Après la résolution 2797 du Conseil de sécurité : l'avenir du Polisario au sein de l'Union africaine
Révision critique de l'adhésion du Front Polisario à l'Union africaine après la résolution 2797 de l'ONU et l'évolution du contexte international
- Candidature au Conseil de paix et de sécurité et critères d'adhésion
- Pression croissante et évolution des soutiens au sein de l'Union africaine
- Scénarios possibles pour l'adhésion du Front Polisario
L'Union africaine a longtemps abordé la question du Sahara occidental dans le cadre d'un héritage politique remontant aux années 1970, lorsque la soi-disant « République sahraouie » a été admise comme membre à part entière dans un contexte international et régional complètement différent de celui d'aujourd'hui. Cependant, la récente résolution 2797 de l'ONU a mis fin à cette approche des années 1970, fermant la porte au discours séparatiste et ouvrant la voie à une solution politique réaliste sous la souveraineté marocaine.
Ces derniers jours, la candidature du Front Polisario à l'adhésion au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine pour la période 2026-2028 a soulevé plusieurs questions, dont la plus importante est la suivante : comment une organisation régionale peut-elle continuer à accorder le statut de membre à part entière à une entité sur la base d'une revendication séparatiste qui a été condamnée au niveau international ? Dans quelle mesure cette candidature s'aligne-t-elle sur les changements d'approche de l'ONU sur la question du Sahara occidental ? Comment le Conseil de paix et de sécurité, soucieux de la stabilité et du règlement des conflits entre les États membres, peut-il envisager la candidature d'une entité qui ne répond pas aux critères d'État et de souveraineté, en particulier à un moment de réalignement des positions internationales ?
Candidature au Conseil de paix et de sécurité et critères d'adhésion
Le Conseil de paix et de sécurité est une pierre angulaire de l'Union africaine, chargé de la gestion des conflits et de la surveillance des crises sécuritaires sur le continent. L'adhésion n'est accordée qu'aux États véritablement capables de contribuer à la stabilité. Cela soulève des questions légitimes quant à la viabilité de la candidature d'une entité fondée sur un programme séparatiste, qui a perdu une grande partie de son soutien international et ne présente pas les caractéristiques d'un État, à un poste au sein d'un organisme aussi sensible.
En conséquence, suite à la récente résolution de l'ONU, il n'est plus possible de continuer à traiter avec le Front Polisario selon la même logique. Sa candidature met clairement en évidence la contradiction entre le statut d'une entité non reconnue internationalement et la nature d'un organisme composé d'États pleinement souverains engagés envers la Charte des Nations unies, ce qui rend l'approche précédente difficile et peu convaincante. Certains pourraient faire valoir que l'Union africaine a hérité de la question du Polisario il y a des décennies et que sa résolution est une affaire complexe. C'est en partie vrai, mais ce qui n'est plus viable, c'est de continuer à gérer cet héritage avec les mêmes outils obsolètes, surtout compte tenu du contexte international qui a clairement changé, en particulier après la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Si cette résolution n'a pas ordonné à l'Union africaine de retirer l'adhésion du Polisario, elle a fait de son existence sous sa forme actuelle une question problématique qui ne peut être ignorée ou éludée.
Pression croissante et évolution des soutiens au sein de l'Union africaine
Malgré le déclin du soutien à l'agenda séparatiste au sein de l'Union africaine et le soutien croissant à la souveraineté du Maroc sur le Sahara ces dernières années, l'adhésion du Front Polisario est maintenue et soumise à une pression croissante sans résolution définitive. Cela est d'autant plus vrai que la plupart des États membres de l'Union africaine ont récemment adopté une approche plus pragmatique, privilégiant la sécurité, la stabilité et le développement plutôt que l'alignement idéologique.
Cependant, la question de l'adhésion du Polisario pourrait être suspendue, compte tenu de la prudence de l'organisation et de son désir d'éviter d'ouvrir un dossier juridique et politique complexe qui pourrait exacerber les divisions sur le continent. Cela explique pourquoi la question reste ouverte à plusieurs scénarios possibles. Selon plusieurs experts et observateurs de la question du Sahara occidental, le scénario le plus probable à court terme est que le Front Polisario conserve son adhésion à l'Union africaine, non par conviction, mais par prudence institutionnelle et par souci d'éviter d'ouvrir un dossier juridique épineux qui pourrait entraîner l'Union dans de profondes divisions internes. Dans ce cas, l'Union préfère donc reporter une décision finale plutôt que de faire face à un héritage organisationnel complexe.
Scénarios possibles pour l'adhésion du Front Polisario
Le deuxième scénario consiste à neutraliser cette adhésion sans l'expulser formellement, ce qui implique de réduire la présence du Front Polisario dans les institutions de l'Union et de limiter son rôle politique et fonctionnel. Les contours de cette option ont déjà commencé à se dessiner ces dernières années, notamment par son exclusion des comités politiques et de sécurité sensibles. Cette option reflète une tentative de s'adapter à la nouvelle approche internationale sans entrer en conflit direct avec le passé.
Le troisième scénario, le plus complexe, consiste à réviser juridiquement les conditions d'adhésion à l'Union, une voie que le Maroc a empruntée depuis son retour en 2017. En fin de compte, dans un monde qui reconfigure son paysage politique et sécuritaire selon la logique des intérêts, la résolution 2797 du Conseil de sécurité contribue à rouvrir le débat sur la signification du statut d'État et le respect de la souveraineté au sein de l'Union africaine.
Si le débat est de nature juridique, sa mise en œuvre pratique prendra du temps en raison de la dynamique de pouvoir complexe au sein de l'Union. Cependant, la question du maintien du Front Polisario au sein du groupe reste pertinente, d'autant plus que le nombre d'États africains qui le reconnaissent est en baisse (actuellement seulement 13 sur 54), ce qui rend indispensable une révision de ce statut.