Le Venezuela et l'exception au principe de non-intervention
En vertu de ce principe, « aucun État ou groupe d'États n'a le droit d'intervenir directement ou indirectement, pour quelque motif que ce soit, dans les affaires intérieures ou extérieures d'un autre État ».
Il est vrai que ce principe fait référence au respect absolu et inviolable de la souveraineté de l'État et qu'il est associé à l'horizontalité du droit international qui consacre que tous les États sont juridiquement égaux, de sorte qu'aucun ne peut s'arroger un pouvoir supérieur sur un autre pour l'envahir ou contribuer à ce qu'il en soit ainsi.
Vu sous cet angle, le cas du Venezuela devrait nous amener à conclure que les États-Unis d'Amérique ne devraient en aucun cas agir ainsi. Mais nous ne tenons pas compte des raisons de droit interne étroitement liées au principe intrinsèque de souveraineté dont jouissent tous les États de la communauté internationale. C'est ce qu'a estimé l'administration républicaine présidée par Donald Trump, qui considère que Nicolás Maduro n'est plus depuis longtemps le président du Venezuela, mais le chef d'un gang de trafiquants de drogue - le cartel des Soleils - et que, par conséquent, son action à l'égard du pays qu'il contrôle, c'est-à-dire le Venezuela, est, pour Washington, celle d'un criminel.
Or, dès lors que l'on ajoute à cette hypothèse celle d'un Nicolás Maduro qui a bafoué la légalité nationale et internationale le 28 juillet 2024 en refusant de reconnaître sa défaite aux urnes, et ne dispose donc plus d'aucune légitimité interne ni sur la scène internationale, il est évident que le dictateur, totalement entaché d'illégalité et d'antidémocratie, a déclenché une exception au principe de non-ingérence, et c'est ce qu'il faut comprendre, car il ne faut pas croire que seul le droit est la règle, l'exception l'est aussi.
Hitler, pour tout ce qu'il a fait pendant la Seconde guerre mondiale, ne pouvait être soutenu par le droit démocratique allemand ni par le droit international. Nous sommes nombreux à avoir souhaité que Maduro soit renversé par les forces endogènes du Venezuela, c'est-à-dire par les forces armées elles-mêmes et par le peuple vénézuélien, protégés par le droit à la désobéissance civile, consacré par les articles 333 et 350 de la Constitution politique, mais cela n'a pas été possible en raison de la manière draconienne et abusive dont Maduro contrôle la vie vénézuélienne au niveau national.
Dans son désespoir, il vient de se tourner vers la Communauté des États latino-américains et caraïbes (CELAC), idéologisée, pour chercher un soutien international, mais il n'obtiendra pas ce que les peuples démocratiques et de bonne volonté des Amériques recherchent, à savoir la grande libération du peuple vénézuélien qui a tout à fait le droit de tourner la page et de rattraper le temps perdu.
Miguel Ángel Rodríguez Mackay, ancien ministre des Affaires étrangères du Pérou et internationaliste
Article publié dans le quotidien Expreso du Pérou