La tempête Leonardo déferle sur le nord du Maroc et maintient l'Espagne et le Portugal en état d'alerte
La tempête provoquée par la dépression Leonardo entraîne des évacuations massives au Maroc, des incidents graves en Andalousie et renforce les dispositifs d'urgence au Portugal
- Le Maroc, épicentre de l'impact
- L'Andalousie, sous pression en Espagne
- Le Portugal renforce sa vigilance
La tempête Leonardo continue de frapper avec une grande intensité le nord du Maroc, où les autorités ont déclenché une mobilisation nationale sans précédent face au risque d'inondations dans différentes régions. Cet épisode a également touché l'Espagne et, bien que dans une moindre mesure, le Portugal, dans un contexte marqué par des semaines de pluies persistantes et des sols saturés.
Le Maroc, épicentre de l'impact
À l'heure actuelle, le Maroc est le pays le plus touchés par la tempête. Le ministère de l'Intérieur a confirmé que, jusqu'au matin de la publication de l'article, 108 423 personnes avaient été évacuées et relogées hors des zones menacées, conformément à des protocoles de sécurité renforcés. La plupart des évacuations se concentrent dans la province de Larache, avec 81 709 personnes évacuées, où 85 % de la population de Ksar el Kebir a quitté la zone par ses propres moyens. À ces chiffres s'ajoutent 9 728 personnes évacuées à Sidi Kacem, 2 853 à Sidi Slimane et 14 133 dans la région de Kénitra.
Les inondations ont touché des dizaines de milliers de personnes, principalement dans le nord du pays, et le principal risque reste le débordement des rivières et des barrages. La province de Larache et la ville de Ksar el Kebir restent les zones les plus touchées, avec de vastes zones inondées et des centaines de familles relogées dans des camps temporaires et des lieux d'accueil mis en place en urgence.
Le ministère de l'Intérieur a indiqué que les Forces armées royales, la Gendarmerie royale et la Protection civile restent déployées dans les zones les plus sensibles, en coordination avec les autorités locales. « La priorité absolue est de protéger les vies humaines et de garantir que les familles évacuées disposent d'un logement et des moyens essentiels », ont déclaré des sources officielles.
Les autorités n'excluent pas de nouvelles évacuations si les précipitations se poursuivent. La situation est particulièrement délicate en raison de la crue du fleuve Loukkos et du niveau du barrage d'Oued El Makhazine, l'un des plus grands du pays, qui a dépassé 140 % de sa capacité, atteignant un niveau record. La Direction générale de la météorologie du Maroc a annoncé des précipitations pouvant atteindre 150 millimètres en moins de 48 heures, ainsi que de fortes rafales de vent sur la côte atlantique et dans le nord.
Face à cette situation, le gouvernement a ordonné la suspension exceptionnelle des cours pendant une semaine à Ksar el Kebir et dans d'autres villes telles que Tanger, Tétouan, Al Hoceima, Kénitra et Taza. Selon l'exécutif, cette mesure répond à un risque élevé et persistant d'inondations et à la nécessité de réduire l'exposition de la population.
L'Andalousie, sous pression en Espagne
En Espagne, la tempête a eu son plus grand impact en Andalousie, où les pluies intenses ont provoqué des inondations, des débordements et des glissements de terrain. Plus de 3 000 personnes ont été évacuées à titre préventif dans les zones inondables et au moins 110 routes restent coupées ou perturbées, en particulier dans les provinces de Cadix, Malaga et Jaén.
Le service d'urgence 112 a traité de nombreux appels liés à des habitations inondées, des accumulations d'eau et des pannes d'électricité et de communications. Le gouvernement régional d'Andalousie indique que le pire scénario prévu « est celui qui se produit actuellement », même si les autorités affirment que les mesures prises à l'avance permettent de limiter les dommages les plus graves.
L'AEMET maintient les alertes actives dans dix communautés autonomes en raison de la combinaison de pluies, de vent, de neige, de dégel et de vagues. « Nous sommes confrontés à un épisode prolongé, avec des précipitations persistantes sur des terrains déjà saturés, ce qui augmente le risque d'inondations », a expliqué un porte-parole de l'organisme.
Le Portugal renforce sa vigilance
Au Portugal, Leonardo arrive à un moment particulièrement sensible, alors que le pays se remet encore des effets de la tempête Kristin, qui a fait cinq morts la semaine dernière. Bien que l'impact soit moindre qu'au Maroc et dans le sud de l'Espagne, des inondations ponctuelles, des chutes d'arbres et des glissements de terrain ont été enregistrés, notamment dans la région de Lisbonne et en Algarve.
Rui Oliveira, responsable des opérations de l'Autorité nationale d'urgence et de protection civile (ANEPC), a confirmé l'activation du niveau maximal d'alerte. « Aucun blessé ni dommage grave n'a été signalé, mais la situation exige une attention et une capacité de réaction maximales », a-t-il déclaré.
L'IPMA maintient des alertes jaunes et oranges sur une grande partie du littoral en raison de fortes vagues. Face à cette situation, le gouvernement a décidé de prolonger jusqu'au 8 février la déclaration de calamité, afin de faciliter l'intervention rapide des services d'urgence si la tempête s'intensifie.