L'Algérie accepte le plan d'autonomie marocain pour le Sahara comme seule base pour la négociation finale de la résolution du conflit

Massad Boulos, conseiller principal du président des États-Unis pour les affaires arabes et moyen-orientales, en compagnie du président algérien, Abdelmadjid Tebboune - PHOTO/X/@US_SrAdvisorAF
Lors de la réunion de quatre heures qui s'est tenue dimanche à l'ambassade des États-Unis à Madrid, entre les représentants du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie, du Front Polisario et des Nations unies, dirigée par de hauts responsables américains, le plan d'autonomie élargi présenté par Rabat a été accepté comme document technique de négociation, mettant ainsi fin à l'option de propositions alternatives soutenues par Alger et le Polisario

Les États-Unis obtiennent que l'Algérie, assise à la table en tant qu'acteur à part entière et non en tant qu'observateur comme elle le souhaitait dans le passé, accepte et reconnaisse le document technique présenté lors de la réunion, qui considère le plan d'autonomie marocain pour le Sahara sous sa souveraineté comme le seul document de négociation sur la table pour les discussions techniques, fermant ainsi toute possibilité de propositions alternatives, qui jusqu'alors avaient été soutenues par Alger et le Polisario. Certaines divergences de positions sur des questions importantes entre les Algériens et les Polisariens n'ont pas passé inaperçues.

Les quatre parties ont également convenu de créer un « comité technique permanent ». Ce comité sera composé d'experts juridiques du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie, sous la supervision conjointe des États-Unis et de l'ONU. Sa mission sera d'examiner les modalités concrètes de mise en œuvre de l'autonomie au Sahara, notamment en matière de fiscalité, de système judiciaire et de sécurité locale.

Parmi les résultats de la réunion, on note la création de la Feuille de route de Madrid 2026, un accord de procédure qui a permis de fixer au mois de mai prochain la prochaine série de pourparlers à Washington dans le but de signer un accord-cadre politique.

L'ambassade des États-Unis à Madrid a organisé ce dimanche 8 février une réunion de négociations sur la question du Sahara. Des représentants du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du Polisario étaient présents, ainsi que Staffan de Mistura, l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental.

Selon une source proche de la réunion, cette première rencontre a souligné la prééminence de l'initiative marocaine d'autonomie.

La délégation américaine, composée de Massad Boulos, envoyé spécial du président Trump pour l'Afrique du Nord, et de Mike Waltz, chef de la mission américaine à l'ONU, a dirigé la réunion avec un principe clair, que les participants connaissaient déjà avant d'accepter de participer à la réunion à Madrid, à savoir la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 31 octobre 2025 qui considère comme base la plus réaliste et la plus fiable pour la négociation du conflit le plan d'autonomie pour le Sahara sous souveraineté marocaine présenté en 2007.

Cet argument et l'intention américaine de mettre fin au conflit, exprimée à plusieurs reprises au cours de cette réunion de quatre heures qualifiée de difficile et compliquée, ont permis de faire plier certaines positions algériennes et du Polisario, entre autres questions, en ce qui concerne la terminologie.

Le désaccord persiste sur le terme « autodétermination ». Le Maroc insiste sur le fait qu'elle passe par l'« autonomie », tandis que l'Algérie a tenté de s'en tenir à la formulation classique, mais la pression américaine a fait pencher la balance en faveur de la position marocaine. 

Ce qui a été établi à Madrid, c'est un changement de méthode. On passe d'un conflit figé dans les positions idéologiques à un processus concret, technique et sous forte tutelle américaine.

Plan d'autonomie élargi

L'une des étapes les plus importantes de la réunion a été la présentation par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, du plan d'autonomie pour le Sahara, élargi à 40 pages, parfaitement conçu et structuré en fonction des différents secteurs qui touchent les citoyens.

Le ministre marocain a présenté le plan d'autonomie à l'aide de diapositives détaillées sur l'architecture institutionnelle, la fiscalité, la justice ou la sécurité locale, transformant de facto la discussion en un examen technique plutôt qu'en un débat politique ouvert. La réunion s'est transformée en une réunion de travail technique et d'une importance capitale pour l'intérêt et l'avenir des citoyens du Sahara marocain.

À l'issue de cette réunion, le Maroc apparaît comme le « vainqueur diplomatique », ayant réussi à imposer le discours du « réalisme politique » et à faire de son plan d'autonomie la seule référence pour les prochains débats. Les États-Unis, quant à eux, se sont affirmés comme le seul médiateur capable de réunir les quatre parties autour de la même table sur cette question délicate, contournant ainsi la paralysie de plusieurs années de l'ONU.

Réunion sans photo

Selon certaines impressions des participants à la réunion, la délégation algérienne a accepté en principe la feuille de route, mais souhaite sortir de cette situation la tête haute, face à l'opinion publique. Le ministre Ahmed Attaf a également demandé du temps pour préparer le terrain, en raison de préoccupations liées à des problèmes internes.

L'Algérie garde le silence sur la véritable raison de la visite de son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à Madrid. D'autre part, dans les camps de Tindouf, Bachir Mustapha Sayed a critiqué, dans un article publié dimanche, la tenue de pourparlers qui ne garantissent pas « l'autodétermination du peuple sahraoui ».

La partie espagnole a recommandé au Front Polisario de profiter de cette occasion historique et de retourner dans sa patrie. Quant à la délégation mauritanienne, elle a déclaré qu'elle encourageait toutes les parties à accepter l'autonomie, car cela profiterait à la région du Maghreb.

Washington a tenté de promouvoir une photo de groupe réunissant les ministres des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, et de l'Algérie, Ahmed Attaf, ainsi que les représentants américains Massad Boulos et Michael Walsz, et Steffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, également présent à la réunion, afin d'envoyer un message fort de réussite au monde entier.

La délégation algérienne a catégoriquement refusé d'apparaître sur une photo avec la délégation marocaine, ce qui suggérerait une normalisation politique avant une solution définitive. L'Algérie est confrontée à la plus forte pression diplomatique de son histoire dans la gestion de ce conflit.

Une déclaration officielle de Washington est attendue dans les prochaines heures, probablement avec des termes forts tels que « soutien indéfectible à la souveraineté marocaine sur le Sahara » et « appel aux parties à progresser vers la mise en œuvre pratique de la feuille de route de Madrid 2026 ».