La Chine mène des exercices navals en Afrique du Sud avec la participation de l'Iran et de la Russie

Les drapeaux nationaux de l'Afrique du Sud et de la Chine sont visibles sur un navire à la base navale de Simons Town avant les exercices navals conjoints des pays du BRICS Plus, qui comprennent la Chine, la Russie et l'Iran, dans les eaux sud-africaines cette semaine, au Cap, en Afrique du Sud, le 7 janvier 2026 - REUTERS/ ESA ALEXANDER
Le géant asiatique continue de remettre en question le leadership mondial des États-Unis
  1. Exercices navals en Afrique du Sud
  2. Alerte mondiale

La Chine est un acteur très important sur la scène internationale. Le géant asiatique se positionne géopolitiquement depuis des décennies et regarde aujourd'hui les États-Unis, le grand phare du monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'effondrement de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), dans les yeux.

À ce stade, l'un des aspects auxquels toute puissance mondiale accorde une attention particulière est le domaine militaire, et la Chine a toujours affiché sa grande puissance armée, notamment pour faire face à la position militaire prééminente des États-Unis.

Un navire chinois à False Bay, près de la base navale de Simons Town, avant les manœuvres navales conjointes des pays du BRICS Plus, parmi lesquels la Chine, la Russie et l'Iran, dans les eaux sud-africaines cette semaine, au Cap, en Afrique du Sud, le 7 janvier 2026 - REUTERS/ ESA ALEXANDER

Exercices navals en Afrique du Sud

Les nouveaux exercices militaires menés par la Chine en Afrique du Sud, avec la participation de la Russie et de l'Iran, deux pays qui ont également leur mot à dire sur la scène internationale, en sont une preuve supplémentaire. Dans son cas, la Russie cherche également à se repositionner géopolitiquement en tant que puissance après la fin de l'URSS, comme en témoigne l'invasion de l'Ukraine, et l'Iran affiche en permanence son animosité envers les États-Unis, qu'il considère comme un pays ennemi au même titre qu'Israël.

À cet égard, la Chine dirige les exercices navals appelés « Volonté de paix », qui se dérouleront du 9 au 16 janvier.

Selon l'agence de presse AFP, des navires de guerre chinois et iraniens ont accosté dans la principale base navale d'Afrique du Sud pour mener des exercices militaires qui dureront une semaine. L'AFP a également indiqué que la Russie était également sollicitée pour participer à ces manœuvres navales militaires.

Ces exercices navals interviennent à un moment de tension politique internationale maximale, les États-Unis menant une politique expansionniste dans le monde avec la récente intervention au Venezuela contre le président Nicolás Maduro et avec l'ambition de contrôler l'île danoise du Groenland pour des raisons de sécurité et de mener des actions contre la Colombie et le Mexique, pays pointés du doigt pour la question du trafic de drogue. Face à cette position interventionniste, des nations comme la Chine ou la Russie, avec la contribution d'autres pays moins importants comme l'Inde ou l'Iran, proposent un monde multipolaire dans lequel il existe plusieurs centres de décision et non un leadership unique et écrasant de la part de la nation américaine. 

Les manœuvres navales chinoises en Afrique du Sud sont un exemple supplémentaire des actions menées par ce type de pays pour faire passer des messages. L'agence de presse AFP a indiqué que deux navires chinois sont récemment arrivés au port de False Bay au Cap, et qu'un navire iranien les a rejoints jeudi.

Les responsables de la marine sud-africaine ont indiqué que des navires de guerre russes devaient également participer aux exercices menés par la Chine.

Selon des sources du ministère sud-africain de la Défense, l'exercice porte sur « la sécurité du transport maritime et les activités économiques maritimes ».

Le communiqué officiel a indiqué que l'objectif est « d'approfondir la coopération en faveur d'initiatives pacifiques de sécurité maritime », précisant qu'il inclura les forces navales des pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Les exercices conjoints étaient prévus pour novembre 2025, mais ils ont été reportés en raison d'un conflit de programmation avec le sommet du G20 à Johannesburg.

La coopération de l'Afrique du Sud avec la Russie et la Chine n'est pas nouvelle et a été critiquée par l'Occident pour ces liens, en particulier pour ses relations avec la Russie, qui mène depuis février 2022 une invasion de l'Ukraine voisine. L'Afrique du Sud a déjà participé à d'autres exercices navals avec la Russie et la Chine en 2023 et coopère dans ce domaine depuis 2019, cette collaboration étant donc établie depuis des années.

Un navire chinois à False Bay, près de la base navale de Simons Town, avant les manœuvres navales conjointes des pays du BRICS Plus, parmi lesquels figurent la Chine, la Russie et l'Iran - REUTERS/ ESA ALEXANDER

Alerte mondiale

Ces mouvements ne sont pas bien vus par l'Occident, et surtout par les États-Unis.

L'escalade des tensions suscite une alerte mondiale, d'autant plus que des pays comme la Russie, protagoniste de l'agression militaire actuelle contre l'Ukraine, ou la République islamique d'Iran, nation accusée de déstabiliser le Moyen-Orient et de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres nations voisines, sont impliqués.