Le Front Polisario et l'Algérie rejettent la résolution américaine sur le Sahara occidental
- Réactions du Front Polisario à la résolution des États-Unis
- Détails du projet américain sur le Sahara occidental
- Position de l'Algérie et du Front Polisario face à la proposition des États-Unis.
- Interprétations analytiques de la position du Polisario
- Pression des États-Unis et stratégies politiques dans le conflit
Réactions du Front Polisario à la résolution des États-Unis
Le Front Polisario, groupe considéré comme le bras armé de l'Algérie dans le conflit du Sahara occidental, a envoyé une lettre à Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, pour exprimer son rejet de la fuite du projet de résolution sur le Sahara occidental rédigé par les États-Unis et présenté au Conseil de sécurité.
Le projet américain renforce la proposition du plan d'autonomie du Maroc comme « base de négociation », écartant l'option du référendum, et fixe un délai limité à janvier 2026. En outre, le projet comprend des incitations économiques : les États-Unis soutiennent les investissements dans les territoires sous contrôle marocain, et le suivi des droits de l'homme dans la région semble réduit.
Détails du projet américain sur le Sahara occidental
La proposition a été remise sur la table par l'actuel envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, lors de sa réunion d'information à huis clos devant le Conseil de sécurité le 16 octobre 2024, mais le Maroc l'a de nouveau ignorée.
Face à cela, tant l'Algérie que le Front Polisario avertissent que la position présentée par les États-Unis « viole le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui ».
Position de l'Algérie et du Front Polisario face à la proposition des États-Unis.
Des analystes tels que Bachir Edkhil interprètent la communication envoyée par le Polisario comme reflétant davantage les intérêts algériens que ceux du mouvement sahraoui lui-même. Cette situation met sous pression la position de l'Algérie qui, après des décennies de soutien au Front Polisario, craint de perdre ses avantages politiques et économiques dans un conflit qui dure depuis plus de 50 ans.
Dans ce contexte, Washington fait pression pour mettre fin au conflit par une solution rapide. La Maison Blanche envisage même la possibilité de classer le Front Polisario comme organisation terroriste, ce qui constituerait un tournant stratégique pour l'Algérie.
Interprétations analytiques de la position du Polisario
Pendant ce temps, le Maroc maintient une position ferme fondée sur le dialogue et la recherche d'un soutien international pour servir de médiateur dans le conflit. Comme projet principal, Rabat promeut l'« Initiative Atlantique », destinée à offrir aux pays du Sahel et de la côte atlantique africaine un accès à l'océan et à promouvoir des accords économiques entre les plus de 14 pays qui composent la région. Ce projet pourrait isoler davantage l'Algérie si elle ne s'y associe pas.
Cette tactique, en plus de consolider la position marocaine, fait pression sur l'Algérie pour qu'elle réévalue son soutien constant au Polisario, car si elle ne se joint pas à cette nouvelle proposition, elle pourrait se retrouver dans une position politique plus isolée dans laquelle elle perdrait son influence interne dans la région du Sahel.
Pression des États-Unis et stratégies politiques dans le conflit
La situation complexe du Front Polisario et des camps de Tindouf génère également des tensions à l'heure actuelle : la détérioration des conditions de vie, le besoin d'aide internationale et la pression diplomatique suscitent des doutes quant à sa capacité à représenter la communauté dans les différents dialogues.
Une fois que le délai pour le projet est fixé à janvier 2026, un pas en avant vers une solution peut être franchi.
Parmi les scénarios possibles : l'acceptation partielle de la proposition, qui permettrait d'obtenir des concessions pour l'Algérie, le rejet complet de la proposition, qui entraînerait une impasse diplomatique, ou la consolidation par le Maroc de sa position sur la scène internationale, qui pourrait même modifier les rapports de force dans la région et signifierait un changement significatif après plus de cinquante ans de conflit.