Le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) demande à De Mistura un processus de consultation plus inclusif afin d'éviter un nouvel échec des négociations
Le MSP avertit que cette revendication d'une plus grande pluralité est aujourd'hui plus urgente que jamais, en particulier dans un contexte marqué par des pressions unilatérales qui pourraient conduire à ce qu'une seule voix détermine l'avenir de tout un peuple et, par conséquent, précipite l'échec de l'opération de paix
Le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP) a adressé un message au représentant personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, demandant l'élargissement du processus de consultation afin d'inclure d'autres voix sahraouies, dans le but d'éviter un nouvel échec des négociations et de sortir de l'impasse qui perdure depuis trois décennies.
La lettre a été envoyée par Hach Ahmed Bericalla, premier secrétaire du MSP, qui souligne que cette demande répond à un principe fondamental : la nécessité de la pluralité et de la représentativité dans un processus parrainé par les Nations unies. Le mouvement estime « inconcevable » qu'une seule organisation, « de nature totalitaire et pratiquant le régime du parti unique », continue de monopoliser la voix et les aspirations de tout un peuple, en contradiction avec les principes de liberté d'expression et de diversité qui doivent guider toute initiative de paix.
Le MSP avertit que cette revendication d'une plus grande pluralité est aujourd'hui plus urgente que jamais, en particulier dans un contexte marqué par des pressions unilatérales qui pourraient conduire à ce qu'une seule voix détermine l'avenir de tout un peuple et, par conséquent, précipite l'échec de l'opération de paix.
De même, le MSP rappelle que l'Envoyé personnel dispose des pouvoirs nécessaires pour promouvoir un processus plus inclusif et démocratique, précisément à un moment crucial où ces dynamiques menacent de bloquer tout progrès réel. À cet égard, le mouvement souligne que, lors des débats du Conseil de sécurité qui se sont tenus en octobre dernier, l'administration américaine a clairement indiqué qu'elle ne soutiendrait pas une prolongation du mandat de la MINURSO au-delà de six mois, laissant ainsi entendre que ce pourrait être son dernier cycle si aucun progrès concret n'était réalisé.
Dans son message, le MSP souligne également que, selon le bon sens, on ne peut exclure que le Maroc change d'avis à l'avenir et ne maintienne pas nécessairement, indéfiniment, sa disposition actuelle envers une formule d'autonomie très large, authentique et accompagnée de garanties internationales, surtout lorsqu'il se sent à l'aise, sur le terrain et au niveau diplomatique, avec le rapport de forces en vigueur depuis 1991. Cette réalité, ajoute le mouvement, renforce l'urgence d'éviter une nouvelle phase de blocage et de profiter de la « dynamique » à laquelle le Représentant personnel lui-même a fait référence.
Enfin, le Mouvement sahraoui pour la paix réitère sa pleine disposition à participer de manière constructive à ce processus, dans le but d'éviter que le temps ne s'écoule sans progrès tangibles vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.
