L'accord fiscal entre le Maroc et l'Espagne renforce le soutien aux entreprises investisseuses
La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) à Tanger-Tétouan-Al Hoceima a organisé un débat sur l'accord fiscal entre le Maroc et l'Espagne
- L'accord fiscal dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima
- Objectif du débat
- Un cadre juridique solide au Maroc
Le 25 septembre dernier s'est tenue à Tanger la conférence-débat sur les dispositions de la convention fiscale entre le Maroc et l'Espagne, organisée par la Confédération générale des entreprises (CGEM) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, en collaboration avec le Conseil économique Maroc-Espagne (CEMAES), la Chambre officielle de commerce d'Espagne au Maroc (Tanger, Nador et Kénitra) et l'IFA Maroc.
Cet événement a permis d'informer les participants sur le traitement fiscal des redevances et, en particulier, sur la notion d'établissement stable.
Sous le slogan « La convention fiscale Maroc-Espagne : lecture et interprétation des dispositions relatives aux redevances et aux établissements stables », cette conférence a donné aux intervenants l'occasion de souligner les implications pratiques de ces dispositions tant pour les entreprises marocaines que pour les entreprises espagnoles.
Les experts ont rappelé que la convention fiscale entre le Maroc et l'Espagne, signée à Madrid le 10 juillet 1978 et entrée en vigueur le 16 mai 1985, s'inspire largement des anciens modèles de l'OCDE, et ont souligné que l'objectif principal est d'éviter la double imposition et de prévenir l'évasion fiscale en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune.
La convention fiscale dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima
La convention fiscale entre le Maroc et l'Espagne définit les critères de résidence fiscale et régit les règles d'imposition applicables aux différents types de revenus, mais elle établit également les conditions de reconnaissance d'un établissement stable.
Le président régional de la CGEM à Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Omar Kadaoui, a souligné que la région abrite un nombre important d'entreprises espagnoles et a affirmé que cette rencontre vise à faire connaître aux investisseurs installés dans le nord du Maroc les différentes dispositions de la convention fiscale bilatérale afin d'éviter tout risque de double imposition.
« Cette convention fiscale entre l'Espagne et le Maroc contribue au développement de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, où l'on observe une forte concentration d'investissements étrangers. À cet égard, la CGEM de la région nord est chargée d'organiser des rencontres similaires afin d'apporter toutes les précisions nécessaires et de faciliter encore davantage l'implantation des investisseurs non seulement à Tanger-Tétouan-Al Hoceima, mais aussi dans tout le Maroc », a ajouté M. Kadaoui.
Selon la déclaration du président régional de la CGEM, cette réunion constitue une plateforme de dialogue entre les professionnels du droit fiscal, les opérateurs économiques et les représentants des administrations compétentes, qui vise à renforcer la coopération et l'échange de connaissances entre les deux pays.
La conférence-débat a permis aux participants de partager des cas concrets et des expériences en matière fiscale, afin de clarifier et d'améliorer l'application de la convention dans les deux pays sans tomber dans la double imposition.
Cette rencontre vise également à encourager les investisseurs espagnols à continuer de croire au pays et à la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, qui se distingue par sa richesse culturelle et son ouverture exceptionnelle, et qui constitue un centre stratégique pour les investissements nationaux et étrangers grâce à sa connectivité, ses infrastructures modernes, son dynamisme et son attractivité croissante pour les investisseurs marocains et, surtout, internationaux.
Objectif du débat
Asmae Charki, présidente de l'IFA Maroc, a déclaré que l'objectif du débat sur la convention fiscale entre le Maroc et l'Espagne est de clarifier les dispositions existantes et d'identifier les problèmes liés à leur application, en proposant des recommandations constructives et bénéfiques.
Le but est de rendre la lecture et l'interprétation de la convention aussi convergentes que possible, car analyser et savoir appliquer les dispositions des articles 12 et 15 du Code général des impôts (CGI) est un exercice très difficile qui nécessite l'intervention d'experts en fiscalité pour traiter les questions clés relatives aux redevances et à l'établissement stable.
Selon M. Charki, plusieurs facteurs justifient de passer au crible la convention fiscale entre le Maroc et l'Espagne :
- Le Maroc est l'un des principaux clients de l'Espagne en Afrique, absorbant plus de 70 % de ses exportations vers le continent.
- Il est le septième client mondial de notre pays.
- Il est le troisième partenaire de l'Espagne en dehors de l'Union européenne.
- Les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays ont atteint des niveaux records en 2024, ce qui reflète la vigueur des relations économiques bilatérales.
- Le stock d'investissements est estimé à 2 milliards d'euros.
- Plus de 27 000 emplois ont été créés.
- Plus de 40 entreprises espagnoles sont implantées dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
- Il existe un horizon commun avec la Coupe du monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l'Espagne et le Portugal.
- L'objectif est de renforcer non seulement la coopération sportive, mais aussi les synergies économiques, industrielles et politiques entre le Maroc et l'Espagne.
Un cadre juridique solide au Maroc
Parmi les objectifs stratégiques du Maroc pour 2030 figure la mise en place d'un cadre juridique et fiscal stable et cohérent. Une idée soulignée par Mahat Chraibi, fiscaliste et membre de l'IFA Maroc, qui a mis en avant les efforts déployés par Rabat pour offrir une vision plus prévisible et plus attrayante d'un cadre juridique indépendant.
« La mise en œuvre de la convention fiscale protège de la double imposition tant les entreprises espagnoles ayant un établissement stable au Maroc que les entreprises marocaines en Espagne », a précisé M. Chraibi, qui a donné l'exemple des sociétés non résidentes qui se plaignent d'avoir été injustement soumises à une retenue à la source au Maroc et demandent comment la récupérer, compte tenu des contrats qu'elles ont signés.
« Cela pose donc un problème de déficience fiscale au niveau des achats et des dépenses pour l'entité marocaine, augmentant le coût pour l'entreprise, ce qui provoque un déséquilibre entre les recettes et les dépenses entre la société mère et l'établissement stable », a ajouté l'experte fiscale.
Pour sa part, Mehdi Toumi, expert fiscal et membre de l'IFA Maroc, a apporté des éclaircissements sur les dispositions des articles 12 et 15 du Code général des impôts (CGI), en soulignant les différentes redevances, notamment la concession de licence d'exploitation ; la rémunération pour la fourniture d'informations scientifiques, techniques et autres ; les études réalisées au Maroc ou à l'étranger ; la rémunération pour l'assistance technique ; la rémunération pour l'exploitation ; l'organisation ou l'exercice d'activités artistiques ; les droits de location ; les honoraires et la rémunération de prestations de toute nature.
Dans le même contexte, Mahat a expliqué la rémunération des prestations de toute nature utilisées au Maroc ou fournies par des personnes d'origine, en expliquant la note circulaire 717 qui définit une série de rémunérations et de redevances prévues à l'article 15.
