Le Sahara marocain : Washington prépare le terrain pour un accord entre le Maroc et l'Algérie

Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas  - REUTERS/ DAVID DEE DELGADO
Conseil de sécurité des Nations Unies – REUTERS/DAVID DEE DELGADO

Un accord de paix entre le Maroc et l'Algérie a-t-il été conclu, comme l'avait annoncé les États-Unis avant la publication de la résolution 2797 du Conseil de sécurité en octobre 2025, lorsqu'ils avaient évoqué la possibilité de l'annoncer dans un délai de soixante jours ?

  1. Pas d'annonce de paix : approche progressive des États-Unis
  2. Résolution 2797 et cadre de négociation à l'ONU
  3. Visites et messages en Algérie : coopération et sécurité régionale
  4. Évolution récente de la position américaine
  5. Gestion du dossier et soutiens à l'autonomie

Pas d'annonce de paix : approche progressive des États-Unis

En réalité, cette annonce n'a pas encore été faite, mais elle a été remplacée par une série de mouvements politiques et diplomatiques américains calculés, qui s'inscrivent dans la logique du possible et visent à préparer progressivement le terrain pour un rapprochement entre le Maroc et l'Algérie.

Dans ce contexte, il semble clair que Washington aborde les relations entre le Maroc et l'Algérie avec une approche politique fondée sur la gestion des tensions et la création de conditions propices à la compréhension, plutôt que de se précipiter pour déclarer un accord de paix dont les conditions ne sont pas encore mûres.

Multitud de ciudadanos marroquíes celebrando la decisión del Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas del 31 de octubre de 2025
Une foule de citoyens marocains célébrant la décision du Conseil de sécurité des Nations unies du 31 octobre 2025

Résolution 2797 et cadre de négociation à l'ONU

Malgré l'absence d'annonce d'accord, il est évident que ces mesures s'inscrivent dans le processus politique qui a suivi l'adoption de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité, qui a considéré l'initiative d'autonomie du Maroc de 2007 comme « base » pour les prochaines négociations entre les parties au conflit — le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie — et l'a présentée comme la solution la plus réaliste au conflit régional le plus complexe d'Afrique du Nord, qui constitue depuis des décennies le nœud central des relations entre Rabat et l'Algérie.

Cependant, l'expiration du délai sans accord effectif montre que la situation n'est pas encore mûre, compte tenu des complexités existantes, ce qui explique l'adoption d'une approche visant à créer les conditions et à rapprocher les positions afin d'entamer les négociations au cours de la prochaine période entre les parties au conflit, conformément à la voie des Nations unies.

Visites et messages en Algérie : coopération et sécurité régionale

La visite de Moussa Fawaz, conseiller du président américain pour les affaires africaines et arabes, en Algérie il y a quelques jours, s'inscrit donc dans cette approche, d'autant plus qu'il a affirmé lors des réunions officielles « l'engagement commun à renforcer la coopération, notamment en ce qui concerne l'établissement de la paix et le traitement des préoccupations régionales et sécuritaires ». Cela signifie une volonté claire des États-Unis de réduire les tensions entre les deux pays, afin de mettre en œuvre les exigences de la résolution 2797 de l'ONU dans le cadre de la proposition marocaine d'autonomie.

La visite de Pauls s'inscrit donc dans une stratégie américaine progressive qui, d'une part, soutient la position du Maroc consacrée dans la dernière résolution de l'ONU et, d'autre part, cherche à gérer le différend entre le Maroc et l'Algérie avec calme, loin de toute escalade susceptible d'entraver la recherche d'une solution pratique et durable, partant de sa conviction que la fin du conflit est essentielle pour contrôler la stabilité en Afrique du Nord et protéger ses intérêts, dans un contexte de concurrence internationale croissante et d'alliances pragmatiques dans la région.

El embajador de Estados Unidos ante las Naciones Unidas, Michael Waltz, y otros embajadores votan a favor de una resolución durante una reunión del Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas en la sede de la ONU en la ciudad de Nueva York, Estados Unidos, el 17 de noviembre de 2025 - REUTERS/ EDUARDO MUÑOZ
L'ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Michael Waltz, et d'autres ambassadeurs votent en faveur d'une résolution lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies au siège de l'ONU à New York, aux États-Unis, le 17 novembre 2025 - REUTERS/ EDUARDO MUÑOZ

Évolution récente de la position américaine

Si l'on observe l'évolution de ces derniers mois, on constate que Washington a adopté une approche progressive pour aborder la question. Elle a commencé par présenter un projet de résolution américain en octobre 2025 en faveur de la proposition marocaine, puis a apporté son soutien à la résolution 2797 de l'ONU, pour aboutir à la réaffirmation continue de l'initiative d'autonomie par ses responsables.

Suivant la même logique, la position américaine ne peut être interprétée uniquement à partir des déclarations, mais aussi à partir des manœuvres diplomatiques discrètes, parmi lesquelles la coïncidence entre la nomination d'un nouvel ambassadeur américain à Rabat et la fin des fonctions de l'ambassadrice américaine en Algérie, mesures qui ne semblent pas isolées, mais reflètent un ordre diplomatique conforme aux exigences de la prochaine étape, largement liée au dossier du Sahara marocain.

Gestion du dossier et soutiens à l'autonomie

En définitive, la déclaration américaine sur un accord de paix entre le Maroc et l'Algérie ne s'est pas encore concrétisée, mais le dossier est aujourd'hui géré de manière progressive, en combinant pression politique et manœuvres diplomatiques discrètes. D'autre part, la proposition marocaine d'autonomie bénéficie du soutien continu des États-Unis, récemment renforcé par la position de l'Union européenne en faveur de l'autonomie, ce qui reflète un consensus international croissant autour de la solution marocaine et ouvre la voie à une plus grande stabilité en Afrique du Nord.

Amal Jabbour, journaliste en Jordanie