La chute de Maduro et l'affaiblissement des alliés du Polisario : un tournant stratégique en Amérique latine
Maduro, héritier du projet « bolivarien » mis en place par Hugo Chávez depuis 1999 sous le nom de « Cinquième République», a maintenu pendant des années le Venezuela comme l'un des principaux soutiens de la cause du Front Polisario en Amérique latine, avec Cuba, en fournissant des armes et un soutien politique aux séparatistes.
La chute de Maduro reflète non seulement l'efficacité de l'intervention militaire américaine, mais annonce également une accélération de l'affaiblissement du soutien international à la cause séparatiste au Sahara. Le Venezuela étant plongé dans une crise économique chronique et soumis à une pression internationale, l'avenir du soutien bolivarien au Polisario devient incertain.
Depuis son arrivée au pouvoir, Maduro a renforcé les liens avec le Polisario, alors même que d'autres pays sud-américains commençaient à retirer leur reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique autoproclamée et à soutenir la proposition marocaine d'autonomie comme solution au conflit.
L'accueil des dirigeants du Polisario à Caracas et la signature d'accords stratégiques ont consolidé le Venezuela en tant qu'allié clé du séparatisme, lui permettant également d'accéder indirectement à l'Algérie et à la région d'Afrique du Nord.
Conscient du poids de Maduro dans la projection internationale du Polisario, le Royaume du Maroc a soutenu depuis 2019 le président par intérim de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Juan Guaidó, en encourageant sa reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et en réduisant ainsi la marge de manœuvre de la cause séparatiste.
La fin du mandat de Maduro coïncide avec une tendance plus large au déclin des alliés du Polisario. Depuis la suppression du soutien de la Libye après la mort de Mouammar Kadhafi en 2011 jusqu'à l'effondrement du régime de Bachar al-Assad en Syrie à la fin de 2024, le réseau de soutien international du Polisario s'est progressivement réduit, laissant l'Algérie comme dernier refuge politique et financier.
Cependant, même l'Algérie est aujourd'hui soumise à de fortes pressions internationales pour négocier avec le Maroc et progresser vers une solution basée sur la proposition d'autonomie.
L'affaiblissement de ces alliés historiques reflète un changement stratégique global : les anciens soutiens au séparatisme se retrouvent désormais isolés, tandis que la communauté internationale s'oriente vers une reconnaissance pratique de l'approche marocaine. Cette transition a non seulement des conséquences géopolitiques immédiates, mais elle redéfinit également l'équilibre des pouvoirs en Afrique du Nord et en Amérique latine.
En conclusion, la capture de Maduro et l'érosion consécutive du soutien aux alliés du Polisario représentent un tournant décisif dans la dynamique internationale du Sahara occidental.
Le Maroc se trouve dans une position renforcée, tandis que les mouvements séparatistes perdent leurs points d'appui stratégiques, accélérant un processus qui semblait au point mort depuis des décennies. Ce scénario montre comment les décisions prises sur un continent peuvent avoir de fortes répercussions sur un autre, illustrant l'interconnexion des alliances politiques et l'importance de la stabilité régionale dans un monde de plus en plus interdépendant.
Abdelhay Korret, journaliste et écrivain marocain