Les investissements étrangers au Maroc enregistrent une croissance significative en 2025

Port de Tanger Med - REUTERS/ABDELHAK BALHAKI
L'attrait économique du Maroc ne cesse de croître : les investissements directs étrangers ont augmenté de 63 % au premier trimestre 2025
  1. Chiffres records en matière d'investissements directs étrangers
  2. Plateforme industrielle et financière régionale
  3. Des capitaux industriels et verts pour des secteurs clés
  4. Impact réel mais inégal

Lors de la présentation de son projet de budget pour l'année 2026, le ministère marocain de l'Investissement, de la Convergence et de l'Évaluation des politiques publiques a déclaré que 2024 avait été la deuxième meilleure année de l'histoire du pays en termes de flux d'investissements directs étrangers et que les chiffres de 2025 devraient largement dépasser ceux de l'année précédente. 

Sa stabilité politique, ses infrastructures modernes et sa situation géographique stratégique, au carrefour de l'Europe, de l'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, ont permis au Maroc de se positionner comme un partenaire privilégié pour les investisseurs internationaux. 

Karim Zidane, ministre marocain de l'Investissement, de la Convergence et de l'Évaluation des politiques publiques, lors de la IVe édition du Forum Europe-Afrique, qui s'est tenu au Palais du Pharo à Marseille - PHOTO/MICEPP

Chiffres records en matière d'investissements directs étrangers

Selon les chiffres présentés par le ministère des Investissements, les flux d'investissements directs étrangers se sont élevés à environ 4,3 milliards de dollars en 2024, ce qui en fait la deuxième meilleure année de l'histoire après 2018. 

Le ministère a annoncé que cette dynamique positive se poursuit au cours de l'année en cours, les recettes ayant atteint 4 milliards de dollars à la fin du mois de septembre 2025, soit une augmentation de 39,5 % par rapport à la même période en 2024, avec une hausse de 1,2 milliard de dollars. 

Cette dynamique est due, entre autres facteurs, à l'activation de la nouvelle Charte de l'investissement. Tout au long de l'année, le Comité national des investissements a approuvé des projets d'investissement dans toutes les régions du pays, pour une valeur totale supérieure à 4 milliards de dollars, qui permettront la création de plus de 179 000 emplois. 

L'année 2025 affiche des résultats très significatifs, tels que les suivants : 

  • La ratification de 76 accords et annexes dans le cadre du système de soutien de base, pour une valeur d'investissement de 10 milliards de dollars, ce qui permettra de créer 35 000 emplois. 
  • L'approbation de trois projets stratégiques d'une valeur de 500 millions de dollars, qui permettront de créer 21 000 emplois. 
  • Donner un caractère stratégique à cinq autres projets d'une valeur totale supérieure à 3 milliards de dollars, qui créeront 15 600 emplois. 

Plateforme industrielle et financière régionale

Dans un contexte mondial marqué par les tensions commerciales et le ralentissement économique, le Maroc mise sur les réformes structurelles et l'ouverture aux capitaux étrangers pour devenir une plateforme industrielle et financière régionale. 

Les données les plus marquantes du ministère révèlent que 60 % des investissements approuvés en 2025 et réalisés par des entreprises marocaines bénéficient de la participation d'investissements étrangers provenant de divers pays, dont l'Allemagne, l'Arabie saoudite, la Suède, la Norvège, la Chine, les Émirats arabes unis, l'Égypte, l'Espagne et les États-Unis. 

En termes de répartition géographique, les résultats révèlent qu'en 2025, trois comités nationaux d'investissement se sont réunis au cours desquels des projets d'investissement dans 11 régions et 29 provinces ont été étudiés : 

  • La région de Casablanca-Settat arrive en tête de liste, avec 20 projets étudiés. 
  • La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a enregistré 17 projets. 
  • La région de Rabat-Salé-Kénitra a compté 12 projets. 
  • La région de Marrakech-Safi a examiné 6 projets. 
  • Projets multirégionaux : 7 à Tanger-Asilah, 6 à Nador, Casablanca et Fahs-Anjra, et 5 à Rabat et Marrakech. 

Selon les résultats du suivi de la mise en œuvre, 87 % des projets approuvés après octobre 2021 ont commencé à être réalisés. Les chiffres détaillés montrent que 90 projets (31 %) ont été réalisés, tandis que 64 projets ont atteint un taux d'avancement de 75 % (22 %), 50 % (12 %) pour 37 projets et 25 % (19 %) pour 56 projets, tandis que 38 projets (13 % du total) n'ont pas encore commencé à être réalisés. 

Construction d'une usine de dessalement à Dakhla, dans le Sahara occidental administré par le Maroc - PHOTO/ ARCHIVES

Des capitaux industriels et verts pour des secteurs clés

Grâce aux projets industriels, portuaires et énergétiques lancés par le pays, le Maroc a enregistré une augmentation de 63 % des investissements directs étrangers au premier trimestre 2025, renouvelant la confiance des investisseurs dans la compétitivité du pays, désormais orienté vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée. 

Selon les experts, les grands travaux d'infrastructure jouent un rôle central en réduisant les coûts logistiques, en augmentant la fiabilité des chaînes d'approvisionnement et en offrant une crédibilité aux investisseurs. En effet, le port de Tanger Med, la nouvelle plateforme Nador West Med, le nouveau port Atlantique de Dakhla ou l'extension des lignes ferroviaires et des autoroutes renforcent la position du Maroc en tant que centre industriel et logistique régional. 

Parmi les secteurs les plus attractifs pour les investissements, on peut citer l'automobile et ses équipements, la logistique et les ports, les énergies renouvelables, l'industrie exportatrice modernisée comme le textile, l'agro-industrie, l'électronique, le tourisme et les loisirs. 

Toutefois, malgré une orientation considérable vers l'industrie manufacturière à plus forte valeur ajoutée, la logistique et l'immobilier restent des secteurs attractifs qui nécessitent une plus grande intégration locale et des efforts de recherche et développement afin d'augmenter leur valeur ajoutée. 

Port atlantique de Dakhla

Impact réel mais inégal

Les investissements directs étrangers au Maroc ont un impact significatif et réel, dont l'ampleur dépend de la part des biens et services produits au Maroc dans la chaîne de valeur. Cependant, l'objectif d'un approvisionnement local accru pour un impact plus durable n'a pas encore été pleinement atteint. 

Sur le terrain, le problème réside dans les répercussions des investissements directs étrangers sur l'emploi local. Les projets industriels et logistiques créent des emplois directs dans les usines et les plateformes et des emplois indirects chez les fournisseurs et les prestataires de services. 

Des régions comme Tanger et Kénitra, qui abritent des pôles industriels complets dans le secteur automobile, bénéficient déjà de cette dynamique grâce à la présence d'usines d'assemblage (Renault, Stellantis) et de centres de formation technique. En revanche, d'autres zones du pays restent moins touchées.  

Outre l'impact qui reste inégal dans les différentes régions en raison du manque de stratégies actives de formation, d'accompagnement des PME locales et de diffusion technologique, le Maroc est confronté à une forte concurrence sur le continent africain, qui s'intensifie de plus en plus. 

Des pays comme l'Égypte, le Kenya ou le Sénégal multiplient les zones franches et les politiques fiscales favorables pour attirer les investisseurs. Dans ce contexte, le Maroc devra accélérer ses réformes pour rester en tête, grâce à la qualité de ses chaînes logistiques, son cadre réglementaire et ses accords de libre-échange.