Mohammed VI définit les priorités du projet de loi de finances 2026 : pari sur les jeunes et la justice sociale

Le roi du Maroc, Mohamed VI, préside le Conseil des ministres au Palais royal de Rabat, Maroc - PHOTO/MAP
Mohammed VI promeut un ambitieux projet de loi de finances pour 2026 qui mise sur la justice sociale, le renforcement économique et la modernisation du Maroc pour un avenir plus inclusif et durable
  1. Principaux messages transmis par le roi
  2. Adoption de quatre projets de loi organique
  3. Projet de loi de finances 2026
  4. Le marché marocain échappe à la tendance baissière
  5. Accords internationaux et nouvelles nominations

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a présidé à Rabat la réunion du Conseil des ministres au Palais royal. Lors de cette réunion, les thèmes clés pour l'avenir du pays ont été abordés, notamment le projet de loi de finances pour 2026, ainsi que les lois, les décrets, les accords internationaux et la nomination de nouveaux gouverneurs et responsables publics. 

Principaux messages transmis par le roi

Cette réunion confirme la volonté sincère de créer un Maroc inclusif, stable et tourné vers l'avenir, où la justice sociale, l'équité territoriale et la participation des citoyens sont essentielles au progrès. 

La ratification des nouvelles lois promues par Mohammed VI témoigne de sa capacité d'écoute, de sa sensibilité et de son aptitude à agir face aux préoccupations les plus importantes de la population marocaine. 

Ces actions démontrent la volonté du roi de favoriser la communication, de réduire l'écart par rapport aux problèmes réels et d'avancer vers le développement, comme il l'a indiqué dans son discours inaugural devant le Parlement. 

Le roi Mohamed VI du Maroc - PHOTO/MAP

Adoption de quatre projets de loi organique

Au cours du Conseil des ministres, quatre projets de lois organiques ont été approuvés, dont deux concernent la Chambre des représentants et les partis politiques. Tous deux ont le même objectif : rapprocher la politique des citoyens. La volonté du Conseil est de promouvoir le capital humain. Parmi les principales mesures, on peut citer : 

  • Une incitation financière pour les jeunes candidats de moins de 35 ans, avec un remboursement de 70 % des frais de campagne. 
  • Quotas régionaux réservés aux femmes, comme étape vers la parité 
  • Assouplissement des conditions de candidature pour les indépendants. 
  • Renforcement de l'intégrité électorale avec des sanctions plus sévères et l'exclusion automatique des candidats condamnés pour fraude ou délits contre l'éthique publique. 

En revanche, les deux autres propositions de loi organique concernent le Tribunal constitutionnel. La première adopte deux nouveaux décrets dans le domaine militaire.

Le premier établit la mise en place d'un régime spécial pour les fonctionnaires appartenant à la Direction générale de la sécurité des systèmes d'information de défense ; le second réorganise l'École du service de santé militaire, en l'adaptant à la réforme du système national de santé. 

Meriem Bouhriz, dans les bureaux de l'assurance RMA - PHOTO/ATALAYAR/GUILLERMO LÓPEZ

Projet de loi de finances 2026

Également connu sous le nom de budget général de l'État, le projet de loi de finances comprend quatre grandes priorités : la stimulation de l'investissement privé et le déploiement de la Charte de l'investissement ; la promotion de l'Offre Maroc en matière d'hydrogène vert ; le soutien aux micro, petites et moyennes entreprises en tant que moteurs de l'emploi local ; et la consolidation de l'État social, avec la généralisation de la protection et de l'aide directe à quatre millions de foyers. 

Réalisations économiques et positionnement élevé

Se consolider en tant que pays émergent est la principale priorité du gouvernement central. À cet égard, le projet de loi de finances vise à stimuler l'investissement privé, à accélérer la mise en œuvre d'une nouvelle « Charte de l'investissement » et à promouvoir l'« Offre Maroc d'hydrogène vert », une initiative stratégique qui montre la voie empruntée par le Maroc, qui mise sur les énergies propres et durables

Pour y parvenir, l'administration mettra particulièrement l'accent sur les petites et moyennes entreprises en créant un nouveau système de soutien financier et technique qui les aidera et permettra une plus grande création d'emplois, de meilleures capacités d'investissement et, surtout, l'entrée des jeunes sur le marché du travail, en leur offrant un espace d'apprentissage

Illustration d'une installation d'hydrogène vert - Depositphotos 

Création de programmes de développement étatiques

Avec ce nouveau plan, l'idée est de promouvoir des projets adaptés aux besoins et aux caractéristiques de chaque région du pays. Il s'agit de rechercher l'égalité des chances et de faire en sorte que le « Maroc à deux vitesses » ne soit plus qu'une question du passé. Comme dans le point précédent, ce nouveau système de programmes de développement vise à donner une place aux jeunes dans des domaines clés tels que la santé et l'éducation

Cette mesure s'adressera aux populations résidant dans les zones les plus montagneuses, dont les ressources sont plus limitées et où le potentiel de croissance est plus important. 

Images des travailleurs de la conserverie Rio de Oro, l'une des plus importantes du pays, dans la ville de Dakhla, au Maroc - ATALAYAR/GUILLERMO LÓPEZ

Renforcement de l'État social

Il s'agit sans aucun doute de l'un des points sur lesquels le roi est le plus intervenu. Mohammed VI a insisté pour maintenir la mise en œuvre de projets et de programmes offrant une protection sociale réelle. Selon le monarque, ces initiatives bénéficieront à plus de quatre millions de foyers

Ce programme repose sur la concision de la couverture sanitaire, les aides directes aux familles et l'augmentation des prestations pour enfants, qui pourraient atteindre 100 dirhams par enfant. De même, les orphelins et les mineurs non accompagnés bénéficieront d'un soutien. 

Hôpital universitaire Mohamed VI, Tánger - PHOTO/ATALAYAR

Afin de mener à bien toutes ces tâches, un budget de plus de 14 milliards d'euros sera alloué et plus de 27 000 nouveaux emplois seront créés. Cet investissement permettra d'ouvrir de nouveaux hôpitaux et centres de santé à Agadir, Laayoune, Rabat, Beni-Mellal, Guelmim et Errachidia. Les établissements existants seront également rénovés. 

Enfin, dans le domaine de l'éducation, la priorité sera de garantir l'accès à l'enseignement préscolaire, d'améliorer la qualité de l'enseignement et d'offrir un soutien scolaire accru. 

Jeunes Marocains lors de la cérémonie de remise des diplômes - PHOTO/ARCHIVO

Réforme structurelle et de gouvernance

Enfin, le gouvernement souhaite actualiser la loi organique sur les finances afin de la moderniser et de la rendre plus transparente, afin d'éviter d'éventuels cas de corruption. La réforme des entreprises et des établissements publics sera également accélérée, afin de les rendre plus efficaces et performants. Un autre point clé est la modernisation du système judiciaire, afin de rapprocher la justice des citoyens et de renforcer la confiance des investisseurs

Le marché marocain échappe à la tendance baissière

La ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a présenté les grandes lignes du nouveau budget de l'État pour 2026. Elle a souligné que le plan économique avait été élaboré sur la base des instructions du roi dans le but de maintenir la stabilité sociale dans un contexte international difficile. 

Dans un monde où la volatilité s'est installée sur les marchés financiers, le Maroc a obtenu d'excellents résultats. Avec une croissance prévue de plus de 4,9 % pour cette année, le pays a réalisé d'importants progrès en matière de demande intérieure et dans le secteur non agricole

Nadia Fettah, ministre des Finances du Maroc - REUTERS/EKIZABETH FRANTZ

Le contrôle de l'inflation à 1,1 % est la plus grande réussite de l'administration. Ces données placent la macroéconomie marocaine parmi les pays ayant les meilleurs niveaux de contrôle économique. Nadia a également souligné la réduction de 3,5 % du déficit par rapport au produit intérieur brut (PIB), fruit d'une gestion responsable des finances publiques. Selon le ministère des Finances, ces résultats « prouvent que les politiques économiques du royaume fonctionnent ». 

Selon le bilan économique présenté, le PIB marocain a quadruplé en 25 ans, reflétant une transformation soutenue et équitable. 

Accords internationaux et nouvelles nominations

Enfin, lors du Conseil des ministres présidé par Mohammed VI, 14 accords internationaux ont également été approuvés, dont dix bilatéraux et quatre multilatéraux. Ces accords couvrent des domaines tels que la coopération militaire et judiciaire, les services aériens, la sécurité sociale et la reconnaissance des permis de conduire. Parmi les accords multilatéraux, ceux relatifs au transport maritime et à l'installation au Maroc de sièges d'organisations africaines sont particulièrement importants. 

Enfin, le roi a nommé plusieurs walis et gouverneurs pour différentes régions et provinces du royaume, telles que Marrakech-Safi, Fès-Meknès, la région orientale, Casablanca-Anfa, Zagora, Taza ou Chefchaouen, entre autres. Il a également nommé Tarik Senhaji nouveau président de l'Autorité des marchés financiers du Maroc.