L'influence de l'Espagne au Sahara

Intervention de Javier Fernández Arribas devant l'ONU
Il y a déjà trois ans et demi, l'Espagne a décidé de soutenir l'initiative marocaine d'autonomie comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le conflit régional autour du Sahara marocain

Malgré ce que certains puissent en penser, sa politique de chantage et de menaces n'a plus d'effet. Cette position émane du pays qui a géré la région du Sahara marocain, et donc du pays qui connaît le mieux les fondements historiques et juridiques de cette question, qui, en 1975, après les accords de Madrid, a été récupérée et instrumentalisée politiquement par ceux qui accueillent les camps de Tindouf.

Cette décision de l'Espagne de reconnaître explicitement la souveraineté du Maroc sur le Sahara a eu un impact fort et significatif sur la dynamique internationale actuelle, à laquelle se sont ajoutées de nombreuses reconnaissances provenant, entre autres, l'Allemagne, la Hongrie, le Portugal, la Belgique, l'Autriche, la Slovaquie, l'Estonie, ainsi que la France et le Royaume-Uni, en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, aux côtés des États-Unis d'Amérique.

L'effet de chacune de ces décisions ne se résume pas à un simple calcul arithmétique ou mathématique, mais à un résultat exponentiel qui s'étend à d'autres pays qui ont également décidé de faire partie de ce consensus mondial en faveur de la marocanité du Sahara, et qui s'accordent à affirmer que l'initiative marocaine d'autonomie est la seule solution politique pour résoudre ce conflit artificiel, maintenu à tout prix par certains acteurs de la région.

Les pays qui soutiennent pleinement le plan d'autonomie marocain misent sur la solution politique promue par le Conseil de sécurité de l'ONU dans ses résolutions, y compris la résolution 2756.

Au contraire, son voisin, seul et contre tous, a choisi de lutter contre vents et marées, s'accrochant à une procédure qui s'est avérée inefficace et désormais obsolète. Et qui a été remplacée par une solution politique dont les paramètres ont été clairement définis depuis 2017, auxquels s'ajuste l'initiative marocaine d'autonomie

Nous constatons aujourd'hui, une fois de plus, que le « Polisario » apparaît comme un simple requérant et fonde à nouveau son argumentation sur des questions périphériques relatives aux droits de l'homme et aux ressources naturelles, ainsi que sur un « arrêt » de la Cour de justice de l'Union européenne, sans aucune portée juridique ni conséquence politique sur le partenariat stratégique solide qui unit le Maroc à l'Union européenne et à ses États membres. La récente décision de Bruxelles concernant l'accord commercial avec le Maroc en est la preuve.

Le Polisario n'est pas le seul représentant des Sahraouis, car aujourd'hui, des initiatives telles que le Mouvement sahraoui pour la paix sont également devenues des représentants importants des Sahraouis.

Il est regrettable que la réalité ne soit pas reconnue, que l'on ne revienne pas à la raison et que l'on continue à mener une bataille perdue d'avance. Bien qu'une machine de guerre agressive soit déployée contre le Maroc et entrave son intégrité territoriale, Rabat n'insulte pas l'avenir et tend la main, encore et encore, à son voisin afin de résoudre ce différend régional de manière consensuelle.

L'avenir et la stabilité de l'espace euro-méditerranéen ne peuvent attendre. Tous, et plus particulièrement ceux qui accueillent les camps de Tindouf, sont plus que jamais appelés à assumer leurs responsabilités.