Une enquête indépendante révèle les activités cybernétiques du régime iranien sur les réseaux sociaux qui promeuvent le fils du shah d'Iran déchu

Reza Pahlavi, dernier héritier présomptif du trône défunt de l'État impérial d'Iran et actuel chef de la maison Pahlavi en exil - REUTERS/JOSHUA ROBERTS
La principale conclusion de l'enquête est sans équivoque : les acteurs du cyberespace et les services de renseignement du régime iranien ont infiltré et exploité activement les réseaux sociaux qui amplifient artificiellement la présence en ligne de Pahlavi

L'enquête indépendante récemment publiée, intitulée « Comportement inauthentique coordonné : amplification trompeuse », expose une opération sophistiquée d'influence numérique liée à l'écosystème en ligne qui promeut Reza Pahlavi, le fils du shah d'Iran déchu, une figure qui n'a ni mandat démocratique ni soutien populaire en Iran.

La principale conclusion de cette enquête est sans équivoque : les acteurs du cyberespace et les services de renseignement du régime iranien ont infiltré et exploité activement des réseaux qui amplifient artificiellement la présence en ligne de Pahlavi. Ce qui est présenté publiquement comme un soutien populaire est, dans une large mesure, une invention créée à l'aide de comptes automatisés, de discours préétablis, de publications synchronisées et d'images recyclées, conçus pour gonfler sa légitimité et sa visibilité.

L'enquête révèle un point crucial : comment les unités cybernétiques liées au régime et opérant depuis l'Iran — en particulier les ressources liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et aux services de renseignement — ont agi au sein de ces mêmes réseaux monarchiques. Grâce à des cartes SIM « blanches » et à un accès Internet sans filtrage autorisé par l'État, ces acteurs ont pu publier directement depuis l'Iran, infiltrer des comptes farouchement pro-Pahlavi et orienter le discours en ligne de l'intérieur.

Reza Pahlavi, fils exilé du dernier shah d'Iran et porte-parole de l'opposition fragmentée, s'exprime lors d'une conférence de presse à Washington D.C., aux États-Unis, le 16 janvier 2026 - REUTERS/ JONATHAN ERNST

Il ne s'agit pas d'une simple coïncidence fortuite. L'enquête décrit une dynamique délibérée de type « cheval de Troie » : un réseau monarchiste préexistant, artificiellement gonflé, a fourni une couverture idéale aux cyberopérateurs du régime. Une fois infiltrés, ces acteurs ont amplifié les slogans diviseurs, encouragé les comportements toxiques, puis instrumentalisé les contenus ainsi créés pour affirmer que l'opposition iranienne est fragmentée, extrémiste ou manipulée depuis l'étranger.

Cette opération offre des avantages stratégiques indéniables à Téhéran : elle fragmente l'opposition, a propulsé au pouvoir une figure contrôlable mais politiquement inefficace et fournit du matériel de propagande prêt à discréditer les véritables mouvements de résistance.

Cette enquête a été menée par Treadstone 71 et rédigée par Dancho Danchev, analyste indépendant spécialisé dans les cyberopérations et la guerre d'influence. Elle s'appuie sur plus de 70 millions de données provenant de Twitter, Instagram et Telegram, et utilise des méthodes reproductibles plutôt que des interprétations politiques.