la région confirment que Riyad et Abu Dhabi partagent le même objectif : freiner les Houthis, Al-Qaïda et les Frères musulmans, et de mettre fin à la source d'instabilité que représente le Yémen dans le contexte du Moyen-Orient, et en particulier dans la région du Golfe.