Le Mouvement sahraoui pour la paix participe aux sessions des Nations unies sur le Sahara

Intervention de Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP) lors de la Quatrième Commission des Nations Unies - PHOTO/ATALAYAR
Intervention devant la Quatrième Commission des Nations unies sur le Sahara de Hach Ahmed, premier secrétaire du Mouvement sahraoui pour la paix MSP

Intervention complète de Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), lors de la quatrième commission des Nations unies sur la nouvelle résolution du plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara occidental proposé par le pays nord-africain en 2007. 

Intervention de Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP) lors de la Quatrième Commission des Nations Unies - PHOTO/ATALAYAR

Monsieur le Président, 

C'est un plaisir de m'adresser pour la première fois à cette Commission au nom du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), une organisation politique authentiquement sahraouie, née il y a cinq ans pour exprimer la lassitude et la frustration de notre peuple après un demi-siècle de souffrances. 

Nous ne sommes pas la voix du Polisario, ni celle du Maroc, ni celle d'aucun autre acteur ou pays voisin de la région. Nous sommes des Sahraouis fatigués de la guerre et de l'exil, mais aussi la voix de ceux qui croient encore en un avenir de paix

Depuis plus de cinquante ans, notre peuple vit pris au piège entre confrontation et incertitude : familles divisées, jeunes sans horizon, enfants nés sous des bâches, personnes âgées qui meurent loin de leur terre. 

Chaque mort, chaque vie perdue à la guerre ou en exil est une plaie ouverte et un rappel que nous avons échoué : nous, en tant que victimes et acteurs du conflit, mais aussi la communauté internationale, qui a promis il y a trente ans une issue pacifique qui n'est jamais venue. 

Aujourd'hui, nous ne venons pas répéter des slogans ni nous enliser dans des positions irréconciliables qui, depuis des décennies, monopolisent le débat au sein de cette commission. Nous venons proposer une autre voie : celle du dialogue, de la coexistence et du compromis

Une voie qui rejette les maximalismes, car nous savons que l'intransigeance et les radicalismes, tout comme les armes et les murs, n'apportent jamais ni liberté ni prospérité. 

Notre voix est celle des personnes âgées qui rêvent en silence de rentrer chez elles avant de mourir ; celle des jeunes qui refusent d'hériter d'un exil sans fin ; et celle des mères qui souhaitent élever leurs enfants sous un ciel de paix et de liberté, et non sous l'ombre d'un fusil ou d'un autre instrument de mort. 

Nous sommes nombreux à avoir décidé de mettre fin à ce long et pénible voyage qui ne mène nulle part, de clore le cycle de la confrontation et d'ouvrir celui de l'espoir, quoi qu'il en coûte, car, comme l'a dit Érasme de Rotterdam il y a six siècles : 

« La paix, même imparfaite, vaut toujours mieux qu'une guerre juste » 

Nous n'aspirons ni à la gloire ni à une place dans les livres d'histoire. Nous demandons seulement la possibilité de contribuer à une solution pacifique et de permettre à notre peuple de vivre enfin dans la dignité sur sa terre. 

La paix n'est pas un rêve impossible. Elle ne nécessite que du courage et une volonté sincère

Nous venons donc aujourd'hui tendre la main avec humilité et fermeté, convaincus que la réconciliation entre Sahraouis et Marocains n'est pas une concession, mais un devoir envers notre peuple et envers l'avenir de toute la région. 

Le Mouvement sahraoui pour la paix est un nouveau partenaire réaliste et constructif des Nations unies dans leurs efforts pour aider les Sahraouis et les Marocains à écrire une nouvelle histoire de paix et de coexistence au Sahara et dans tout le nord-ouest de l'Afrique. 

Aidez-nous à ouvrir cette voie !

Intervention de Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP) lors de la Quatrième Commission des Nations Unies - PHOTO/ATALAYAR