Les Espagnols réclament davantage d'Europe et souhaitent que davantage de décisions soient prises au niveau européen

Présentation de l'Eurobaromètre
La représentation espagnole de la Commission européenne a accueilli la présentation du dernier Eurobaromètre

En dehors du cadre de l'Union européenne, il fait très froid.

C'est du moins ce que pensent 74 % des Espagnols, selon le dernier Eurobaromètre, présenté au siège de la représentation espagnole de la Commission européenne par son nouveau directeur, Daniel Calleja. Ce chiffre est en hausse de cinq points par rapport à celui du sondage réalisé au printemps dernier, et supérieur de six points à la moyenne des vingt-sept pays qui composent l'UE. En outre, 77 % des Espagnols estiment que davantage de décisions devraient être prises au niveau de l'UE, un chiffre bien supérieur à celui de l'ensemble des citoyens européens (59 %).

Selon M. Calleja, « à moins d'un mois du 40e anniversaire de l'entrée de l'Espagne dans l'UE, il est très symbolique que trois Espagnols sur quatre considèrent que notre pays a un meilleur avenir au sein de l'Union qu'en dehors, ce qui démontre l'impact positif de ces quatre décennies de cheminement commun ».

En ce qui concerne les principales préoccupations, si la grande majorité des Espagnols se disent satisfaits de leur vie quotidienne (91 %), le logement est le principal casse-tête national, suivi de l'inflation, de l'immigration et de la situation économique.

Dans le cas du logement, il existe une grande différence entre les Espagnols et le reste des Européens, puisque si 36 % des premiers considèrent qu'il s'agit du principal problème des citoyens, cette obsession ne concerne que 13 % des autres citoyens de l'UE. En ce qui concerne l'inflation, les termes s'inversent : 23 % des Espagnols la considèrent comme l'autre grand problème, tandis que ce chiffre grimpe à 31 % chez les Européens. La comparaison entre les Espagnols et le reste des Européens semble plus équilibrée en ce qui concerne l'immigration et la situation économique : 17 % des Espagnols citent ces deux problèmes, contre respectivement 15 % et 19 % pour les autres citoyens de l'UE.

Les Espagnols et les Européens sont également d'accord sur les premiers postes auxquels le budget de l'UE devrait être affecté. Dans les deux cas, bien qu'avec quelques différences en pourcentage, ils se prononcent en faveur de l'emploi, des services sociaux et de la santé publique. Le logement, grande préoccupation des Espagnols (52 %), est juste le double de celui des Européens (26 %) qui le placeraient en tête des investissements budgétaires. Par ailleurs, l'éducation, la formation, la jeunesse, la culture et les médias sont une priorité pour 46 % des Espagnols, mais seulement pour 36 % des Européens.

Présentation de l'Eurobaromètre

En ce qui concerne les problèmes auxquels l'UE doit faire face, tant l'invasion de l'Ukraine par la Russie que la situation internationale constituent le principal défi auquel l'UE est confrontée, selon les citoyens espagnols. Le deuxième problème ou défi le plus important, toujours selon les Espagnols, est celui de l'immigration, avec 21 %, soit six points de plus qu'au printemps dernier. Le Moyen-Orient serait la troisième grande question - 17 % des Espagnols le pensent - contre seulement 9 % qui partagent cet avis.

En ce qui concerne la satisfaction à l'égard de la démocratie, 51 % des Espagnols se disent satisfaits de son fonctionnement dans leur propre pays, soit seulement 1 % de plus que lors du dernier sondage.

Enfin, en ce qui concerne les médias, les médias dits traditionnels sont préférés lorsqu'il s'agit de se fier aux informations qu'ils reçoivent. La radio, avec 59 %, est celle qui bénéficie de la plus grande crédibilité, suivie par la presse écrite avec 47 % et la télévision avec 43 %. Les médias numériques génèrent des niveaux de confiance plus faibles, 36 %, tandis que les réseaux sociaux atteignent à peine 22 %, soit une baisse de quatre points par rapport à l'année précédente.

De tout cela, le secrétaire général pour l'Union européenne, Carlos Moreno, qui a co-présenté cet Eurobaromètre, a tiré la conclusion que « 40 ans après leur entrée officielle dans l'UE, les Espagnols ne se sont pas lassés de celle-ci, et que rester au sein de l'Union est infiniment mieux que de s'en séparer et de s'isoler ».

Pour sa part, Daniel Calleja a certifié que la Commission européenne tient compte des données fournies par l'Eurobaromètre, puisqu'elle a présenté la veille le Plan pour un logement abordable et annoncé pour l'année prochaine un sommet européen sur le logement, même si celui-ci n'est pas prévu en tant que tel dans les traités. Un rendez-vous auquel seront invités pratiquement tous les interlocuteurs sociaux et institutionnels.

Enfin, si l'on juge ce que l'on pourrait appeler l'euro-optimisme, en fonction des avantages reçus, les citoyens les plus « reconnaissants » sont, dans l'ordre, ceux de Malte, du Portugal, de l'Irlande et de la Lituanie, tous avec plus de 90 %. L'Espagne, un peu à la traîne, mais dans le deuxième peloton de tête, apparaît avec un peu plus de 80 % des citoyens qui considèrent que leur appartenance à l'Union est très bénéfique.