Frontex met en garde contre l'arrivée possible de criminels à bord de bateaux provenant d'Algérie
Les routes migratoires illégales en provenance d'Algérie sont préoccupantes pour l'Union européenne (UE). À cet égard, Frontex, l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, met en garde contre l'arrivée plus que probable de criminels à bord de bateaux provenant du pays maghrébin.
Le dernier rapport de Frontex met en garde contre la possibilité que des personnes ayant des intentions criminelles profitent de ce flux de migration irrégulière pour s'infiltrer et passer inaperçues parmi les migrants irréguliers. « Cela peut permettre à des personnes ayant des intentions potentiellement malveillantes de se mêler aux migrants irréguliers, d'entrer dans l'Union européenne sans être détectées et de se livrer à des activités criminelles », indique le document Annual Risk Analysis 2025-2026, publié cette semaine.
À cet égard, la route migratoire qui relie l'Algérie aux îles Baléares est devenue une préoccupation majeure pour les autorités européennes et pour Frontex, l'agence de l'Union européenne qui coordonne et soutient les États membres dans la gestion des frontières extérieures de l'espace Schengen, lutte contre la criminalité transfrontalière et coordonne les opérations de retour.
Cette agence dispose d'un corps permanent de gardes-frontières et est chargée de la surveillance, de l'analyse des risques et de la fourniture d'une assistance technique aux pays de l'UE. Elle a récemment fait part de sa grande inquiétude concernant la route migratoire en provenance d'Algérie.
Dans son rapport Annual Risk Analysis 2025-2026, Frontex met en garde contre la présence possible d'éléments criminels parmi les migrants irréguliers qui partent en bateau depuis l'Algérie et arrivent sur le territoire européen, en particulier vers les îles Baléares.
Dans ce rapport, Frontex signale également un changement dans les flux migratoires irréguliers, car au cours des deux dernières années, les départs depuis le Maroc ont perdu de leur importance par rapport à ceux depuis l'Algérie, surtout à la suite de la controverse diplomatique générée avec l'Espagne en raison du soutien du gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sánchez au plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara occidental, qui est totalement rejeté par l'Algérie, pays qui soutient le Front Polisario et sa proposition d'opposition concernant la tenue d'un référendum d'indépendance pour la population sahraouie.
L'État algérien a manifesté son désaccord avec le soutien apporté par l'Espagne au royaume marocain pour intégrer le Sahara occidental dans la souveraineté marocaine, ce qui pourrait expliquer cette dernière vague de migration irrégulière en provenance de l'Algérie, selon diverses sources.
Ainsi, depuis la rupture du traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération entre l'Espagne et l'Algérie en 2022, les arrivées aux Baléares ont explosé, passant d'environ 500 personnes par an à plus de 2 600.
Cette tendance s'est intensifiée en 2025. Rien que depuis le début de l'année, plus de 5 000 migrants ont atteint les îles et, si le rythme actuel se maintient, ce chiffre pourrait atteindre 13 000 en décembre, selon les prévisions.
À ce stade, le gouvernement des îles Baléares demande de l'aide. « Nous sommes la nouvelle frontière sud », selon diverses sources du gouvernement des Baléares, qui dénonce la saturation de ses ressources d'accueil. La présidente des Baléares, Marga Prohens, a souligné que Pedro Sánchez reconnaît par ses actes que les Baléares vivent une situation exceptionnelle, mais qu'il nie en même temps la réalité et refuse d'admettre l'existence d'une route migratoire consolidée depuis l'Algérie. En outre, la présidente des Baléares a annoncé une réunion en septembre avec le commissaire européen à l'Intérieur, Magnus Brunner, afin d'exiger un renforcement des moyens de Frontex aux Baléares, tant maritimes que terrestres, car le gouvernement régional a averti que les Baléares sont « l'épicentre européen de la migration ».