Du cessez-le-feu à l'accord de paix

Un niño palestino camina con un trozo de madera en la mano, en medio de un alto el fuego entre Israel y Hamás, en la ciudad de Gaza, el 16 de octubre de 2025 - REUTERS/ EBRAHIM HAJJAJ
Dans les décombres de Gaza, les corps n'ont pas encore cessé d'aller et venir et les lamentations n'ont pas encore cessé

La mémoire collective n'oubliera jamais les centaines de jeunes civils juifs assassinés de manière atroce par la folie meurtrière des membres du Hamas. Ni les milliers de civils palestiniens, femmes et enfants, nouveau-nés et morts eux aussi, terrorisés par les bombes de l'armée israélienne.

Aucun cessez-le-feu ne peut devenir un accord tant que les dirigeants et les gouvernements concernés n'acceptent pas la réalité que la paix ne peut être obtenue ni par une fanfare progressiste en carton-pâte, ni par un bulldozer qui déblaye les pierres et les morts pour construire une nouvelle bande sans âme ni volonté.

Slomo Ben Ami, premier ambassadeur d'Israël en Espagne après l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, sous le gouvernement socialiste de Felipe González, a donné une conférence sur le processus d'Oslo à l'Université européenne quelques années plus tard. Il a expliqué, d'après son expérience, que pour « parvenir à un accord de paix, deux choses sont nécessaires : que les conditions nécessaires soient réunies et que les dirigeants nécessaires pour y parvenir soient trouvés ».

Donald Trump a réussi à établir la première condition, le cessez-le-feu. Mais la deuxième condition, qui consiste à développer le plan proposé par la Maison Blanche et accepté par le groupe terroriste Hamas, devra éliminer les dernières flambées de violence et contourner la pression de l'opinion publique et la prolifération des émeutes anti-israéliennes, afin de pouvoir faire face à l'urgence de l'aide humanitaire et de la stabilisation.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu interagissent après que ce dernier se soit adressé à la Knesset, le 13 octobre 2025 à Jérusalem - PHOTO/ Chip Somodevilla via REUTERS

La prochaine étape sera la conclusion d'un accord pour la reconnaissance d'un État palestinien capable de coexister avec l'État israélien. Les responsables du cessez-le-feu doivent être conscients qu'ils ne seront probablement pas chargés de parvenir à un accord de paix durable. Si l'étude de l'histoire ne permet pas de confirmer cette hypothèse, l'observation de l'histoire au Moyen-Orient permet quant à elle de la confirmer de manière implacable.

Henry Kissinger a servi de médiateur entre la Première ministre travailliste Golda Meir et le président égyptien Anouar el-Sadate pour obtenir un cessez-le-feu après Yom Kippour. Mais c'est le leader conservateur du Likoud, Menahen Beguin, qui a signé les accords de paix de Camp David en 1979, sous les auspices de Jimmy Carter.

Le cessez-le-feu, qui s'est enlisée sur une ligne de 80 kilomètres dont le ministre de la Guerre, Dayan, ne voulait pas se retirer, a abouti à un accord pour le retrait complet de la péninsule du Sinaï et à 40 ans de paix entre les deux pays. Mais aussi à l'assassinat de l'un des signataires, le président Sadate, par des intégristes.

Ronald Reagan a favorisé le retrait de l'armée israélienne du Liban en 1985. Le leader de l'OLP, Yasser Arafat, en a profité pour réclamer un État palestinien et devenir l'interlocuteur du processus d'Oslo.

La Conférence de Madrid de 1991, impulsée par les États-Unis et l'URSS de l'après-guerre froide, organisée par le gouvernement socialiste espagnol et à laquelle ont assisté la plupart des dirigeants régionaux, a été le cadre choisi pour mettre en œuvre les accords d'Oslo qui ont abouti à la création de l'Autorité nationale palestinienne.

Ils ont été signés par Arafat lui-même et par le général affilié au parti travailliste Isaac Rabin en 1993, avec Bill Clinton comme maître de cérémonie. Peu après, Rabin, symbole de la paix qui n'a jamais cessé d'exister dans notre mémoire collective, a été assassiné par un extrémiste juif dont l'histoire n'a gardé aucun souvenir.

Des soldats israéliens marchent lors d'une visite hebdomadaire aux colons à Hébron, en Cisjordanie occupée par Israël, le 23 août 2025 - REUTERS/ MUSSA QAWASMA

Des années plus tard, Slomo Ben Ami réfléchissait à ces conditions et aux personnes. Il estimait que, si les conditions avaient été remplies, les personnes n'étaient peut-être pas les bonnes. Arafat en raison de son passé terroriste et du sectarisme politique qu'il a exercé depuis lors. Isaac Rabin en raison de son infinie bonté et de la vilenie de sa mort, injuste, injustifiable et jamais oubliée.

Le État palestinien à venir aura besoin d'un territoire à Gaza et d'un autre en Cisjordanie. Sans fractures entre les minorités palestiniennes, sans colonies juives unilatérales, sans une démocratie aussi polarisée en Israël. Avec une volonté ferme de construire la paix à partir du respect de l'existence, de la coexistence et de la survie. Telles doivent être les conditions préalables à un accord.

La mise en œuvre de ce processus est la mission qui incombe à l'administration américaine et aux autres acteurs concernés. Mais le chemin sera long et Trump, malgré son succès, ne favorisera probablement pas la paix. Netanyahu ne sera ni le protagoniste ni le héros du processus. Et le Hamas ne sera plus jamais un interlocuteur. Jamais, il ne sera rien.