Le Liban progresse dans le contrôle étatique des armes avec la remise d'un nouveau camp palestinien

Des membres de l'armée libanaise marchent tandis que des partisans du Hezbollah participent à une manifestation organisée par eux contre ce qu'ils qualifient de violation de la souveraineté nationale, près de l'aéroport international de Beyrouth, au Liban, le 15 février 2025 - REUTERS/EMILIE MADI
La dernière remise comprenait une plate-forme de lancement équipée de roquettes sol-sol, de mitrailleuses lourdes et moyennes, ainsi que des munitions
  1. Déclaration commune et transfert à Ain al-Hilweh
  2. Remises précédentes et plan visant à restreindre les armes à l'État
  3. Camps palestiniens au Liban et chiffres sur les réfugiés

L'armée libanaise a pris possession d'un cinquième lot d'armes lourdes provenant du camp de réfugiés palestiniens d'Ain al-Hilweh, près de la ville méridionale de Sidon, ce qui constitue une nouvelle avancée dans l'effort soutenu par l'État pour placer toutes les armes sous l'autorité nationale.

La dernière livraison a été effectuée par les Forces de sécurité nationale palestiniennes et comprenait une plateforme de lancement de roquettes équipée de roquettes sol-sol, de mitrailleuses lourdes et moyennes, ainsi que des munitions. Les armes ont été transportées dans quatre camions, selon les responsables qui ont supervisé le processus.

Déclaration commune et transfert à Ain al-Hilweh

Abdel Hadi al-Asadi, porte-parole des Forces de sécurité nationale palestiniennes au Liban, a déclaré que le transfert avait été effectué conformément à une déclaration commune publiée en mai par le président palestinien Mahmoud Abbas et le président libanais Joseph Aoun. Il a affirmé que cette mesure reflétait également le travail d'un comité conjoint libano-palestinien chargé d'améliorer la sécurité et les conditions de vie dans les camps.

M. Asadi a décrit cette remise comme une démonstration de l'engagement mutuel en faveur de la stabilité et de la sécurité, et de la préservation des relations entre la communauté des réfugiés palestiniens et l'État libanais.

Le président palestinien Mahmoud Abbas rencontre le président libanais Joseph Aoun lors du sommet arabe d'urgence organisé par l'Égypte cette semaine, au Caire, en Égypte, le 4 mars 2025 - PHOTO/ Bureau du président palestinien

Remises précédentes et plan visant à restreindre les armes à l'État

Ce dernier transfert fait suite à des livraisons précédentes effectuées à Ain al-Hilweh et au camp de Beddawi en septembre, ainsi qu'à la livraison d'armes provenant de plusieurs autres camps palestiniens en août. Les autorités libanaises affirment que ce processus vise à régler la question, qui existe depuis longtemps, des armes échappant au contrôle de l'État, en particulier dans les camps de réfugiés, qui ont toujours fonctionné selon des accords de sécurité informels.

En août, le gouvernement libanais a officiellement décidé de restreindre toutes les armes aux institutions étatiques et a ordonné à l'armée d'élaborer un plan global pour mettre en œuvre cette politique avant la fin de 2025. Cette décision concerne les armes détenues par tous les acteurs non étatiques, mais elle s'est heurtée à la résistance du Hezbollah, qui a refusé de désarmer tant qu'Israël ne se sera pas retiré de cinq postes-frontières contestés dans le sud du Liban.

Les responsables participant au transfert affirment que le transfert progressif des armes reflète une progression prudente mais tangible vers le rétablissement de l'autorité de l'État, même si les défis politiques et sécuritaires plus larges continuent de compliquer les efforts du Liban pour stabiliser le pays.

Imagen de tanques de Israel en la frontera con el Líbano - PHOTO/MENAHEM KAHANA

Camps palestiniens au Liban et chiffres sur les réfugiés

Les camps de réfugiés palestiniens au Liban ont longtemps échappé à l'autorité directe des forces de sécurité libanaises, une situation qui trouve son origine dans l'accord du Caire de 1969. Bien que l'armée n'entre pas dans les camps, elle maintient un cordon de sécurité strict autour d'eux.

Le Liban accueille près d'un demi-million de réfugiés palestiniens, dont la plupart vivent dans des conditions économiques et sociales difficiles. Plus de la moitié d'entre eux résident dans 12 camps officiellement reconnus par l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l'UNRWA.