La Pologne invoque l'article 4 de l'OTAN après avoir abattu des drones russes
La Pologne a invoqué l'article 4 de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) après avoir dénoncé un « acte d'agression » de la Russie tôt ce matin, suite à l'envoi de drones russes qui ont été abattus par des chasseurs polonais dans son espace aérien dans le cadre d'une nouvelle attaque russe contre l'Ukraine.
Après avoir détecté une dizaine de drones russes provenant d'Ukraine et de Biélorussie, la Pologne a activé des chasseurs F-16 et F-35 qui les ont interceptés avec des missiles AIM-9X.
La Pologne a qualifié cette incursion de « violation sans précédent » de son espace aérien, qui est rattaché à l'OTAN.
À la suite de cet incident, la Pologne a invoqué l'article 4 de l'OTAN, qui stipule que les pays membres se consulteront mutuellement lorsque, de l'avis de l'un d'entre eux, leur intégrité territoriale, leur indépendance politique ou leur sécurité sont menacées. Cet article permet aux pays membres de demander des consultations formelles avec l'Alliance atlantique afin d'analyser une situation de menace et de convenir de la marche à suivre, mais il n'implique pas automatiquement une réponse militaire.
L'article 4 diffère de l'article 5, qui prévoit le principe de défense collective et stipule qu'une attaque armée contre un pays membre est une attaque contre tous, déclenchant ainsi une réponse militaire automatique.
« Les forces polonaises et alliées ont surveillé des dizaines d'objets par radar et, considérant ceux qui pourraient représenter une menace, le commandant opérationnel des forces armées polonaises a décidé de les neutraliser », a officiellement indiqué l'OTAN.
Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, a évité d'affirmer que l'attaque russe était intentionnelle, comme l'a indiqué l'Union européenne (UE), mais il l'a qualifiée de « téméraire » et a déclaré que l'Alliance atlantique défendrait « chaque centimètre ». Il a également indiqué qu'il fallait investir davantage dans la défense et continuer à soutenir l'Ukraine face à l'invasion russe, qui dure depuis près de trois ans et demi.
La haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la sécurité, Kaja Kallas, a quant à elle affirmé qu'il existait « des indices suggérant » que l'attaque russe à l'aide de drones qui a touché la Pologne cette nuit était « intentionnelle ».
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré au Parlement polonais que l'attaque par des drones russes était ce qui se rapprochait le plus d'un conflit ouvert depuis la Seconde Guerre mondiale : « Mais nous n'avons aucune raison de croire que nous sommes au bord de la guerre », a-t-il souligné.
De son côté, la Russie a affirmé que les drones abattus appartenaient à l'Ukraine. Andreï Ordash, chargé d'affaires russe, a assuré que les drones abattus appartenaient à l'Ukraine et non à la Russie, ce qui pourrait être une action de désinformation de la part de la Russie.
La situation continue donc de s'envenimer en ce qui concerne la guerre en Ukraine et les mouvements qui ont lieu dans les territoires frontaliers et qui peuvent affecter d'autres nations étrangères, comme dans le cas présent la Pologne. Un scénario qui pourrait entraîner une escalade du conflit à un niveau plus global.