Rapport spécial : La chute de l'État mafieux
Analyse géopolitique, juridique et militaire de l'inculpation et de l'arrestation de Nicolás Maduro Moros
La fin de l'immunité souveraine comme bouclier
- Chapitre I : L'architecture juridique de l'affaire S2 11 Cr. 205
- Chapitre II : Le Cartel des Soleils – La fusion de l'État et du crime
- Chapitre III : Le rôle du juge Alvin Hellerstein et la bataille juridique à New York
- Chapitre IV : De la pression à l'action cinétique (2025-2026)
- Chapitre V : La nuit des généraux (3 janvier 2026)
- Chapitre VI : Répercussions mondiales et débat sur la souveraineté
- Conclusions : le nouveau paradigme de la justice extraterritoriale
L'aube du 3 janvier 2026 a non seulement marqué la fin de facto de l'hégémonie politique de Nicolás Maduro Moros au Venezuela, mais elle a également établi un précédent juridique et militaire sans précédent dans l'hémisphère occidental depuis l'invasion du Panama en 1989. L'exécution de l'opération « Southern Spear » (Lance du Sud), qui s'est soldée par l'extraction forcée du chef de l'État vénézuélien par des unités d'élite américaines, représente la cristallisation cinétique d'une architecture juridique méticuleusement construite pendant plus d'une demi-décennie par le ministère américain de la Justice (DOJ).
A Nicolás Maduro se le aplicó un perp walk tras su detención y fue trasladado esposado a la sede central de la DEA. El perp walk es la escenificación pública de un detenido caminando bajo custodia ante la prensa. No es un requisito legal, sino una decisión policial con fuerte… pic.twitter.com/V37IfJeZGJ
— David Alandete (@alandete) January 4, 2026
Ce rapport exhaustif dissèque les dimensions juridiques, politiques et opérationnelles de cet événement historique. Il analyse comment l'acte d'accusation (indictment) présenté en mars 2020 par le parquet du district sud de New York (SDNY) a servi de pierre angulaire juridique qui a privé le régime vénézuélien de sa légitimité internationale, le reclassant de gouvernement souverain à « entreprise criminelle conjointe » (Joint Criminal Enterprise) en vertu de la doctrine du narcoterrorisme. À travers un examen détaillé des dossiers judiciaires, de la jurisprudence du juge Alvin K. Hellerstein et de la chronologie de l'escalade militaire, il est démontré que la capture de Maduro n'était pas un acte impulsif de politique étrangère, mais l'exécution finale d'un processus judiciaire extraterritorial qui redéfinit les limites de la souveraineté nationale face au crime organisé transnational.
Chapitre I : L'architecture juridique de l'affaire S2 11 Cr. 205
Le fondement opérationnel de l'intervention américaine ne réside pas dans une déclaration de guerre conventionnelle, mais dans le dossier pénal United States v. Nicolás Maduro Moros et al., déposé auprès du tribunal fédéral du district sud de New York. Ce document, révélé au monde entier le 26 mars 2020 par le procureur général de l'époque, William Barr, n'était pas simplement un outil de pression diplomatique, mais un instrument juridique conçu pour activer des juridictions extraterritoriales en vertu de lois fédérales spécifiques.
1.1. Anatomie de l'accusation : au-delà du trafic de drogue
L'acte d'accusation formel reproche à Nicolás Maduro et à 14 autres hauts fonctionnaires vénézuéliens — dont Diosdado Cabello Rondón, Vladimir Padrino López et Maikel Moreno — d'avoir transformé l'État vénézuélien en une plateforme logistique pour le terrorisme et le trafic de drogue. Contrairement aux affaires traditionnelles contre les barons de la drogue, où l'objectif est le profit, le ministère public américain a présenté une théorie de l'affaire fondée sur la « guerre asymétrique ».
Les procureurs du SDNY, dirigés à l'époque par Geoffrey Berman puis par Damian Williams, ont fait valoir que le complot mené par Maduro avait un double objectif : l'enrichissement illicite et, surtout, l'utilisation de la cocaïne comme « arme » stratégique contre les États-Unis. Cette distinction est essentielle, car elle permet d'invoquer la loi sur le narcoterrorisme (21 U.S.C. § 960a), qui confère aux tribunaux américains une compétence mondiale sur toute personne participant à des activités de trafic de drogue qui profitent à des organisations terroristes ou qui ont pour but de nuire à la sécurité nationale des États-Unis.
Les quatre chefs d'accusation
L'acte d'accusation structure la responsabilité pénale de Maduro en quatre chefs d'accusation spécifiques, chacun visant à resserrer l'étau juridique autour de ses activités en tant que chef d'État de facto :
1. Participation à un complot de narcoterrorisme (premier chef d'accusation) : Il s'agit du chef d'accusation le plus grave et le plus novateur. Maduro est accusé d'avoir dirigé le cartel des Soleils et d'avoir conclu une alliance stratégique avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis au moins 1999. L'accusation soutient que cette alliance n'était pas fortuite, mais structurelle. Le cartel des Soleils fournissait des armes, une protection de l'État et l'utilisation d'infrastructures (ports et aéroports), tandis que les FARC fournissaient la cocaïne et la force paramilitaire. La peine minimale obligatoire pour cette accusation est de 20 ans de prison, avec une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité.
2. Complot en vue d'importer de la cocaïne aux États-Unis (deuxième chef d'accusation) : en vertu de l'article 963 du titre 21 du Code des États-Unis, Maduro est accusé d'avoir intentionnellement conspiré pour envoyer des milliers de tonnes de cocaïne sur le sol américain. Les preuves invoquées comprennent la coordination de vols depuis des bases aériennes vénézuéliennes vers des pistes clandestines au Honduras et dans les Caraïbes, avec pour destination finale les États-Unis. Le ministère public documente des incidents spécifiques, tels que la saisie d'avions chargés de cocaïne qui ont décollé sous la protection officielle du Venezuela.
3. Possession de mitrailleuses et d'engins destructeurs (troisième chef d'accusation) : cette accusation lie directement l'appareil militaire de l'État à l'activité criminelle. Maduro et ses complices sont accusés de posséder et d'utiliser des armes de guerre — mitrailleuses, lance-grenades et missiles sol-air — pour protéger les cargaisons de drogue. L'utilisation des ressources militaires de l'État à des fins de trafic de drogue aggrave la nature du crime, éliminant ainsi l'argument selon lequel les armes étaient destinées à la « défense nationale ».
4. Conspiration en vue de posséder des mitrailleuses et des engins destructeurs (quatrième chef d'accusation) : un chef d'accusation dérivé qui renforce la conspiration violente, garantissant que même l'accord visant à utiliser ces armes pour soutenir le narcoterrorisme soit passible de peines sévères, y compris la prison à vie.
1.2. La théorie de l'« inondation » et le terrorisme asymétrique
L'un des aspects les plus singuliers et les plus agressifs de l'accusation est la motivation attribuée aux accusés. Selon le ministère de la Justice, l'objectif explicite de l'alliance entre le Cartel des Soleils et les FARC était d'« inonder » (flood) les États-Unis de cocaïne.
Les procureurs soutiennent que lors de réunions documentées par des informateurs confidentiels, les dirigeants du cartel ont exprimé leur intention de déstabiliser la société américaine en augmentant la toxicomanie et la violence associée à la drogue, tout en finançant l'insurrection armée des FARC pour attaquer les intérêts américains en Colombie. Ce récit transforme le trafic de drogue d'un simple délit de santé publique ou de crime organisé en un acte de guerre hybride.
En présentant les actions de Maduro comme une attaque délibérée contre la population civile américaine à l'aide de substances chimiques (cocaïne et, plus récemment, accusations de fentanyl), le DOJ a construit un argument moral et juridique qui a facilité la classification du régime non pas comme un gouvernement hostile, mais comme une organisation terroriste transnationale. Cela a été essentiel pour justifier, des années plus tard, le recours à la force militaire pour sa capture, sous le prétexte de la légitime défense nationale.
Chapitre II : Le Cartel des Soleils – La fusion de l'État et du crime
Pour comprendre l'ampleur de l'accusation, il est impératif de disséquer l'entité criminelle que le ministère public place au centre du complot : le Cartel des Soleils. Contrairement aux organisations criminelles traditionnelles telles que le Cartel de Sinaloa ou le Clan del Golfo, le Cartel des Soleils n'est pas une structure externe qui corrompt l'État ; il est l'État lui-même.
2.1. Genèse et structure organisationnelle
Le terme « Cartel des Soleils » fait référence aux insignes en forme de soleil que portent les généraux de la Force armée nationale bolivarienne (FANB) sur leurs épaulettes. L'enquête américaine indique que cette organisation ne fonctionne pas selon une hiérarchie criminelle verticale traditionnelle, mais comme un réseau de cellules infiltrées dans les branches du pouvoir public et militaire vénézuélien.
L'accusation détaille une évolution sinistre : ce qui a commencé dans les années 90 comme une corruption localisée au sein de la Garde nationale pour permettre le passage de drogues s'est transformé sous le chavisme en une politique d'État non officielle. Selon le DOJ, Hugo Chávez, puis Nicolás Maduro, ont institutionnalisé le trafic de drogue comme un outil d'État pour financer des opérations secrètes, acheter la loyauté des militaires et saper l'influence des États-Unis dans la région.
2.2. Modus operandi : la logistique du narcoterrorisme
La symbiose entre le Cartel des Soleils et les FARC est le moteur opérationnel décrit dans l'acte d'accusation.
● Division du travail : les FARC contrôlaient la culture et la transformation de la cocaïne dans les laboratoires situés dans la jungle colombienne et à la frontière vénézuélienne. Une fois la drogue passée à la frontière, le Cartel des Soleils en prenait la garde, utilisant des véhicules militaires et des escortes officielles pour la transporter vers les points de sortie.
● Infrastructure publique : contrairement aux narcotrafiquants qui construisent des pistes clandestines précaires, le Cartel des Soleils utilisait, selon le ministère public, des infrastructures officielles. Il est fait mention de l'utilisation de la base aérienne Libertador à Maracay, de l'aéroport international de Maiquetía et même de la rampe présidentielle (la « Rampa 4 ») pour expédier des vols chargés de drogue vers l'Amérique centrale et les Caraïbes sans passer par les contrôles douaniers.
● Armes contre drogue : un élément essentiel de l'accusation concerne la fourniture d'armes. Maduro et ses généraux sont accusés d'avoir détourné des armes de l'arsenal de la FANB — notamment des fusils d'assaut, des munitions et des systèmes de défense aérienne portables (MANPADS) — au profit des FARC, en guise de paiement pour la cocaïne ou pour renforcer la capacité de la guérilla contre l'État colombien.
Chapitre III : Le rôle du juge Alvin Hellerstein et la bataille juridique à New York
L'attribution de l'affaire au juge fédéral Alvin K. Hellerstein dans le district sud de New York (SDNY) n'était pas une simple formalité administrative, mais un facteur déterminant dans la viabilité juridique de la stratégie américaine. Hellerstein, connu pour sa rigueur et son expérience dans les affaires de sécurité nationale, est devenu l'arbitre central des litiges sur l'immunité souveraine qui ont ouvert la voie à la capture.
3.1. Le précédent Cliver Alcalá
Avant que Maduro ne foule le sol américain, le juge Hellerstein avait déjà établi une jurisprudence cruciale dans l'affaire connexe contre le général Cliver Alcalá Cordones. Alcalá, ancien major général de l'armée vénézuélienne et co conspirateur dans la même mise en accusation, a été extradé vers les États-Unis et sa défense a tenté de faire rejeter les charges en invoquant l'immunité souveraine, arguant que ses actions (même si elles impliquaient des drogues) avaient été menées dans le cadre de ses fonctions officielles de général, sur ordre de l'État.
Dans une décision historique rendue en juin 2023, Hellerstein a catégoriquement rejeté cette défense. Il a statué que « l'immunité souveraine ne protège pas un État rebelle ou des fonctionnaires rebelles » lorsque leurs actions violent de manière flagrante les lois fédérales américaines et les normes internationales impératives (ius cogens) telles que l'interdiction du trafic de drogue. Le juge a fait valoir :
« Nous ne sommes pas confrontés à un comportement criminel ordinaire. Nous avons affaire à un comportement criminel au plus haut niveau du gouvernement, qui cherche à utiliser l'appareil d'État à des fins de narcoterrorisme. »
Cette décision a détruit le bouclier juridique que Maduro espérait utiliser. Elle a établi qu'en vertu de la loi américaine, un fonctionnaire étranger perd son immunité fonctionnelle si son comportement s'écarte vers des activités criminelles transnationales qui menacent la sécurité des États-Unis. Lorsque Alcalá a plaidé coupable et a été condamné à plus de 21 ans de prison, la théorie du ministère public a été validée et un message clair a été envoyé à Miraflores : le titre de « président » ne serait pas un obstacle insurmontable devant le tribunal du district sud de New York.
3.2. L'exception de criminalité
Le parquet du SDNY a perfectionné l'utilisation de l'« exception de criminalité » dans la doctrine de l'immunité. Il fait valoir que la reconnaissance diplomatique est une prérogative de l'exécutif (la Maison Blanche), et non du judiciaire. Étant donné que les États-Unis, sous les administrations Trump et Biden, ont remis en question et finalement rejeté la légitimité de la réélection de Maduro en 2018 et 2024, le statut de « chef d'État » de Maduro était, aux yeux de la loi américaine, inexistant ou contesté.
En traitant le régime non pas comme un gouvernement légitime, mais comme une organisation criminelle contrôlant un territoire (de facto), le DOJ a pu appliquer des outils juridiques conçus pour les mafias et les groupes terroristes (tels que la loi RICO et les statuts sur le narcoterrorisme) à l'ensemble des dirigeants du gouvernement vénézuélien.
Chapitre IV : De la pression à l'action cinétique (2025-2026)
Si la base juridique a été établie en 2020, la volonté politique d'exécuter une capture militaire directe s'est concrétisée avec le retour de Donald Trump à la présidence et le durcissement de la position américaine envers le Venezuela en 2025. L'échec des stratégies de « double pouvoir » (le gouvernement intérimaire de Guaidó) et l'échec des négociations de la Barbade ont conduit Washington à conclure que la seule issue était la décapitation du régime par la force.
4.1. L'escalade : récompenses et désignations
En août 2025, le département d'État a pris une mesure sans précédent : il a augmenté la récompense pour toute information menant à la capture de Nicolás Maduro de 15 millions à 50 millions de dollars. Ce montant a placé Maduro en tête de la liste des personnes les plus recherchées au monde, devant les dirigeants historiques d'organisations terroristes.
Simultanément, le département du Trésor et le ministère de la Justice ont reclassé le Cartel des Soleils. Ils n'étaient plus seulement considérés comme des trafiquants de drogue désignés en vertu de la loi Kingpin, mais ont commencé à être traités dans le cadre juridique de la lutte contre le terrorisme, ce qui a assoupli les règles d'engagement (ROE) pour les forces militaires américaines. Cette désignation a permis au Pentagone de planifier non seulement des opérations de police, mais aussi des actions militaires directes.
4.2. Opération « Southern Spear » (Lance du Sud)
À la fin de l'année 2025, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé le lancement de l'opération Southern Spear. Présentée publiquement comme une campagne massive de surveillance et de lutte contre le trafic de drogue dans les Caraïbes, elle a en réalité servi de couverture opérationnelle pour le positionnement d'actifs d'attaque stratégiques.
● Le blocus naval : la marine américaine a déployé le groupe aéronaval du porte-avions USS Gerald R. Ford (CVN-78) et plusieurs destroyers de classe Arleigh Burke dans les eaux des Caraïbes, créant ainsi un blocus naval de facto au large des côtes vénézuéliennes.
● Guerre des drones : En décembre 2025, des attaques chirurgicales menées à l'aide de drones, attribuées à la CIA et aux forces spéciales, ont commencé à détériorer les infrastructures du Cartel des Soleils, frappant les installations portuaires et les entrepôts de drogue sur la côte vénézuélienne, testant les défenses aériennes du régime sans engager de troupes au sol.
Chapitre V : La nuit des généraux (3 janvier 2026)
La phase finale de la stratégie a été mise en œuvre à l'aube du 3 janvier 2026. Profitant d'une fenêtre météorologique favorable et des renseignements humains (HUMINT) fournis vraisemblablement par des déserteurs internes motivés par la récompense d'un million de dollars, le Commandement des opérations spéciales conjointes (JSOC) a reçu l'ordre de passer à l'action.
5.1. Exécution tactique : précision et force écrasante
Vers 2 heures du matin, heure locale (VET), une série d'explosions coordonnées a secoué des points névralgiques de Caracas et de l'État de La Guaira. Les cibles n'étaient pas des civils, mais les centres de gravité du pouvoir militaire et prétorien qui protégeaient Maduro.
● Suppression des défenses (SEAD) : des missiles de croisière et des frappes aériennes ont neutralisé les systèmes de défense antiaérienne (probablement des systèmes russes S-300 et Buk-M2) situés à la base aérienne de La Carlota et aux alentours de Fuerte Tiuna, le complexe militaire fortifié où résidaient le haut commandement et Maduro lui-même.
● L'incursion de la Force Delta : Alors que le chaos régnait dans les communications militaires vénézuéliennes — coupées ou interceptées par la guerre électronique américaine —, des opérateurs de la Force Delta (1st Special Forces Operational Detachment-Delta) ont effectué une insertion héliportée directe dans le complexe de Fuerte Tiuna. Cette unité, célèbre pour son opération contre Abu Bakr al-Baghdadi, est spécialisée dans les missions de « capture ou élimination » de cibles de grande valeur (HVT).
● Sécurisation et extraction : la résistance a été rapidement neutralisée. Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores (également accusée de trafic de drogue et de corruption), ont été sécurisés par les opérateurs américains. Au cours d'une opération qui a duré moins d'une heure au sol, ils ont été extraits à bord d'hélicoptères lourds (probablement des MH-47 Chinooks modifiés) vers les eaux internationales.
5.2. Destination : l'USS Iwo Jima et New York
Après leur extraction, Maduro et Flores ont été transférés sur le navire d'assaut amphibie USS Iwo Jima (LHD-7), qui servait de plate-forme de commandement et de contrôle dans les Caraïbes. Là, sous garde militaire et fédérale, la procédure formelle d'arrestation et de poursuite a été engagée avant leur transfert final par avion vers le territoire continental des États-Unis.
Le président Trump a confirmé l'opération à 4 h 26 du matin sur son réseau social Truth Social, déclarant : « Les États-Unis d'Amérique ont mené avec succès une attaque à grande échelle contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolás Maduro, qui a été, avec son épouse, capturé et emmené hors du pays. » Cette confirmation a immédiatement déclenché une tempête géopolitique.
Chapitre VI : Répercussions mondiales et débat sur la souveraineté
La capture d'un chef d'État en exercice par une opération militaire étrangère est un événement sismique dans les relations internationales. Les réactions ont reflété la fracture de l'ordre mondial multipolaire.
6.1. L'axe de la résistance : condamnation absolue
Les alliés stratégiques de Maduro ont réagi avec indignation et crainte, interprétant l'opération comme une menace existentielle pour leurs propres régimes.
● Russie : Le Kremlin a publié des communiqués urgents exigeant des « éclaircissements immédiats » et qualifiant cette action de violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et du droit international. Moscou y voit un précédent dangereux qui pourrait s'appliquer à d'autres dirigeants adversaires de Washington.
● Chine : Pékin a condamné les « actes hégémoniques » des États-Unis et a appelé au respect de la Charte des Nations unies, bien que sa réaction ait été plus mesurée dans sa rhétorique, axée sur la stabilité de ses investissements.
● Iran et Cuba : Ils ont dénoncé l'opération comme étant du « terrorisme d'État » et un acte de piraterie internationale, mettant en garde contre les conséquences pour la stabilité régionale.
6.2. L'ambiguïté occidentale et latino-américaine
● Union européenne : La réponse de Bruxelles a été un exercice d'équilibre diplomatique. Kaja Kallas, haute représentante de l'UE, a appelé à la « modération » et au respect du droit international, mais a évité de condamner explicitement la capture, rappelant que l'UE ne reconnaissait pas la légitimité démocratique de Maduro.
● Amérique latine : La région s'est divisée. Le président brésilien Lula da Silva a sévèrement critiqué cette action, la qualifiant de « franchissement inacceptable d'une ligne rouge » qui viole la tradition de non-ingérence en Amérique du Sud. La Colombie, sous Gustavo Petro, a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU, craignant un débordement du conflit et une nouvelle vague migratoire.
6.3. Le débat constitutionnel aux États-Unis
Sur le plan interne, l'opération a relancé le débat sur les pouvoirs de guerre. L'administration Trump n'a pas demandé l'autorisation préalable du Congrès, informant les dirigeants législatifs (« Gang of Eight ») seulement lorsque l'opération était déjà en cours. Les législateurs démocrates et libertariens ont présenté des résolutions remettant en question la légalité de l'attaque au titre de la résolution sur les pouvoirs de guerre de 1973, arguant qu'il s'agissait d'un acte de guerre non autorisé. La Maison Blanche a défendu la légalité de l'action en se fondant sur l'article II de la Constitution (pouvoirs du commandant en chef en matière d'autodéfense) et sur les statuts autorisant l'usage de la force contre les terroristes, compte tenu de l'accusation de narcoterrorisme.
Conclusions : le nouveau paradigme de la justice extraterritoriale
La capture de Nicolás Maduro marque la fin d'une époque et le début d'une autre, beaucoup plus incertaine. Sur le plan juridique, elle consolide la doctrine selon laquelle la « souveraineté » n'est pas un bouclier absolu contre la justice américaine lorsqu'un État se transforme en une entreprise criminelle transnationale. Le procès qui s'annonce dans le district sud de New York, sous la supervision du juge Hellerstein, ne sera pas seulement un procès contre un homme, mais une autopsie publique de la manière dont un pays tout entier a été pris en otage par le crime organisé.
Pour le Venezuela, le vide de pouvoir immédiat présente des risques existentiels de guerre civile, mais aussi la première véritable occasion depuis des décennies de démanteler l'État mafieux. Sans la figure de Maduro pour arbitrer les différends entre les factions du Cartel des Soleils, il est probable que la structure criminelle implose, les généraux cherchant à conclure des accords de dénonciation avec les États-Unis pour se sauver.
L'opération Southern Spear montre que, pour les États-Unis, la distinction entre « guerre », « police » et « justice » s'est estompée dans la lutte contre les narco-États, créant un précédent qui aura des répercussions dans toutes les capitales que Washington considère comme hostiles. Le message est sans équivoque : il n'y a pas de sanctuaire, même derrière les murs d'un palais présidentiel.
Références
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Ce n'est pas un cartel à proprement parler - PBS, https://www.pbs.org/newshour/world/u-s-set-to-label-maduro-tied-cartel-de-los-soles-as-a-terror-organization-its-not-a-cartel-per-se 11. Depuis sa prison américaine, le général vénézuélien qui a défié Maduro attend une peine potentiellement longue, https://www.ksat.com/news/politics/2024/03/12/from-us-jail-venezuelan-general-who-defied-maduro-awaits-potentially-lengthy-sentence/ 12. District sud de New York | Un ancien général vénézuélien condamné à 260 mois de prison pour avoir fourni un soutien matériel aux FARC | Ministère américain de la Justice, https://www.justice.gov/usao-sdny/pr/former-venezuelan-general-sentenced-260-months-prison-providing-material-support-farc 13. Ancien général vénézuélien condamné à 21 ans de prison aux États-Unis - MercoPress, https://en.mercopress.com/2024/04/09/former-venezuelan-general-sentenced-to-21-years-in-a-us-jail 14. 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Les États-Unis frappent le Venezuela et affirment que son dirigeant a été capturé et emmené hors du pays, https://apnews.com/article/venezuela-us-explosions-caracas-ca712a67aaefc30b1831f5bf0b50665e 19. Opération Southern Spear - Wikipédia, https://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Southern_Spear 20. Les États-Unis frappent le Venezuela et capturent le président Maduro, https://www.longwarjournal.org/archives/2026/01/united-states-strikes-venezuela-captures-president-maduro.php 21. Les États-Unis frappent le Venezuela : le président Maduro capturé par la Delta Force américaine ; rôle de l'unité spéciale dans la mort d'al-Baghdadi, https://timesofindia.indiatimes.com/world/rest-of-world/us-strikes-venezuela-president-maduro-captured-by-us-delta-force-special-units-role-in-al-baghdadi-killing/articleshow/126320280.cms 22. Les États-Unis lancent des frappes militaires contre le Venezuela, Trump annonce que Maduro a été capturé et exilé hors du pays, https://www.cbsnews.com/live-updates/venezuela-us-military-strikes-maduro-trump/ 23. Les États-Unis lancent des frappes contre le Venezuela et annoncent que son dirigeant, Maduro, a été capturé et exfiltré du pays, https://www.pbs.org/newshour/world/us-strikes-venezuela-and-says-its-leader-maduro-has-been-captured-and-flown-out-of-the-country 24. Première photo de Maduro après son arrestation : la Delta Force américaine a-t-elle arrêté le président vénézuélien Nicolas Maduro ? Trump revendique la capture | Ce que nous savons jusqu'à présent, https://sundayguardianlive.com/news/first-photo-of-maduro-after-arrest-did-us-delta-force-detain-venezuelas-president-nicolas-maduro-trump-claims-capture-what-we-know-so-far-163149/ 25. Attaque contre le Venezuela : ce que nous savons jusqu'à présent alors que Trump revendique la capture de Maduro..., https://www.theguardian.com/world/2026/jan/03/venezuela-attack-what-we-know-so-far-as-trump-claims-maduro-captured 26. Trump annonce la capture de Maduro alors que la Russie, l'Iran et d'autres pays réagissent à l'attaque américaine, https://www. rferl.org/a/maduro-venezuela-trump-capture-trial-russia-iran-europe-china/33639101.html 27. « Actes hégémoniques » : la Chine fustige les États-Unis pour leurs frappes contre le Venezuela et la capture de Maduro, https://www.aa.com.tr/en/americas/-hegemonic-acts-china -slams-us-for-strikes-against-venezuela-capturing-maduro/3788866 28. L'ONU et la Chine condamnent l'attaque américaine contre le Venezuela - Florida Politics, https://floridapolitics.com/archives/771434-un-china-condemn-u-s-venezuela-strike/ 29. La réaction mondiale aux frappes américaines contre le Venezuela comprend des condamnations et des inquiétudes pour les ressortissants étrangers, https://www.cbsnews.com/news/us-strikes-venezeula-trump-maduro-international-reaction/ 30. Dernières nouvelles : les États-Unis frappent le Venezuela et capturent Maduro et sa femme, https://www.kvue.com/article/syndication/associatedpress/the-latest-us -strikes-venezuela-captures-maduro-and-his-wife/616-f4f83178-dc9d-4707-a561-6dae0a32f440 31. McGovern, Massie et Castro présentent une résolution bipartite sur les pouvoirs de guerre afin de bloquer l'escalade des hostilités de l'administration Trump envers le Venezuela | Chambre des représentants des États-Unis, https://mcgovern.house.gov/news/documentsingle.aspx?DocumentID=400277 32. Perry World House Q&A avec William Burke-White : Comprendre les ramifications juridiques des frappes américaines contre le Venezuela, https://perryworldhouse.upenn.edu/news-and-insight/perry-world-house-qa-with-william-burke-white-understanding-the-legal-ramifications-of-u-s-strikes-against-venezuela/ 33. Trump Offers First Legal Justification for Venezuela Boat Strike - Lawfare, https://www.lawfaremedia.org/article/trump-offers-first-legal-justification-for-venezuela-boat-strike