Nouvelle guerre saoudienne au Yémen
- Du terrain à la politique
- Différence de scénarios... et constance de l'approche
- L'impunité comme facteur stimulant
- Un nouveau test pour la communauté internationale
La province de Hadramaut, dans l'est du Yémen, a été le théâtre d'attaques aériennes menées par l'armée de l'air saoudienne, qui ont coïncidé avec une offensive terrestre menée par des forces fidèles aux Frères musulmans. Cela a fait des victimes civiles et soulevé des questions sur les motifs de la campagne militaire contre des forces qui avaient été alliées dans la lutte contre les Houthis et le terrorisme.
Les forces aériennes saoudiennes ont lancé plusieurs bombardements contre les positions des forces du Conseil de transition du Sud, après que des revendications populaires aient été enregistrées pour la restauration de l'État du sud du Yémen.
Selon les informations fournies par des organisations de défense des droits humains et les médias, les bombardements aériens ont fait des victimes civiles, dont sept membres d'une même famille, la famille Al-Amudi, qui ont trouvé la mort après une attaque directe contre leur maison dans une zone de la vallée de Hadramaut, un événement qui a déclenché une vague de condamnations et d'exigences pour l'ouverture d'une enquête internationale indépendante.
De même, des institutions de défense des droits humains ont mis en garde contre des informations documentées faisant état d'une attaque contre l'aéroport civil de Seiyun, ainsi que des rapports faisant état de bombardements d'ambulances alors qu'elles effectuaient des missions humanitaires. Ces événements ont accru les inquiétudes quant à l'intensification des violations contre la population civile et les biens civils.
Du terrain à la politique
Cette escalade a coïncidé avec un climat de controverse politique et de droits humains. Les observateurs estiment que ce qui se passe à Hadramaut ne peut être dissocié d'une approche politico-sécuritaire plus large que Riyad poursuit en dehors de ses frontières, fondée sur l'imposition de sa volonté par la force militaire, en l'absence d'une véritable responsabilité internationale.
Ils soulignent que cette approche reflète une même mentalité sécuritaire, qui traite la réalité sur le terrain qui ne lui est pas favorable comme une menace à éliminer, que ce soit par des opérations militaires ou d'autres outils de sécurité. Cela rappelle certains des cas les plus controversés de ces dernières années.
Les experts connaissant bien la réalité politique, économique, sociale et culturelle actuelle de l'Arabie saoudite soulignent que l'action menée au Yémen ne correspond pas à cette nouvelle réalité, fruit d'une évolution profonde et substantielle des dirigeants et de la société saoudienne à la suite de la Saudi Vision 2030, lancée avec succès par l'homme fort Mohamed ben Salmane, prince héritier destiné à succéder au trône du royaume, même s'il subsiste encore une certaine résistance de la part de personnalités qui pourraient tenter une conspiration en obtenant des ordres aussi graves que les attaques contre le port de Mukalla au Yémen, dans le cadre d'une nouvelle stratégie. En outre, elles pourraient être intéressées par le fait de provoquer un affrontement entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, anciens alliés dans la région.
Différence de scénarios... et constance de l'approche
En conséquence, certains analystes établissent un lien entre ce qui se passe aujourd'hui à Hadramaout et les événements du passé, considérant que la différence géographique ne change pas l'essence de l'approche, qui voit dans la liberté d'expression ou la revendication des droits un danger qui doit être contenu ou écrasé.
À Hadramaout, disent-ils, cette mentalité se traduit par des bombardements aériens et des attaques contre des zones civiles, ainsi que par une coordination sur le terrain avec des forces idéologiques controversées, tandis que la même approche s'est déjà concrétisée par des actions ayant eu un impact international.
L'impunité comme facteur stimulant
Les experts en droit international affirment que l'absence de responsabilité dans certains cas passés a envoyé un message implicite selon lequel les violations graves peuvent être contenues politiquement, ce qui a encouragé l'élargissement de la marge d'utilisation de la force dans d'autres contextes, notamment au Yémen.
Ils citent comme preuve l'audace d'attaquer des installations civiles à Hadramaut et les alliances sur le terrain qui ont accompagné les bombardements aériens, à un moment où certaines de ces forces font l'objet d'une surveillance internationale étroite en raison de leurs liens avec des idéologies extrémistes.
Un nouveau test pour la communauté internationale
Alors que le ministère yéménite des Affaires juridiques et des Droits de l'homme a annoncé le début de la collecte d'informations et de la vérification des rapports sur les victimes civiles, les organisations de défense des droits humains considèrent que ce qui se passe à Hadramaut représente un nouveau test pour la crédibilité de la communauté internationale face à la culture de l'impunité.
Les observateurs avertissent que se limiter à des déclarations de préoccupation, sans mesures réelles de responsabilisation, ne fera que conduire à la répétition d'anciens scénarios, ce qui place la protection de la population civile et des droits humains face à un nouveau défi.