Mahmoud Abbas accuse Israël de génocide à l'ONU et déclare que le Hamas ne gouvernera pas la bande de Gaza
- Discours de Mahmoud Abbas devant l'ONU
- Le silence de la communauté internationale
- « Le Hamas ne gouvernera pas à Gaza »
- Rejet du Grand Israël
- Appel à la reconnaissance de l'État palestinien
- Un message d'espoir
Discours de Mahmoud Abbas devant l'ONU
Lors de son discours par vidéoconférence, en raison de l'interdiction qui lui est faite d'entrer aux États-Unis, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a accusé Israël de perpétrer un génocide et des crimes de guerre à Gaza, a rejeté les actes du Hamas et a affirmé que son groupe n'aura aucun rôle dans le futur gouvernement palestinien dans la bande de Gaza. En outre, il a lancé un appel urgent à un cessez-le-feu et à la reconnaissance effective de l'État palestinien.
Le silence de la communauté internationale
« Israël bombarde sans discernement la population civile, la forçant à abandonner ses maisons, parfois sans préavis », a déclaré Abbas devant l'Assemblée générale des Nations unies. Il a affirmé que les actions d'Israël contre le peuple palestinien « resteront gravées dans les mémoires comme l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire moderne ».
Abbas a commencé son intervention en évoquant ce qui se passe dans l'enclave palestinienne. Dès le début, Abbas a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un conflit militaire, mais d'une « guerre d'extermination » qui a été passée sous silence par la communauté internationale pendant plus d'un an et demi. « Israël a agi en toute impunité et dans le silence international, alors même que les atrocités étaient documentées en temps réel », a-t-il déclaré.
Ce discours intervient dans un contexte où l'on dénombre plus de 30 000 morts, selon les chiffres fournis par l'Autorité palestinienne, et plus de 65 000 selon les chiffres du ministère de la Santé contrôlé par le groupe terroriste Hamas ; et dans une situation de crise humanitaire insoutenable qu'Abbas a qualifiée d'« intenable ».
« Le Hamas ne gouvernera pas à Gaza »
Plusieurs conditions et éléments clés doivent être remplis pour que le conflit prenne fin. L'une des conditions les plus souvent répétées et une constante dans les négociations est la confirmation par l'Autorité palestinienne que le Hamas sera écarté du pouvoir dans la bande de Gaza.
Dans ce contexte, le président Abbas a déclaré : « Nous rejetons totalement ce que le Hamas a fait le 7 octobre en prenant sans pitié la vie de plus de 1 200 personnes et en enlevant plus de 250. Ces actes ne représentent pas le peuple palestinien ni sa lutte légitime. C'est pourquoi le Hamas ne sera plus jamais au pouvoir ni au gouvernement de l'État palestinien ».
Ces déclarations font référence aux attaques israéliennes contre des civils palestiniens qui n'ont rien à voir avec l'organisation terroriste Hamas ; elles répondent à l'une des conditions clés tant d'Israël que des États-Unis pour faire avancer tout plan de reconstruction et de gouvernance à Gaza après le conflit.
Enfin, il a déclaré que la sécurité et la gouvernance de la bande de Gaza relèveront uniquement et exclusivement de l'Autorité palestinienne.
Rejet du Grand Israël
Abbas a également dénoncé l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie et qualifié le projet de Netanyahu de construire un « Grand Israël » de menace directe pour la solution à deux États.
Il a averti que l'expansion dans la zone connue sous le nom de E1 diviserait effectivement la Cisjordanie en deux, isolant Jérusalem-Est et rendant impossible la création d'un État palestinien souverain.
« Ces actions violent de manière flagrante le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il déclaré. Selon lui, les politiques israéliennes visent à éliminer toute possibilité de solution négociée au conflit et à consolider une occupation permanente.
Appel à la reconnaissance de l'État de Palestine
Au cours de son discours, Abbas a remercié les pays qui ont reconnu l'État de Palestine, mais a regretté que cette reconnaissance symbolique ne se soit pas traduite par des actions concrètes. « Les mots ne suffisent pas. Nous avons besoin de mesures pratiques pour mettre fin à cette agression et obtenir notre indépendance », a-t-il déclaré. Il a également appelé à un cessez-le-feu immédiat, à l'ouverture de couloirs humanitaires, à la libération des otages et des prisonniers, et au retrait des forces israéliennes de Gaza.
S'adressant aux mouvements de solidarité à travers le monde, Abbas a demandé de maintenir la pression sur les gouvernements qui soutiennent Israël et de ne pas confondre la défense des droits des Palestiniens avec l'antisémitisme. « Je remercie tous les peuples et toutes les organisations qui élèvent leur voix pour défendre notre liberté », a-t-il déclaré.
Un message d'espoir
Le dirigeant palestinien a conclu son discours par un message d'espoir et de résistance : « Nous n'abandonnerons pas notre terre. Nous ne renoncerons pas à notre identité. La souffrance ne brisera pas notre volonté. L'aube de la liberté approche ».
Le discours d'Abbas a eu lieu la veille de l'intervention très attendue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui défendra les actions de son gouvernement à Gaza devant le même forum. Le contraste entre les deux discours reflète la profonde division au sein de la communauté internationale sur le conflit, en particulier dans un contexte où des puissances telles que la France ont commencé à reconnaître officiellement l'État palestinien, tandis que les États-Unis continuent d'apporter un soutien ferme à Israël.
Contrairement au Conseil de sécurité, l'Assemblée générale ne peut imposer de résolutions contraignantes, mais elle sert de plateforme de légitimation et de visibilité internationale. Abbas a profité de cet espace pour positionner l'Autorité palestinienne comme un acteur légitime dans un éventuel accord futur, se démarquer du Hamas et tenir Israël responsable de la tragédie que vit Gaza.