L'Iran entre dans une phase de massacres systématiques tandis que Khamenei reconnaît des milliers de morts et renforce la répression
Exécutions massives en pleine insurrection. Entre le 5 et le 15 janvier 2026, au moins 127 prisonniers, dont trois femmes, ont été exécutés par le régime. Des témoignages provenant de plusieurs villes indiquent que les hôpitaux sont soumis à un contrôle de sécurité strict.
Les forces du régime recherchent activement les blessés et les martyrs du soulèvement afin d'identifier et d'arrêter les membres de la résistance. Ce dispositif entraîne un coût élevé en termes de surveillance permanente.
Les 17 et 18 janvier, de jeunes insurgés ont affronté les forces répressives à Téhéran et dans plusieurs villes du pays. De nombreux quartiers de la capitale ont été le théâtre d'affrontements violents, accompagnés de slogans tels que « Mort au dictateur » et « Mort à Khamenei ».
- À Khoy, dans la nuit du 17 janvier, les insurgés ont incendié le bureau du district et un centre Bassidj, en réponse aux tirs aveugles des forces du régime. Deux autres centres avaient déjà été incendiés la veille.
- À Eslamshahr, des jeunes ont attaqué un commissariat (« Ghaemieh ») et désarmé les agents qui tiraient sur les civils.
- Dans la province de Kermanshah, les habitants du clan Gholkhani, à Aynevand (Sarpol-e Zahab), ont brisé le cordon des forces répressives et, lors d'un affrontement armé, ont réussi à désarmer plusieurs d'entre elles.
- À Taq-e Bostan (province de Kermanshah), de violents combats ont eu lieu. À Kermanshah, un milicien Bassidj, Morteza Heshmati, a été tué par la population.
Khamenei reconnaît des milliers de morts Dans un discours prononcé à l'occasion de la Révélation, fête religieuse célébrée comme le jour où Mahomet a été choisi comme messager de Dieu, Ali Khamenei a explicitement reconnu « plusieurs milliers de morts ».
Malgré le ton religieux du discours, son contenu s'adressait clairement aux forces répressives, aux services de sécurité et à l'appareil affaibli du régime.
En admettant ce chiffre, Khamenei confirme l'application de son ordre précédent : « remettre les émeutiers à leur place ». De plus, ce discours a été conçu comme un message psychologique de tranquillité d'esprit à l'intention des forces du régime, qui ont été exhortées à ne pas hésiter ni reculer. Khamenei cite même un verset du Coran révélé après une défaite des musulmans : « Ne vous affaiblissez pas, ne vous affligez pas, n'hésitez pas : vous êtes supérieurs, car vous êtes croyants ».
Ce qu'en disent les responsables du régime
Mohammad Bagher Ghalibaf, président de l'Assemblée, a quant à lui affirmé que des milliers de personnes avaient trouvé la mort lors des manifestations des 8 et 9 janvier.
De son côté, Ahmad Azizi, président de la commission parlementaire de sécurité nationale du régime, a déclaré que plus de 3 700 membres des forces gouvernementales avaient été blessés lors des récentes émeutes et que 2 221 véhicules et équipements appartenant aux forces de sécurité et aux milices Basij avaient été endommagés. Ahmad Reza Radan, chef de la police, a promis de poursuivre « un par un » les manifestants qui sont encore en liberté, et a déclaré avec insistance : « Nous les poursuivrons jusqu'au dernier ».
Par ailleurs, selon l'agence de presse Fars, le directeur général d'Irancell, le deuxième opérateur de télécommunications du pays, a été démis de ses fonctions pour avoir refusé d'exécuter un ordre de coupure d'Internet.
Réactions internationales
Plus de 300 parlementaires et personnalités politiques de 26 pays ont signé une déclaration de soutien au soulèvement pour une république démocratique en Iran.
14 anciens chefs d'État et de gouvernement européens ont publié une lettre ouverte aux dirigeants de l'UE. Ils y expriment leur soutien au soulèvement et au plan en 10 points de Maryam Radjavi pour un avenir démocratique en Iran. En criant « Mort au tyran, qu'il s'agisse du Shah ou du Guide suprême », le peuple iranien rejette toutes les formes de dictature passées ou présentes et réclame une véritable démocratie.
Le Forum économique mondial de Davos a annoncé que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ne participerait pas à l'édition de cette année. Un communiqué précise : « Les décès tragiques de civils iraniens au cours des dernières semaines rendent inacceptable la présence du gouvernement iranien à Davos cette année ».
Conclusion
Le discours d'Ali Khamenei vise à remonter le moral des troupes après les massacres et à freiner la désintégration interne du régime. Le soulèvement, bien que momentanément moins visible dans les rues, n'a pas été vaincu.
Le pays vit sous une forme de loi martiale non déclarée :
- Multiplication des postes de contrôle
- Interdiction des rassemblements de plus de trois personnes
- Restrictions de circulation
Le 8 janvier, le régime est entré dans une phase de massacres systématiques. Cette vague répressive, encore plus violente que celle de novembre 2019 (qui avait fait 1 500 morts), atteint aujourd'hui le niveau de crime contre l'humanité.