Le document du Front Polisario à l'ONU : une répétition vide de sens et une stratégie épuisée

Intervención de Miguel Ángel Rodríguez Mackay ante la ONU
La « nouvelle » proposition du Polisario se limite à rappeler qu'il en avait déjà présenté une autre en 2007. Il n'y a ni évolution, ni ajustement, ni reconnaissance du contexte actuel

Le 20 octobre 2025, le Front Polisario a présenté au secrétaire général de l'ONU une proposition intitulée « Solution politique mutuellement acceptable prévoyant l'autodétermination du peuple sahraoui ». À première vue, ce geste semble être une ouverture diplomatique. Mais en examinant son contenu, il s'avère être une simple répétition, sans apport nouveau, ni reconnaissance des transformations politiques, juridiques et régionales qui ont marqué le conflit sahraoui au cours des dernières décennies.

La « nouvelle » proposition du Polisario se limite à rappeler qu'il en avait déjà présenté une autre en 2007. Il n'y a ni évolution, ni ajustement, ni reconnaissance du contexte actuel. Il insiste sur le référendum comme seule voie, ignorant que l'autonomie - telle que proposée par le Maroc - est une forme reconnue par le droit international comme une forme d'autodétermination, en particulier la résolution 1514 complétée par la résolution 1541 sur la décolonisation.

Le document affirme que le Polisario est prêt à négocier avec le Maroc « non seulement pour résoudre le conflit de souveraineté », mais aussi pour établir « des relations stratégiques et mutuellement bénéfiques entre les deux États ».

Cette formulation révèle une obsession pour une autodétermination prédéterminée, comme l'a bien fait remarquer le dernier ministre du gouvernement de Franco, Cortina Mauri, qui a traité en profondeur cette question avec le Polisario en pleine crise de 1975 : le Polisario ne recherche pas une consultation libre, mais « une autodétermination prédéterminée ». Une conclusion tirée alors que l'Espagne était encore présente au Sahara et cherchait des moyens de s'en retirer dans le respect du droit international.

C'est Hassan II qui a solennellement proposé le référendum lors du sommet de l'OUA à Nairobi en 1981, s'engageant même à accepter l'indépendance. En 1984, il l'a réitéré depuis la tribune de l'ONU. Mais l'Algérie et le Polisario ont rejeté l'offre, arguant qu'il existait déjà une « réalité sur le terrain » et exigeant le transfert des pouvoirs. Pour faire pression, ils ont promu l'adhésion de la RASD à l'OUA, sans que cette entité ne remplisse les conditions requises pour être considérée comme un État.

L'indifférence internationale et la soumission du Maroc à de graves et continuelles agressions militaires et terroristes — notamment des attaques de navires en pleine mer, des assassinats et des enlèvements de marins conduits comme otages à Tindouf en territoire algérien, présentés comme des trophées de propagande à la télévision internationale et comme monnaie d'échange, en particulier avec l'Espagne — ont contraint le Maroc à construire des murs de confinement.

En 1988, le soulèvement populaire en Algérie — qui a attaqué les symboles du régime tels que le FLN et le siège du Polisario — ainsi que les avancées marocaines, ont contraint à accepter d'étudier la proposition de l'ONU. C'est ainsi qu'est né le plan Cuéllar, qui n'a pu être mis en œuvre avant septembre 1991.

Après une décennie d'efforts infructueux, l'ONU a dû abandonner le référendum comme moyen d'autodétermination, étant donné que le Maroc ne pouvait pas permettre au Polisario d'obtenir, grâce à un corps électoral sur mesure, une indépendance du Sahara qu'il n'avait pas pu obtenir par les armes.

Le rapport S/613/2001 du secrétaire général est essentiel : il propose l'autonomie comme troisième voie entre deux positions maximalistes qui ont échoué. C'est l'ONU qui a demandé au Maroc s'il accepterait de proposer un modèle d'autonomie substantiel, et le Maroc, au prix d'un effort institutionnel, juridique et économique considérable, a relevé le défi.

Pendant cinq décennies, le Maroc a été confronté à une guerre imposée par le Polisario, armé et financé par les régimes « révolutionnaires » de Kadhafi et Boumediene. Dans le même temps, il a développé les provinces sahraouies, organisé des élections démocratiques, créé des institutions locales et garanti une représentation parlementaire. Ces avancées ont été systématiquement rejetées par l'Algérie et le Polisario, qui protestent même devant l'ONU tout en maintenant une rhétorique belliciste.

Le Polisario dénonce le statu quo, mais oublie qu'il est l'œuvre du régime militaire algérien. C'est le colonel Boumediene qui l'a défini comme « une épine dans le pied marocain ». Une stratégie visant à maintenir le Maroc dans un état d'épuisement constant et dans un statu quo permettant de consolider l'hégémonie régionale de l'Algérie. De nombreux dirigeants du Polisario, en entendant cette confession, ont compris qu'ils avaient été utilisés comme des instruments du DRS.

Le Polisario propose de « s'éloigner des politiques unilatérales et imposées par la force », oubliant que son acte fondateur invoque la violence révolutionnaire comme méthode. En février 1976, il a autoproclamé la RASD, sans référendum préalable ni autre légitimation juridique. Depuis lors, il a cherché à régulariser cette autodétermination déjà exercée unilatéralement, sans démanteler la structure qui la soutient.

Le document du Polisario invoque la construction du Maghreb, ignorant qu'il existe déjà institutionnellement avec cinq États membres. La proposition marocaine d'autonomie sous souveraineté nationale, saluée par la majorité de la communauté internationale et en particulier au sein du Conseil de sécurité, pourrait inspirer un « Maghreb des autonomies », où les particularités régionales seraient respectées sans compromettre l'intégrité territoriale, en particulier l'Algérie face au mouvement indépendantiste en Kabylie (MAC).

La proposition du Polisario n'apporte pas de solutions, mais des répétitions. Elle ignore l'histoire, le droit international et les transformations régionales. Le Maroc a proposé une voie politique sérieuse, crédible et conforme aux principes de l'ONU. Il est temps que la communauté internationale reconnaisse les dynamiques réelles du conflit et soutienne une solution qui garantisse la paix, la stabilité et la dignité de tous les peuples du Maghreb.

Jamal Eddine Mechbal Juriste, essayiste et ancien diplomate