Réponse au Monde : vers une compréhension équilibrée du modèle marocain au Maghreb
- Introduction : pour un journalisme contextualisé
- Modernisation économique et infrastructures : réalisations en perspective comparative
- Développement humain et cohésion sociale : initiatives transformatrices
- Réformes juridiques et équilibre politique : un modèle gradualiste qui modernise tout en respectant l'islam modéré des Marocains
- Coopération internationale : le Maroc, un pont stratégique
- Perspectives d'avenir : défis et opportunités
- Conclusion : pour une analyse journalistique équilibrée
Introduction : pour un journalisme contextualisé
La récente série d'articles publiés par Le Monde sur le Maroc a profondément déçu ceux d'entre nous qui avons toujours apprécié la rigueur journalistique de ce journal. Face à une couverture qui semble privilégier le sensationnalisme plutôt que l'analyse contextualisée, il convient de présenter une évaluation fondée sur des faits vérifiables, des réalisations concrètes et des comparaisons régionales qui démontrent les progrès substantiels accomplis par le Maroc sous la direction du roi Mohammed VI. Il faut donc privilégier une analyse plus équilibrée qui tienne compte des différentes trajectoires maghrébines.
1. Modernisation économique et infrastructures : réalisations en perspective comparative
Progrès en matière d'infrastructures stratégiques :
- Train à grande vitesse Al Boraq : le Maroc dispose de la première ligne à grande vitesse d'Afrique, reliant Tanger et Casablanca, et la construction de la nouvelle ligne reliant Casablanca à Agadir via Marrakech a déjà commencé, révolutionnant ainsi les transports et la logistique. Ce projet emblématique contraste avec les systèmes ferroviaires moins développés des pays voisins.
- Port Tanger Med : devenu l'un des plus grands hubs logistiques de la Méditerranée et de l'Afrique, avec un volume de commerce largement supérieur à celui de ses voisins maghrébins, il attire des investissements massifs et renforce la coopération portuaire africaine.
- Port de Dakhla Atlantique : dans le cadre de sa vision stratégique pour le Sahara occidental, le Maroc développe le port de Dakhla Atlantique, un investissement de plus de 1,2 milliard de dollars destiné à transformer la région en un centre logistique clé. Ce port, capable de traiter jusqu'à 35 millions de tonnes par an, sera non seulement en concurrence avec les ports des Canaries, mais servira également de pierre angulaire à un « plan de développement transatlantique » visant à relier le Maroc et les pays du Sahel (tels que le Mali, le Niger et le Burkina Faso) par des corridors économiques, facilitant ainsi leur accès à l'Atlantique et favorisant le commerce intra-africain.
- Énergies renouvelables : le Maroc a misé sur des projets tels que le complexe solaire de Ouarzazate, se positionnant ainsi comme le leader africain en matière de durabilité énergétique, tandis que d'autres pays de la région restent plus dépendants des combustibles fossiles.
Croissance économique et touristique :
- Tourisme : le Maroc a connu une croissance touristique significative, dépassant largement les chiffres des pays voisins qui continuent de lutter pour relancer leur secteur touristique.
- Diversification économique : contrairement à la dépendance aux hydrocarbures qui caractérise certaines économies voisines, le Maroc a développé des secteurs tels que l'automobile, l'aéronautique et l'agriculture technologique, réduisant ainsi sa vulnérabilité aux chocs extérieurs.
2. Développement humain et cohésion sociale : initiatives transformatrices
Lutte contre la pauvreté et l'exclusion :
- Initiative nationale pour le développement humain (INDH) : ce programme structurel a amélioré la vie de millions de Marocains grâce à la construction d'écoles, d'hôpitaux et de centres de santé dans les zones marginalisées, représentant une approche globale qui mériterait une plus grande attention dans sa couverture.
- Accent mis sur la jeunesse et le genre : le Maroc a créé des instances consultatives sur la jeunesse et le genre au niveau régional, intégrant la société civile dans la planification du développement, un modèle qui contraste avec les approches plus centralisées d'autres pays de la région.
Un État ouvert et la participation citoyenne :
- Plans régionaux pour un gouvernement ouvert : plusieurs régions marocaines ont adopté des plans d'action pour la transparence et la participation citoyenne, comme celles de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, à quelques kilomètres de l'Europe, et celles de Marrakech et Rabat.
- Le ministre de l'Intérieur mène une lutte contre la corruption avec des objectifs mesurables, ce qui représente une avancée significative en matière de gouvernance régionale qui mérite d'être saluée.
3. Réformes juridiques et équilibre politique : un modèle gradualiste qui modernise tout en respectant l'islam modéré des Marocains
Évolution du cadre juridique :
Les transformations du Code de la famille (Moudawana) en 2004 et 2024 représentent une évolution progressive dans un contexte culturel spécifique, plaçant le Maroc à l'avant-garde des droits des femmes dans la région. Ces réformes, impulsées personnellement par le roi Mohammed VI, reflètent un projet social progressif mais constant qui équilibre modernité et tradition.
Gestion de l'alternance politique :
Le cas marocain offre un exemple remarquable de gestion de l'alternance politique, permettant la participation du PJD (Parti de la justice et du développement), qui représente de nombreuses formations et sensibilités islamistes, dans un cadre constitutionnel stable entre 2011 et 2021. Ce processus contraste avec d'autres expériences régionales, comme celles de l'Algérie et de la Tunisie, mais qui méritent également d'être analysées dans leur contexte spécifique, en évitant les conflits qui ont marqué d'autres nations de la région.
4. Coopération internationale : le Maroc, un pont stratégique
Partenariat avec l'Union européenne :
La coopération stratégique entre le Maroc et l'Union européenne mérite d'être étudiée en profondeur. Des accords commerciaux à la coopération en matière d'innovation et, surtout, à la gestion des migrations, cette relation montre comment un pays africain et maghrébin peut établir une collaboration multidimensionnelle avec l'Europe, au bénéfice des deux parties.
Rayonnement continental et diplomatie :
Le Maroc a réaffirmé son rôle d'acteur clé sur le continent africain, en promouvant des initiatives d'intégration et de développement qui profitent à toute la région. Sa réintégration dans l'Union africaine et sa participation active à des initiatives continentales reflètent une diplomatie pragmatique et constructive. Un exemple fondamental de cette diplomatie résolue est le plan d'autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara en 2007. Cette initiative, qui vise à établir une autonomie régionale sous souveraineté marocaine, a été soutenue par de nombreux pays, dont les États-Unis, la France, l'Espagne, l'Allemagne et le Portugal, qui la considèrent comme une base « sérieuse, réaliste et crédible » pour une solution. Bien que rejetée par le Front Polisario et l'Algérie, cette proposition démontre l'engagement du Maroc en faveur d'une solution pacifique et négociée, sous l'égide des Nations unies, à un conflit qui dure depuis des décennies.
Leadership humanitaire : le rôle du roi Mohammed VI à Gaza
Sous la direction personnelle de Sa Majesté le roi Mohammed VI, le Maroc a fait preuve d'un engagement humanitaire exceptionnel dans le conflit à Gaza. Le roi, en sa qualité de président du Comité Al-Qods, a :
- Mis en place un pont aérien humanitaire pour envoyer de l'aide médicale et alimentaire à la population de Gaza ;
- Créé un hôpital de campagne marocain à Gaza qui a soigné des milliers de blessés ;
- Promu des initiatives diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu et à une solution pacifique ;
- Mobilisé une aide médicale spécialisée, en envoyant des équipes de chirurgiens et de médecins marocains.
- Coordonné avec les organismes internationaux pour garantir la livraison effective de l'aide humanitaire.
Ces efforts reflètent l'engagement constant du Maroc envers la cause palestinienne et le rôle actif du Royaume en tant que médiateur humanitaire dans la région, sous la direction visionnaire de Sa Majesté le Roi.
5. Perspectives d'avenir : défis et opportunités
Le Maroc est confronté à des défis importants sur la voie du développement, notamment :
- La nécessité de réduire les inégalités sociales et régionales.
- La promotion de la transformation numérique de l'économie et de l'administration.
- La gestion durable des ressources en eau dans un contexte de changement climatique.
- Le renforcement de l'État de droit et la lutte contre la corruption.
- La modernisation des lois afin de permettre davantage de libertés individuelles dans une société conservatrice.
Cependant, le pays dispose d'atouts significatifs pour relever ces défis :
- Une position géopolitique stratégique entre l'Europe et l'Afrique.
- Des institutions stables et un leadership continu.
- Une population jeune et de mieux en mieux formée.
- Des alliances internationales solides et diversifiées.
Conclusion : pour une analyse journalistique équilibrée
Chers journalistes du Monde, je vous invite à envisager une approche journalistique plus globale qui examine les différentes trajectoires maghrébines dans une perspective comparative. Une analyse qui prendrait en compte à la fois les réalisations et les défis du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie et d'autres pays africains et islamiques permettrait à vos lecteurs de se forger une vision plus nuancée de la région.
Sous la direction de Mohammed VI, le Maroc a développé un modèle particulier qui combine réformes progressives et stabilité institutionnelle, réalisant des progrès significatifs en matière d'infrastructures, de développement humain et de coopération internationale. Si des défis persistent, comme dans tout pays en développement, les réalisations des deux dernières décennies sont indéniables et méritent d'être analysées avec rigueur et dans leur contexte.
La richesse du Maroc réside précisément dans sa diversité et dans les différents modèles de développement qui émergent dans chaque région. Un journalisme qui rendrait compte de cette complexité, en évitant les simplifications et les généralisations, contribuerait mieux à la compréhension internationale d'une région cruciale pour l'Europe.
J'espère que les futurs reportages refléteront cette pluralité d'expériences et reconnaîtront les progrès du Maroc dans son contexte régional, en honorant la tradition de rigueur journalistique qui a toujours caractérisé votre prestigieux média.
