Un nouveau conseil pour un ordre fracturé

Le président américain Donald Trump participe à l'annonce de la charte de son initiative « Conseil de la paix » visant à résoudre les conflits mondiaux, en marge du 56e Forum économique mondial (FEM), à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2026 - REUTERS/JONATHAN ERNST
Au-delà du Sahara occidental, une raison d'État supranationale oblige l'Algérie et le Maroc à trouver de toute urgence un cadre de coopération stable : la menace croissante dans la région du Sahel, où les groupes terroristes djihadistes sévissent en toute impunité

Dans un geste lourd de sens sur le plan stratégique, le président Donald Trump a profité du forum de Davos pour en faire le théâtre d'une annonce retentissante : le lancement, au milieu d'un grand déploiement diplomatique et médiatique, d'un nouveau Conseil mondial ou Conseil de la paix.

Cette initiative apparaît comme une réponse directe à la rupture du système international, ancré dans les structures de 1945. L'Organisation des Nations unies (ONU), dont le Conseil de sécurité est chroniquement paralysé par le veto, est passée d'un espoir à un symbole d'incompétence. Son incapacité à résoudre les conflits n'est pas un échec occasionnel, mais le symptôme d'un modèle épuisé.

Cette paralysie a eu des conséquences tragiques. Le cas palestinien en est l'exemple le plus sanglant : pendant près d'un siècle, la communauté internationale a été le témoin impuissant, voire complice, d'une tragédie récurrente. La guerre à Gaza a été l'épisode le plus dramatique d'une longue série d'échecs. C'est la détermination et la fermeté de l'administration du président Donald Trump qui ont brisé ce cycle, donnant lieu à un espoir sans précédent. Cet élan est la raison fondamentale pour laquelle des nations islamiques clés telles que la Turquie, l'Arabie saoudite, le Maroc, l'Égypte ou l'Indonésie n'ont pas hésité à adhérer à Davos au document constitutif du Conseil de paix.

Le Sahara occidental : un autre paradigme de l'échec

Ce conflit est un autre témoignage de la paralysie de l'ONU. Le processus de paix, lancé à la fin des années 80, a vu défiler six secrétaires généraux et plus de dix envoyés spéciaux sans résultat. À cela s'ajoutent les immenses ressources investies dans la MINURSO, une opération déployée depuis 1991 avec un coût annuel d'environ 60 millions de dollars, qui n'a pas atteint son objectif final.

En octobre dernier, l'administration du président Trump a décidé de relancer les efforts pour parvenir à un accord sur la base de la proposition d'autonomie marocaine de 2007, qui s'est concrétisée dans la résolution 2797 du Conseil de sécurité. À l'initiative des États-Unis, et non de l'envoyé spécial de l'ONU comme c'était le cas auparavant, les parties concernées se sont rendues à Washington la semaine dernière afin d'entendre les recommandations du gouvernement américain pour progresser vers un accord.

Bien que le contenu exact de ces recommandations ne soit pas connu, tout semble indiquer qu'il s'agit d'une impulsion décisive, presque un ultimatum, visant à accélérer les négociations et à parvenir à un compromis avant l'expiration du mandat actuel de la MINURSO. D'ici à la réunion du Conseil de sécurité en avril, les parties devront montrer des progrès substantiels.

Après le Maroc, l'Algérie : une inclusion nécessaire

Il serait raisonnable et souhaitable que l'Algérie profite de cette nouvelle dynamique pour rejoindre le Conseil de paix. À partir de cette instance, aux côtés du Maroc, elle pourrait facilement surmonter la crise du Sahara qui, depuis un demi-siècle, empoisonne les relations entre les deux principales puissances du Maghreb, perturbant la stabilité et l'intégration régionales.

Au-delà du Sahara occidental, une raison d'État supranationale oblige de toute urgence l'Algérie et le Maroc à trouver un cadre de coopération stable : la menace croissante dans la région du Sahel, où les groupes djihadistes sévissent en toute impunité. Cette zone est devenue l'épicentre mondial du terrorisme, représentant un danger prioritaire et indivisible pour la sécurité de tout le Maghreb et au-delà.

La communauté internationale reconnaît déjà la nécessité de solutions régionales. Un Conseil de paix doté d'un pouvoir exécutif pourrait être l'instrument permettant de catalyser cette coopération obligatoire, en coordonnant des cadres communs de sécurité frontalière et de renseignement contre un ennemi commun, ce qui est impensable dans le climat de méfiance actuel.

Le pessimisme s'accroche à un système brisé par la peur du chaos. Le réalisme audacieux exige d'en construire un nouveau. L'échec de l'ONU en Palestine, au Sahara et dans tant d'autres crises est la preuve irréfutable que le changement n'est pas une option, mais une nécessité.

Le nouveau Conseil de paix peut représenter cette opportunité historique. Une fois surmontée la complexité de la guerre froide et ses conséquences, nous avons la possibilité de passer d'un ordre fondé sur les privilèges et les gloires de 1945 à un ordre fondé sur les responsabilités et les défis du XXIe siècle. Un ordre où, enfin, la coopération remplace la paralysie, la responsabilité l'emporte sur les privilèges, et les forums de dialogue sont des instruments d'action décisive et non de simples archives de l'échec. Le chemin a peut-être commencé à Davos.

Hach Ahmed. Premier secrétaire du Mouvement sahraoui pour la paix