Pluralisme sahraoui : ce qui explique les différences entre le MSP et le Polisario

Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), aux côtés des représentants des principales organisations qui ont participé au Conseil de l'Internationale socialiste à Istanbul du 21 au 25 mai 2025 - PHOTO/MSP
« Sánchez se fait photographier avec le leader d'une organisation que le CNI considère comme une couverture pour les activités d'espionnage du Maroc ». Les rumeurs diffusées ne sont rien d'autre qu'une répétition des mêmes accusations éculées que le Polisario utilise habituellement contre quiconque ose proposer une alternative politique
  1. Le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) n'est pas une « façade », mais une initiative sahraouie légitime
  2. Qualifier tout dissident de « traître » reflète précisément le comportement propre à une organisation fermée
  3. La rencontre entre les responsables internationaux et le MSP ne constitue pas un « blanchiment », mais la reconnaissance d'une réalité évidente
  4. Présenter le MSP comme un outil « pour recycler l'occupation » est une interprétation déformée
  5. L'idée que toute solution négociée constitue une « trahison » reflète une vision extrémiste et dogmatique
  6. L'histoire n'oubliera pas non plus les graves abus commis par le Polisario
  7. Conclusion

Elles s'appuient sur des insinuations sans fondement, des associations peu rigoureuses et une intention évidente de limiter la pluralité sahraouie. Il est nécessaire d'apporter quelques éclaircissements essentiels.

Le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) n'est pas une « façade », mais une initiative sahraouie légitime.

Le MSP est né de la volonté de milliers de Sahraouis, pour la plupart d'anciens membres du Polisario, des personnalités, des diplomates, des intellectuels et, dans de nombreux cas, des personnes qui ont été victimes de graves violations des droits humains dans les camps de Tindouf.

Ce ne sont pas des « agents » ni des « bras médiatiques », mais des Sahraouis qui connaissent de l'intérieur les dérives autoritaires du Polisario et qui ont choisi une voie pacifique et réaliste.

Qualifier tout dissident de « traître » reflète précisément le comportement propre à une organisation fermée.

Il est frappant – pour ne pas dire significatif – que le Polisario, après des décennies d'un système autoritaire, tribal et répressif, dans lequel des centaines de Sahraouis ont été torturés, emprisonnés ou ont disparu, s'attribue aujourd'hui le pouvoir d'accorder des certificats de légitimité ou de loyauté.

Le MSP existe parce que des milliers de Sahraouis rejettent ce modèle unique, rigide et coercitif, plus proche d'un régime autoritaire que d'un mouvement de libération.

La rencontre entre les responsables internationaux et le MSP ne constitue pas un « blanchiment », mais la reconnaissance d'une réalité évidente :

Le Polisario n'est plus la seule voix sahraouie. La communauté internationale constate qu'une partie importante des Sahraouis refuse de continuer sur la même voie sans issue, avec les mêmes souffrances et sous la même tutelle d'un leadership inchangé depuis déjà un demi-siècle. Les relations internationales reconnaissent le pluralisme, et non l'unanimisme imposé.

Présenter le MSP comme un outil « pour recycler l'occupation » est une interprétation déformée.

Le MSP propose une approche politique fondée sur :

  • la paix,
  • le dialogue,
  • la reconnaissance mutuelle,
  • et une solution réaliste, négociée et pacifique.

Ce sont précisément ces principes qui sont soutenus par toute communauté internationale responsable.

S'opposer au dialogue et à la paix, c'est condamner le peuple sahraoui à un conflit indéfini, qui ne profite qu'aux dirigeants du Polisario, jamais aux Sahraouis eux-mêmes.

L'idée que toute solution négociée constitue une « trahison » reflète une vision extrémiste et dogmatique.

Aucune cause politique ne peut prospérer si elle rejette le dialogue, la modernisation et la diversité des voix.

Réduire la cause sahraouie à un seul parti, une seule interprétation et une seule version de la vérité revient à déformer l'histoire et à nier le droit naturel des Sahraouis à la diversité politique.

L'histoire n'oubliera pas non plus les graves abus commis par le Polisario.

Les fosses communes, les tortures, les purges internes, l'élimination des cadres, la violence contre les femmes et les opposants : tel est le contexte que certains tentent aujourd'hui de dissimuler derrière des discours accusateurs et conflictuels.

Le MSP, au contraire, est né comme un mouvement engagé en faveur de la réconciliation, de la paix et de la dignité, et non de l'exclusion ou de la revanche.

Conclusion

Le texte auquel nous répondons ne cherche pas à clarifier la vérité, mais à discréditer tout Sahraoui qui ose penser différemment.

Cependant, les Sahraouis n'appartiennent à aucune organisation.

Ils ont le droit – et même la responsabilité – d'explorer des alternatives politiques après cinquante ans de difficultés, de souffrances et de divisions.

Le MSP représente cette alternative :

une voix pluraliste, pacifique, moderne et digne, soutenue par des milliers de Sahraouis qui croient que l'avenir se construit avec la paix, et non avec l'intimidation.