Quatrième jour de révolte nationale : grèves, affrontements et répression dans plusieurs villes
Une vidéo qui est devenue virale sur les réseaux sociaux montre des jeunes insurgés attaquant à mains nues la préfecture de la ville de Fasa, dans la province de Fars. Une autre séquence vidéo montre les forces de l'ordre tirant directement sur les manifestants. Des hélicoptères militaires ont survolé la ville dans le but d'intimider la population, craignant un soulèvement croissant. Un jeune homme de 18 ans, nommé Mehdi Samavati , aurait trouvé la mort lors de ces affrontements, bien que cette information n'ait pas encore été confirmée par les autorités du régime.
· Vous trouverez ci-dessous une série de vidéos récemment reçues de toute l'Iran, qui offrent une vision claire et complète de ce qui s'y passe actuellement : https://youtu.be/4RjtFD2n4as
Selon l'opposition iranienne, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) , plus de 42 000 agents du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) , des miliciens Bassidj et de la police nationale ont été mobilisés dans le Grand Téhéran. Le régime aurait donné l'ordre suivant à ces forces : « Nous déclarons les quatre prochains jours fériés* : mercredi est férié, jeudi sera ajouté à vendredi et samedi est déjà férié à l'occasion de la naissance du premier imam chiite. Vous avez donc quatre jours pour mettre fin aux manifestations ».
Parallèlement à la poursuite des manifestations, le dictateur iranien Ali Khamenei a nommé Ahmad Vahidi adjoint au commandant en chef du CGRI. Vahidi, premier commandant de la Force Qods (branche extérieure du CGRI), ancien ministre de la Défense sous Ahmadinejad et ministre de l'Intérieur sous Raïssi, est l'un des responsables de l'attentat contre l'AMIA en Argentine. Un mandat d'arrêt international* est en cours contre lui.
Avec l'intensification des manifestations étudiantes dans plusieurs universités de Téhéran, la République islamique a limogé les responsables de la sécurité universitaire (Herasat) dans trois universités : l'Université des sciences et de l'industrie, l'Université Al-Zahra et l'Université Sharif. Selon le site officiel Rokna , le ministère de l'Enseignement supérieur a procédé à ces changements afin de « renforcer la gouvernance en matière de sécurité » et la surveillance des campus.
Exécutions massives : record historique en 2025
Le CNRI a annoncé qu'en 2025, plus de 2 200 exécutions ont été effectuées dans 97 villes du pays, ce qui constitue un record sans précédent en 37 ans* d'existence de la République islamique. Ces exécutions représentent :
- plus du double de celles de 2024,
- 2,5 fois plus que celles de 2023,
- près de 4 fois plus que celles de 2022.
Au second semestre 2025, les exécutions ont doublé par rapport au premier semestre 2024.
Répression, propagande et détournement du mouvement populaire
Le procureur général Movahedi a déclaré : « Ce que nous ne pouvons ignorer, c'est l'instrumentalisation structurée des revendications légitimes du peuple. Cette instrumentalisation se fait par le biais de réseaux médiatiques dirigés et de l'utilisation manipulatrice de certaines personnes trompées ou qui troublent l'ordre public. > Toute tentative visant à transformer les manifestations économiques en troubles à l'ordre public ou en exécution de plans étrangers sera confrontée à une réponse ferme, légale et proportionnée. »
Le président de la commission budgétaire du Parlement, Taghavi-Tajgardoun, a reconnu un cas flagrant de corruption : > « En huit mois, 8 milliards de dollars* de recettes pétrolières n'ont pas été perçus. > Nous avons vendu 21 milliards de pétrole, mais seuls 13 milliards* ont été encaissés, dont 1,2 milliard* correspondent à l'exercice précédent. »
Selon le siège de l'OMPI à l'intérieur du pays, le régime iranien tente de détourner le mouvement populaire en ajoutant des slogans audio en faveur de Reza Pahlavi* (fils du dictateur renversé) à certaines vidéos des manifestations, notamment à Fasa. Cette manipulation vise à affaiblir la portée réelle* du soulèvement et à diviser l'opinion publique.