L'approbation du plan marocain d'autonomie pour le Sahara donne une impulsion à une solution diplomatique historique

Ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains expatriés Nasser Bourita - Pavel Bednyakov via REUTERS
La décision du Conseil de sécurité des Nations unies fait suite à plus de deux décennies d'efforts diplomatiques de la part du Maroc
  1. Soutien du Conseil de sécurité de l'ONU au plan d'autonomie du Maroc
  2. Le rôle des puissances occidentales
  3. La diplomatie africaine du Maroc
  4. Implications géopolitiques et avenir de la région

Soutien du Conseil de sécurité de l'ONU au plan d'autonomie du Maroc

Avec 11 voix pour sur 15, l'Algérie ayant décidé de s'abstenir, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé le plan d'autonomie du Maroc sur le Sahara proposé en 2007 par le roi du Maroc, Mohamed VI, comme solution pour instaurer la stabilité et la paix entre les acteurs impliqués dans ce conflit qui dure depuis plus de 50 ans.

La détermination de l'initiative marocaine comme étant la plus « sérieuse, crédible et réaliste » est enfin un fait. Elle est le fruit de décennies de diplomatie où des acteurs tels que Nasser Bourita, actuel ministre des Affaires étrangères du Maroc, ont joué un rôle fondamental.

Les représentants des États-Unis, de l'Algérie et de la Chine à la session de l'ONU - PHOTO/ONU

Avec la reconnaissance et le soutien de plus de 130 pays, dont plus de 23 pays européens, le Plan d'autonomie du Maroc est devenu réalité le 31 octobre 2025. Le contexte et l'évolution de la diplomatie marocaine soulignent l'importance de cette résolution pour consolider la souveraineté nationale et progresser vers la paix et la stabilité totale dans la région.

Bien que le Plan d'autonomie ait été proposé en 2007, l'objectif a été fixé en 1999, lorsque Mohamed VI est monté sur le trône.

24 heures après l'annonce du Conseil, Nasser Bourita a déclaré sur la chaîne de télévision gouvernementale que « nous récoltons ici les fruits », en référence au fait que la décision des Nations unies récompensait les efforts diplomatiques du pays depuis plus de 20 ans.

Cette décision renforce la crédibilité internationale de Rabat. Elle est un symbole de confiance, car elle représente l'engagement du Maroc envers les objectifs politiques qu'il poursuit. Bourita a précisé que tout ce que le Royaume a accompli n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat d'un ensemble d'actions politiques, économiques, commerciales et sociales menées par la monarchie et par le ministère qu'il dirige.

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères du Maroc, lors de son discours à Rabat à l'occasion de la Journée de l'Afrique, le 27 mai 2025 - PHOTO/MAROC DIPLOMATIE

Le rôle des puissances occidentales

Les États-Unis ont joué un rôle fondamental en reconnaissant officiellement la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision qui a été soutenue et amplifiée par l'administration américaine actuelle. Cette position a été cruciale pour influencer le vote du Conseil de sécurité et a facilité le réaménagement des positions en Europe.

Des pays comme l'Espagne, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont revu leurs politiques, affichant un engagement plus fort en faveur d'une solution fondée sur l'autonomie, conscients de la complexité historique et géopolitique du conflit. L'unanimité ou la majorité au sein de l'Union européenne souligne la validité et le réalisme de l'initiative marocaine pour parvenir à la paix.

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, avec Dubravka Suica, commissaire européen à la Méditerranée, dans le cadre de la 5e réunion ministérielle de l'Union européenne à Bruxelles, le 14 juillet - PHOTO/X/MAROC DIPLOMATIE

La diplomatie africaine du Maroc

Le retour du Maroc au sein de l'Union africaine a marqué un tournant dans les relations régionales. La campagne diplomatique menée par le roi Mohamed VI pour convaincre les pays africains qui soutenaient l'indépendantisme sahraoui a modifié la carte politique continentale en faveur du Maroc.

Des visites dans des pays clés et des négociations stratégiques ont permis au Maroc de renforcer ses liens avec l'Afrique, consolidant ainsi un soutien diplomatique et politique qui contribue à la stabilité et à la reconnaissance internationale de sa proposition d'autonomie.

Pendant des décennies, l'opinion internationale sur le conflit a évolué dans plusieurs directions, mais ce n'est qu'en 2021, avec l'accord des États-Unis, puis quelques années plus tard de l'Espagne et de la France, que le discours sur le plan d'autonomie s'est concrétisé.

Le roi du Maroc Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron se serrent la main à Rabat, au Maroc, le 28 octobre 2024 - PHOTO/Agence de presse marocaine Distribuée via REUTERS

C'est pourquoi, outre un succès diplomatique, la décision du Conseil de sécurité des Nations unies est considérée comme un « tournant stratégique dans le conflit du Sahara », comme l'a souligné Khaled Cherkaoui, directeur du Centre d'études politiques et stratégiques de Rabat, dans le média numérique Al-Arab.

Le retour du Maroc au sein de l'Union africaine en 2017 a marqué un tournant. Dans le cadre des activités menées par le Maroc, non seulement la signature d'accords et le soutien ont fait partie du plan, mais la figure du roi a été le véritable catalyseur et le principal moteur de cette réussite.

Les réunions avec les dirigeants de pays qui reconnaissaient la République arabe sahraouie démocratique (RASD), telle que la Zambie, le Nigeria ou le Ghana, ont donné un élan international considérable.

Après cette reconnaissance, le Maroc a commencé à élaborer de nouveaux accords commerciaux avec ces pays, le projet de gazoduc Nigeria-Maroc en étant le fer de lance.

Geoffrey Onyeama, ministre des Affaires étrangères du Nigeria, avec Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères du Maroc - PHOTO/X/MAROC DIPLOMATIE

Implications géopolitiques et avenir de la région

L'approbation du Conseil de sécurité représente une avancée décisive qui peut ouvrir de nouvelles opportunités pour la coopération et l'intégration régionale en Afrique du Nord. En outre, elle met fin à une période d'ambiguïté qui entravait la construction d'une paix durable.

L'approche fondée sur la souveraineté et l'autonomie pourrait être un modèle reproductible pour résoudre d'autres conflits territoriaux dans la région, tout en offrant un cadre de collaboration dans des domaines tels que la sécurité, le développement économique et la stabilité politique.

Enfin, la reconnaissance internationale obtenue par le Maroc renforce sa position stratégique dans la géopolitique nord-africaine et consolide les bases d'une relation plus intégrative entre les pays du Maghreb, donnant ainsi un nouvel élan au rêve tant attendu d'unité et de progrès dans la région.