Le Real Madrid remporte un derby sans football qui laisse Vinicius dans le collimateur
« Florentino va te virer ». C'est la phrase qui restera gravée dans l'histoire des demi-finales de la Supercoupe d'Espagne entre le Real Madrid et l'Atlético de Madrid. Simeone l'a répétée plusieurs fois à Vinicius sans mâcher ses mots. C'était une façon de le provoquer, de le sortir du match et, presque, de prédire ce qui pourrait arriver au Brésilien l'été prochain.
La provocation de Simeone est une de plus de la part d'un homme qui n'a jamais cessé d'être un joueur. Le même qui a demandé à Courtois de ne pas célébrer les buts de Madrid au Metropolitano, qui a provoqué Vinicius et qui, en conférence de presse, a affirmé ne pas se souvenir de ses propos à cause de sa mauvaise mémoire. Un type indécent à qui Vinicius a dédié sur les réseaux sociaux un « Encore une élimination que tu perds », pour écrire un nouveau chapitre de cette relation malsaine.
Le message de Simeone est très vrai si l'on analyse le match du Brésilien. Allongé sur le côté et répétant sans cesse des dribbles impossibles qui se terminaient par des ballons perdus, feignant des fautes ou blâmant tout le monde pour son manque de précision. Vinicius a renoncé à la facette défensive que lui impose Xabi Alonso et, même si le Real Madrid est une caricature de ce que veut son entraîneur, le but de Sorloth a montré aux supporters madrilènes que Vinicius est en guerre avec son entraîneur. Le manque de tension dans un démarquage, les bras ouverts et la réprimande à ses coéquipiers s'ajoutent aux mots qu'il a adressés à Alonso au sujet du jeu de Gonzalo lors du match contre Betis.
Mauvais match entre les deux équipes
Avant ce but, le Real Madrid en avait marqué deux sans rien jouer. Le premier à la 90e seconde du match après un spectaculaire coup franc de Valverde. Certes, le mur était ridicule, mais il fallait frapper avec cette force et cette précision pour envoyer le ballon dans les filets rojiblancos. Le deuxième but est arrivé à la 55e minute après une erreur de sortie de l'Atlético de Madrid. Valverde a filtré une passe parfaite à Rodrygo qui a marqué un but supplémentaire et assure son retour de l'obscurité dans laquelle il se trouvait depuis le mois de mai dernier.
Et c'est tout. Le match a été un cauchemar footballistique avec deux équipes qui ont joué au ralenti, avides de pauses pour boire de l'eau, et avec des remplaçants comme Güler ou Mastantuono qui sont entrés fatigués à la 80e minute du match. À cela s'ajoutent les blessures d'Asencio et de Rüdiger à la même minute, ce qui a obligé Xabi Alonso à inventer une défense absurde menée par Tchouameni, qui s'est contenté de dégager des ballons pendant 20 minutes.
L'Atlético a perdu à cause de son habituelle inertie perdante dans ces matchs à mort subite. Il a eu de nombreuses occasions d'égaliser et même de gagner, mais entre les exploits de Courtois et les erreurs de l'inefficace Julián Álvarez, il rentre en Espagne sans trophée et avec quelques millions d'euros qui, après tout, sont la raison pour laquelle ces trophées sont disputés.
Mauvaise situation du Real Madrid
Le Real Madrid vit dans un désert footballistique qui n'avait pas été vu depuis des années. Alonso a enterré son scénario et s'en est remis à ses joueurs qui ne savent pas comment jouer. Le vestiaire danse au rythme des grimaces de Vinicius et les courses de Gonzalo rappellent Raúl, mais personne ne soutient son travail. Pour la finale de dimanche, Mbappé arrive en vol direct de Madrid pour éviter la catastrophe face à Barcelone. Les hommes de Flick ont battu l'Athletic 5-0 et tout indique qu'ils peuvent faire mal au Real Madrid, à moins qu'Alonso ne renferme son équipe derrière et mise sur les contre-attaques avec Rodrygo, Vinicius et Mbappé.
Le derby des horreurs a été remporté par Madrid, mais le fond de mer laissé par le match ne s'apaisera pas, même en cas de victoire en finale contre Barcelone. Un vestiaire brisé en mille morceaux, exposé à un mauvais résultat au mauvais moment qui donnerait raison à l'équipe et mettrait fin au contrat de l'entraîneur.