2026, sans ordre international
L'arrivée de la nouvelle année 2026 a apporté son lot de nouveaux événements qui s'inscrivent dans la dynamique engagée ces derniers mois de changement de l'ordre mondial, dans la mise à l'écart des règles qui ont régit les relations internationales dans la grande majorité des cas au cours des 75 dernières années et qui sont désormais dépassées par la décision des grandes puissances d'agir selon leurs propres intérêts.
Le Venezuela est un exemple évident de pragmatisme, il ne s'agit pas seulement de pétrole. C'est une question de pouvoir. Nous parlons des États-Unis, de la Russie et de la Chine qui agissent de leur propre chef sans se conformer strictement au droit international et aux relations multilatérales, tout en donnant l'impression d'avoir entre eux une sorte d'accord tacite pour se répartir leurs zones d'intérêt.
L'Europe n'a pas été invitée
La déclaration du président chinois, Xi Jinping, avant l'intervention au Venezuela, avait deux facettes : la nécessité de promouvoir la paix et la coopération internationales dans un monde marqué par l'instabilité et la réunification avec Taïwan comme cause historique imparable.
Après avoir mené des manœuvres militaires intimidantes à l'encontre de Taïwan, les dirigeants chinois insistent sur les relations pacifiques, mais ce qui compte, c'est ce que dit le plus haut dirigeant chinois : Taïwan est une cause historique imparable.
C'est une question de temps
On s'interroge désormais sur l'influence que peuvent avoir les événements au Venezuela sur les ambitions des autres superpuissances. Taïwan est cruciale pour la sécurité des États-Unis et la fabrication de puces électroniques, mais Trump n'en fait pas mention. Il insiste en revanche sur la nécessité de contrôler le Groenland. Pendant ce temps, les négociations visant à mettre fin à l'invasion russe en Ukraine ont pour toile de fond terrifiante le missile hypersonique Oreshnik lancé par Poutine contre Lviv, la ville ukrainienne la plus proche d'un pays de l'OTAN comme la Pologne.
Il n'est pas facile de parvenir à un accord, de devoir céder après tant de souffrances, de morts, d'épuisement et de destruction. Nous rappelons que lorsqu'on parle de cession ou d'abandon de territoire, on ne parle pas seulement de terres, de maisons, de centrales nucléaires ou de champs cultivés, mais aussi des quelque cinq millions d'Ukrainiens qui vivent sur ces territoires.
On peut panser une blessure, on peut arrêter le saignement, mais si elle n'est pas bien refermée, elle ne cicatrisera jamais et cela représente une grande menace pour les Ukrainiens, mais aussi pour tous les Européens, même si Poutine assure qu'il n'a pas l'intention d'attaquer ses pays voisins.
En cette année qui vient à peine de commencer, il faut prêter attention aux manifestations populaires en Iran qui ont déjà coûté la vie à des milliers de personnes. Elles ont commencé en raison de la mauvaise situation économique et exigent la fin du régime des ayatollahs.