Sahara occidental : quand le débat n'est plus binaire
- Front Polisario : stabilité juridique
- Maroc : souveraineté et pragmatisme
- Mouvement sahraoui pour la paix : la troisième voie
- Conseil de sécurité : décision préservée
- Controverse dans la réalisation de la transformation
Pendant des décennies, ce dossier est resté prisonnier d'un double affrontement entre le Maroc et le Front Polisario. Sauf que ce pneu a commencé à se déchirer aujourd'hui. Outre la revendication d'indépendance et l'affirmation marocaine de souveraineté, une troisième voix s'est élevée du désert, celle du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU continue de violer la politique du mystère calculé. Il n'est plus possible d'expliquer le conflit selon un seul axe.
Front Polisario : stabilité juridique
Le Front Polisario continue de défendre une interprétation strictement juridique du conflit. Pour lui, le Sahara occidental reste une région qui ne jouit pas d'une autonomie et qui traverse une période de transition coloniale incomplète, et toute solution qui n'inclut pas l'ouverture du choix de l'indépendance est, selon lui, une violation du droit international.
Dans une lettre récente adressée au président du Conseil de sécurité, le porte-parole du Front a déclaré que la résolution 2797 ne reconnaît aucune souveraineté marocaine sur la région et ne peut être interprétée comme approuvant des propositions unilatérales. Ces positions s'appuient sur des décisions historiques des Nations unies et sur l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en 1975.
Cependant, cette harmonie juridique se heurte de plus en plus à l'évolution de l'approche internationale. Dans un système multipartite qui privilégie la stabilité et la gestion des risques, le Front Polisario court le risque de se retrouver engagé à défendre la légitimité juridique sans offrir d'issue politique immédiate.
Maroc : souveraineté et pragmatisme
Contrairement à cette vision, le Maroc maintient une ligne claire : le Sahara fait partie intégrante de son territoire et la question de la souveraineté, selon lui, est totalement hors de contrôle. À partir de maintenant, le projet d'autonomie, proposé en 2007, est présenté comme la seule solution politique viable, Rabat le qualifiant de « sérieux, crédible et réaliste ».
Le Maroc met en avant le développement économique et social des régions méridionales, ainsi que le soutien international croissant à son initiative, en particulier de la part des pays qui placent la stabilité régionale au Maroc et dans la région côtière parmi leurs priorités. Pour ces pays, l'autonomie semble être une solution pragmatique à un différend de longue date.
Cependant, l'attitude marocaine ne laisse aucune marge de manœuvre. La résolution 2797, à l'instar des résolutions précédentes, évite toute reconnaissance explicite de la souveraineté. L'insistance sur l'autonomie comme seule perspective laisse également une marge limitée pour tenir compte d'autres sensibilités au Sahara qui ne se retrouvent ni dans le discours du Front Polisario ni dans la proposition officielle marocaine.
Mouvement sahraoui pour la paix : la troisième voie
C'est dans cet espace intermédiaire qu'émerge le Mouvement sahraoui pour la paix. Il s'agit d'un mouvement relativement moderne, qui cherche à rompre avec la logique d'affrontement héritée du passé. Son discours est axé sur la sortie du conflit, la gouvernance locale et la rupture sociale qu'un résident distrait a vécue pendant près d'un demi-siècle.
Le mouvement ne nie pas le principe de l'information sur le destin, mais l'interprète comme un résultat politique et non comme une procédure à huis clos. L'autonomie est considérée comme une option possible, une condition qui se compare aux véritables garanties institutionnelles, à la représentation plurielle et à la possession réelle du pouvoir par les déserts. Et cette approche, bien que limitée dans sa propagation, commence à trouver un écho dans certains milieux diplomatiques, conformément à l'esprit de la résolution 2797.
Conseil de sécurité : décision préservée
Face à ces situations contrastées, le Conseil de sécurité opte pour un mystère délibéré. La résolution 2797 réaffirme le principe de la présentation de rapports sur le sort, sans identifier ses mécanismes ni ses modèles institutionnels, et aborde une solution politique « acceptable par toutes les parties », sans imposer de fonds spécifiques.
Et cette approche ne reflète pas tant la fréquence qu'une stratégie consciente. Dans un contexte d'instabilité dans la région côtière et de tensions géopolitiques croissantes, la priorité du Conseil reste d'éviter l'escalade et de maintenir une harmonie minimale entre ses membres.
Controverse dans la réalisation de la transformation
Selon lui, les mises à jour les plus importantes de la phase postérieure à la résolution 2797 sont les multiples votes au sein du débat. Le Sahara occidental n'est plus seulement un combat entre indépendance et souveraineté, mais a ouvert une intersection où se côtoient l'orthodoxie juridique du Front Polisario, le pragmatisme souverain du Maroc, la réalité croissante du Mouvement sahraoui pour la paix et la diplomatie prudente du Conseil de sécurité.
La question reste ouverte de savoir si cette réorganisation aboutira à une solution permanente ou si elle prolongera, sous de nouvelles formes, un long conflit gelé. Une chose est toutefois claire : le Sahara occidental est entré dans une phase de transition, où la décision sera moins liée à des slogans historiques qu'à la capacité réelle de parvenir à un accord acceptable.
