La présidence irakienne met en garde contre les fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux en pleine période de transition

Le président irakien Abdul Latif Jamal Rashid vote dans un bureau de vote situé dans l'hôtel Al-Rasheed lors des élections législatives à Bagdad, en Irak, le 11 novembre 2025 - REUTERS/ THAIER AL-SUDANI

La présidence irakienne a réagi à une série de publications largement diffusées sur les réseaux sociaux à un moment où la situation politique du pays est très sensible

  1. Désinformation sur la prétendue pension et avertissement institutionnel
  2. Période politique délicate et ouverture des nominations présidentielles
  3. Délais constitutionnels et formation du nouveau cabinet
  4. Débat kurde sur le mécanisme de sélection et la sensibilité du moment

La présidence irakienne a catégoriquement rejeté les informations circulant sur les réseaux sociaux concernant une prétendue pension exceptionnellement élevée attribuée au président Abdul Latif Jamal Rashid.

L'institution a qualifié ces affirmations de tentatives délibérées de tromper les citoyens, dans un contexte qu'elle a qualifié de politiquement délicat. Selon l'institution, ces messages visent à influencer l'opinion publique alors que les discussions liées à la formation du prochain gouvernement progressent.

Dans un communiqué officiel publié jeudi, la présidence a catégoriquement nié l'existence d'un tel accord de retraite, qualifiant les publications diffusées de « totalement inventées ». Le communiqué a souligné que ni le président ni aucun organisme officiel sous son autorité n'avait émis ces affirmations, qui suggéraient faussement que le président avait exprimé sa gratitude au ministère des Finances pour lui avoir accordé une pension mensuelle de 90 millions de dinars irakiens.

Sede del Banco Central de Irak en Bagdad, Irak - REUTERS/ AHMED SAAD

Désinformation sur la prétendue pension et avertissement institutionnel

« Ces affirmations sont totalement infondées et font partie d'une campagne orchestrée pour saper le président et les institutions de l'État », indiquait le communiqué. « Elles visent à influencer l'opinion publique en diffusant des mensonges avec de mauvaises intentions ».

La présidence a également mis en garde le public et les médias contre la diffusion d'informations non vérifiées, les exhortant à se fier aux sources officielles. Elle a averti que des actions judiciaires pourraient être engagées contre les responsables de l'invention et de la diffusion de ces fausses informations.

Période politique délicate et ouverture des nominations présidentielles

Ce différend survient à un moment délicat sur le plan politique en Irak, alors que les consultations sur la formation du prochain gouvernement s'intensifient et que les débats sur le mécanisme d'élection présidentielle se poursuivent. Le moment choisi pour la publication de ces informations trompeuses, soulignent les observateurs, leur confère une dimension clairement politique qui va au-delà du simple sensationnalisme médiatique.

Le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani, vote dans un bureau de vote de la Zone verte lors des élections législatives, à Bagdad, en Irak, le 11 novembre 2025 - REUTERS/ AHMED SAAD

Mercredi, le parlement irakien a ouvert le processus de nomination à la présidence, une étape qui vise à faire avancer l'un des principaux jalons constitutionnels du pays. Les législateurs n'ont accordé que trois jours pour les présentations, ce qui indique un respect formel des procédures constitutionnelles, tout en reconnaissant que parvenir à un consensus politique pourrait prendre beaucoup plus de temps.

Les analystes politiques avertissent que l'ouverture des nominations n'implique pas nécessairement une nomination imminente. Il s'agit plutôt d'une étape procédurale préalable à des négociations complexes entre les différentes factions politiques irakiennes. Bien qu'elle soit en grande partie cérémonielle, la présidence reste un pilier essentiel du système de partage du pouvoir en Irak, en particulier en vertu de la convention selon laquelle ce poste est réservé à un dirigeant kurde depuis 2005.

Délais constitutionnels et formation du nouveau cabinet

Constitutionnellement, le président doit être élu dans les trente jours suivant la première session parlementaire après l'élection des dirigeants du Conseil. Cependant, l'histoire politique irakienne montre que ces délais sont souvent retardés en raison de désaccords tant au sein des blocs kurdes qu'entre les factions chiites et sunnites plus larges, ce qui lie la sélection présidentielle à des négociations plus larges sur la formation du prochain gouvernement.

Ce processus revêt une importance supplémentaire car il ouvre la voie à la formation d'un nouveau gouvernement par le bloc parlementaire le plus important, un processus notoirement long et complexe dans le système consociational irakien, déterminé par des quotas politiques et des intérêts nationaux et régionaux qui se chevauchent.

El primer ministro iraquí, Mohammed Shiaa al-Sudani, y su homólogo kurdo, Masrour Barzani, se dan la mano tras firmar un acuerdo para reanudar las exportaciones de petróleo del norte en Bagdad, el 4 de abril de 2023 - PHOTO/REUTERS

 

Débat kurde sur le mécanisme de sélection et la sensibilité du moment

Au début de la semaine, le leader kurde Masoud Barzani a exigé une révision du mécanisme de sélection présidentielle, plaidant pour une rupture avec les monopoles traditionnels entre le Parti démocratique du Kurdistan et l'Union patriotique du Kurdistan. Il a suggéré de choisir un candidat bénéficiant d'un large soutien parmi les factions kurdes afin de favoriser la stabilité politique et d'éviter une nouvelle impasse à Bagdad.

Alors que l'Irak traverse ces semaines politiquement chargées, la critique énergique de la présidence à l'égard de la désinformation souligne l'importance des enjeux liés aux messages politiques et à la sensibilité qui entoure les transitions de leadership clés.