Attaque armée contre une mosquée ahmadie située au siège central de Rabwah, au Pakistan
- Détails de l'incident
- Contexte
- Déclaration du chef mondial de la communauté musulmane ahmadie
- Conclusion
Un agresseur armé a ouvert le feu sur la mosquée ahmadie Baitul Mahdi de Rabwah, siège administratif de la Communauté musulmane ahmadie au Pakistan. Six membres de la communauté ont été blessés par balle. L'attaque a eu lieu pendant la prière du vendredi et constitue l'un des actes de violence les plus graves commis contre les ahmadis ces derniers mois.
Détails de l'incident
Vers 13h22, un homme armé d'un pistolet s'est approché du complexe Baitul Mahdi et a ouvert le feu près de la porte principale, où des bénévoles ahmadis étaient postés pour assurer la sécurité. Six ahmadis ont été blessés. L'agresseur a ensuite été abattu lorsque le personnel de sécurité de la communauté a riposté.
Des témoins oculaires ont confirmé que l'incident s'est produit alors que les fidèles étaient réunis en prière. L'attaque a semé la panique parmi les fidèles et a semé la peur dans la ville de Rabwah, où les ahmadis sont depuis longtemps victimes de harcèlement, de traque et de nombreuses restrictions dans la pratique de leur religion, car c'est le siège de la communauté.
Contexte
L'attaque contre la mosquée Baitul Mahdi s'inscrit dans un vaste mouvement de violence et de répression croissante à l'encontre des ahmadis au Pakistan tout au long de l'année 2025. Depuis le début de l'année, pas moins de vingt-deux mosquées ahmadies ont été profanées, leurs minarets et leurs niches de prière démolis, souvent par les autorités locales elles-mêmes sous la pression du clergé. Ces actes coïncident avec une intensification des campagnes visant à empêcher les ahmadis de célébrer les prières du vendredi, faisant de cette pratique hebdomadaire un sujet récurrent d'hostilité.
Depuis février, de nombreuses plaintes ont été déposées contre les ahmadis par la police pour le simple fait d'avoir accompli ces prières du vendredi, notamment des plaintes massives dans les villes de Sargodha et Daska, où des dizaines de fidèles ont été arrêtés ou inculpés. Dans plusieurs districts, dont Faisalabad, Sheikhupura et Karachi, des mosquées ont été fermées, des fidèles ont été arrêtés et des rassemblements de prière ont été interrompus ou attaqués par des groupes extrémistes, souvent avec l'approbation tacite ou la participation de fonctionnaires locaux.
Ces incidents sont révélateurs du climat d'intolérance organisée dans lequel la vie religieuse ahmadie est systématiquement attaquée, de l'architecture des mosquées à la prière collective. L'attaque contre la mosquée Baitul Mahdi doit être comprise dans ce contexte de persécution soutenue et intensifiée.
Déclaration du chef mondial de la communauté musulmane ahmadie
Sa Sainteté Hazrat Mirza Masrur Ahmad, chef mondial de la communauté musulmane ahmadie, a évoqué l'attaque armée contre la mosquée Baitul Mahdi à Rabwah et a confirmé que cinq à six membres de la communauté avaient été blessés, dont deux dans un état critique, et avaient subi des interventions chirurgicales après avoir reçu des balles dans l'abdomen.
Commentant les déclarations officielles du gouvernement du Pendjab sur la lutte contre la criminalité, Sa Sainteté a souligné la contradiction entre ces affirmations et la réalité quotidienne des attaques ciblées, des meurtres et des incendies criminels contre les ahmadis, actes qui, selon ses propres termes, ne semblent pas être reconnus comme des crimes par les autorités de l'État. Il a prié pour que justice soit faite, pour que ceux qui détiennent le pouvoir soient guidés et pour que Dieu manifeste rapidement son soutien à la communauté.
La communauté musulmane ahmadie demande votre soutien et votre collaboration pour :
- Que ces attaques contre les mosquées ahmadies soient reconnues comme faisant partie d'un schéma de persécution religieuse ciblée et d'une menace spécifique à la liberté religieuse au Pakistan.
- Que cessent immédiatement la mise sous scellés, la démolition ou l'altération forcée des mosquées et des lieux de prière ahmadis, y compris les actions menées sous la pression du clergé ou sous le prétexte de « l'application administrative ».
- Garantir le droit sans restriction des ahmadis à accomplir leurs prières du vendredi et autres rassemblements confessionnels, sans arrestations ni intimidations de la part des autorités étatiques ou de tiers.
- Enquêter sur tous les incidents de violence, d'incitation et de troubles organisés contre l'activité religieuse ahmadie, en particulier lorsque les forces de l'ordre ne sont pas intervenues pour les empêcher, voire ont participé activement à la révolte.
- Que des protections juridiques et administratives claires soient mises en place pour les lieux de culte ahmadis, conformément aux obligations constitutionnelles du Pakistan et à ses engagements internationaux en matière de liberté religieuse.
- Que les personnes qui incitent ou facilitent la violence contre les mosquées ahmadis soient tenues responsables, y compris les personnalités politiques, religieuses et médiatiques qui encouragent les discours de haine ou la mobilisation des foules.
Conclusion
L'attaque armée contre la mosquée Baitul Mahdi n'est pas un incident isolé, mais s'inscrit dans un schéma plus large d'hostilité soutenue et coordonnée à l'encontre des mosquées ahmadies. Rien qu'en 2025, 22 mosquées ont été scellées, profanées ou démolies. Les fidèles ont été arrêtés, harcelés ou violemment agressés, souvent avec la participation ou le consentement d'acteurs étatiques. La criminalisation régulière des prières du vendredi et les attaques physiques contre les structures des mosquées reflètent un environnement dans lequel la vie religieuse ahmadie est systématiquement restreinte.
Sans protections structurelles immédiates et sans responsabilité juridique, ces attaques se poursuivront. Il ne suffit plus de traiter ces événements comme des défaillances isolées en matière de sécurité. L'État pakistanais doit lutter contre les campagnes organisées qui présentent les ahmadis comme des cibles légitimes et garantir le droit au culte, y compris le droit d'exister dans des espaces religieux, sans discrimination ni crainte.
