Les victimes canariennes du terrorisme demandent au PP de rectifier sa position suite à ses rapprochements avec le Front Polisario

Des soldats du Front Polisario défilent lors des célébrations du 35e anniversaire du mouvement indépendantiste - PHOTO/REUTERS
Face aux derniers contacts entre les députés populaires et l'entité indépendantiste sahraouie 
  1. Harmonie entre l'Espagne et le Maroc et rapprochement du PP avec le Front Polisario

L'Association canarienne des victimes du terrorisme (Acavite) a critiqué certains rapprochements politiques du Parti populaire (PP) avec le Front Polisario, entité désignée par les victimes comme responsable d'attaques contre les intérêts canariens dans les années 70 et 80 du siècle dernier. 

Acavite a indiqué dans un communiqué officiel qu'elle attendait du PP qu'il rectifie le « revirement inattendu » pris lors d'une réunion tenue à Grande Canarie entre plusieurs députés du parti politique espagnol et des membres du Front Polisario. 

Acavite a qualifié d'« incohérentes et dysfonctionnelles » les approches du PP avec les représentants sahraouis du Front Polisario, qui laissent « à la merci du hasard, de l'abandon et de l'absence de protection » les 300 victimes canariennes des attentats attribués par divers secteurs au Front Polisario dans les années 70 et 80 du siècle dernier. 

L'organisation canarienne des victimes du terrorisme a également souligné que cette position est incohérente, car le PP fait même partie du gouvernement canarien présidé par Fernando Clavijo, leader de la Coalition canarienne, comme l'a rapporté l'agence EFE.

Les victimes canariennes du terrorisme attribué au Front Polisario demandent au PP « plus de cohérence et qu'il explique publiquement les raisons du changement de stratégie visant à perpétuer le blanchiment des dirigeants polisariens et de leur sphère politique ». 

Harmonie entre l'Espagne et le Maroc et rapprochement du PP avec le Front Polisario

Tout cela après que plusieurs députés nationaux du PP aient rencontré des représentants du Front Polisario à Grande Canarie pour soutenir la cause sahraouie. Cela intervient à un moment où le Polisario, qui défend la tenue d'un référendum sur l'indépendance du peuple sahraoui, est de plus en plus isolé, tandis que son grand adversaire, le Maroc, a obtenu le soutien de plus de 100 pays à son plan d'autonomie pour le Sahara occidental, Ce plan a été considéré par le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) dans sa dernière résolution, promue par les États-Unis et acceptée par tous les membres (à l'exception de la Russie et de la Chine), comme la base la plus sérieuse et la plus crédible pour parvenir à un accord entre les parties en conflit afin de trouver un consensus et une solution au différend sahraoui, qui dure depuis près de cinq décennies, depuis la fin de la période coloniale espagnole. 

Et cela, précisément à un moment où la diplomatie espagnole est en grande harmonie avec le Maroc, après le soutien apporté par le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez à la proposition d'autonomie marocaine comme étant la plus sérieuse, la plus crédible et la plus réaliste pour résoudre le problème du Sahara occidental. Cette initiative propose une large autonomie pour le territoire avec une grande autonomie pour les Sahraouis, laissant au Maroc la politique internationale et de défense et respectant les résolutions de l'ONU.

King Mohammed VI and Pedro Sánchez - PHOTO/MOROCCAN ROYAL PALACE via AP

Lors de la récente réunion à Grande Canarie, les représentants du Front Polisario ont été accueillis avec des marques de soutien de la part de cinq députés nationaux du Parti populaire. Ces députés auraient demandé à l'exécutif socialiste espagnol de rectifier sa position sur la question du Sahara occidental, contrairement à l'orientation actuelle de la politique étrangère de l'État espagnol, qui jouit désormais d'une relation privilégiée et très étroite avec un allié stratégique tel que le royaume marocain. 

Carmelo Barrio, député du PP pour Álava, a déclaré à ce sujet que le droit international et les résolutions de l'ONU sur cette question sont les « grands alliés » du peuple sahraoui et a regretté que le gouvernement espagnol adopte depuis plusieurs années la « thèse marocaine ». Il a exigé dans ce cas une explication des « raisons obscures » qui ont motivé le dernier soutien accordé au Maroc concernant le Sahara occidental. 

M. Acavite a souligné qu'il avait rencontré en octobre les mêmes députés populaires canariens, au siège du Congrès à Madrid, et qu'ils lui avaient exprimé leur engagement à « ne pas blanchir les attentats commis, et leur soutien absolu à l'adoption et au financement de la loi canarienne sur la réparation, l'aide et le soutien aux victimes du terrorisme ». 

El líder Partido Popular, Alberto Núñez Feijóo - REUTERS/ JUAN MEDINA 

Il convient de rappeler que le Front Polisario a été accusé d'avoir commis des attentats contre des citoyens canariens, comme dans le cas des travailleurs des mines de Fos Bucraa, au Sahara, et des pêcheurs qui travaillaient dans les eaux du banc de pêche sahraoui. Des actions violentes dont l'association canarienne des victimes du terrorisme se souvient encore. 

Dans le même ordre d'idées, on peut également rappeler que le Front Polisario a participé à la conférence nationale du PP qui s'est tenue en juillet à Madrid, ce qui a également suscité une grande indignation au sein de l'Association canarienne des victimes du terrorisme, qui a qualifié cette présence d'« insulte directe aux victimes oubliées et à celles qui ont été touchées par les attaques du Polisario au cours des décennies 1970 et 1980 ». La conférence a compté sur la présence d'Abdullah Al-Arabi, représentant du Front Polisario en Espagne, comme l'a confirmé le député Carmelo Barrio lui-même dans une publication sur le réseau social X, déclarant : « Lors de la 21e conférence nationale du Parti populaire, nous avons reçu un invité très spécial, le représentant du peuple sahraoui en Espagne ». 

Acavite a qualifié cette dérive de « grave erreur et de honte pour les victimes et leurs familles », affirmant qu'« ignorer leur souffrance et effacer leur mémoire est un acte humiliant et contraire à l'éthique, qui doit être corrigé immédiatement, tant au niveau du parti aux îles Canaries qu'au niveau national ».