Pourquoi 2026 pourrait être l'année où le conflit du Sahara occidental prendra enfin fin

Mohamed VI
Mohammed VI
Dans un environnement mondial de plus en plus instable, (...) l'envie d'une impasse indéfinie s'estompe

À l'aube de 2026, le dossier du Sahara occidental s'inscrit dans un contexte international et onusien très différent de celui qui a défini le conflit pendant des décennies. Ce changement n'est pas fortuit. Il est le fruit des avancées diplomatiques accumulées par le Maroc au cours de l'année 2025, ainsi que des changements substantiels au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, qui favorisent de plus en plus l'approche de Rabat visant à mettre fin à ce qu'il considère comme un conflit artificiel, une approche fondée, comme le soutient depuis longtemps le roi Mohammed VI, sur le réalisme politique et des solutions viables.

Le tournant s'est produit en octobre 2025, lorsque le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2797, l'un des textes les plus clairs et les plus importants depuis le début du processus onusien.

La résolution a approuvé l'initiative d'autonomie du Maroc comme base sérieuse, crédible et réaliste pour tout règlement politique futur, tout en réglant une question longtemps controversée : l'Algérie a été désignée comme partie directe au conflit, et non comme observateur neutre. Ce faisant, le Conseil a clairement mis Alger face à ses responsabilités, l'exhortant à s'engager à la table des négociations plutôt que d'exercer une influence en marge.

Le rôle de l'Algérie n'a jamais été un secret. Depuis des années, elle apporte un soutien politique, financier et militaire au Front Polisario, défendant la cause séparatiste sous la bannière de « l'autodétermination », un principe qu'elle rejette fermement lorsqu'il s'applique à son propre territoire, notamment en Kabylie, où le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK) avance la même revendication.

La réorientation progressive du discours de l'ONU vers la position du Maroc n'est pas apparue dans le vide. Elle reflète la diplomatie marocaine soutenue, fondée sur les bases posées par le roi Mohammed VI, qui a fait passer la question du Sahara d'une confrontation idéologique à une résolution politique pragmatique. Rabat a tiré parti de l'évolution des équilibres mondiaux et de la lassitude croissante de la communauté internationale face à des conflits gelés qui sapent la stabilité régionale sans offrir de voie crédible pour l'avenir.

La composition du Conseil de sécurité en 2026 renforce encore cette dynamique. Cinq nouveaux membres non permanents, Bahreïn, la République démocratique du Congo (RDC), le Liberia, la Lettonie et la Colombie, ont pris leurs fonctions. Pour le Maroc, cela a son importance. Bahreïn, la RDC et le Liberia reconnaissent non seulement la souveraineté marocaine sur le Sahara, mais ont également concrétisé cette reconnaissance en ouvrant des consulats à Laâyoune et à Dakhla, une initiative qui revêt une importance politique et juridique considérable au sein du système des Nations unies.

Avec ce bloc d'États ouvertement favorables au sein du Conseil, le capital diplomatique du Maroc est renforcé, tandis que la marge de manœuvre des parties opposées se réduit. Cela s'inscrit dans le cadre d'un soutien soutenu au cadre d'autonomie de la part de trois membres permanents, alors même que les arguments séparatistes se replient dans une posture largement défensive au sein des couloirs de l'ONU.

Le timing pourrait également s'avérer décisif. Le Bahreïn assumera la présidence tournante du Conseil de sécurité en avril, ce qui coïncidera avec le briefing régulier du secrétaire général sur le processus politique. Pour Rabat, cet alignement est favorable : le soutien ferme de Manama à l'intégrité territoriale du Maroc pourrait contribuer à créer un climat politique constructif, en phase avec la dynamique générée par la résolution 2797.

En octobre, la Grèce assumera la présidence, et le Conseil devrait alors débattre et adopter une nouvelle résolution sur le Sahara. Le Maroc mise sur ses relations stables et en amélioration avec Athènes, ainsi que sur la fenêtre diplomatique qui s'ouvre d'ici là, pour consolider les acquis existants et ancrer l'autonomie comme cadre de règlement définitif.

Tout cela se déroule dans un contexte international plus large marqué par une pression croissante pour résoudre les conflits régionaux de longue date. Dans un environnement mondial de plus en plus instable, caractérisé par des rivalités géopolitiques et une capacité réduite de l'ONU à gérer des crises sans issue, l'appétit pour des impasses indéfinies s'amenuise.

La proposition d'autonomie du Maroc s'aligne parfaitement sur ces priorités. Elle offre une solution pratique qui préserve la stabilité, permet le développement local et promet de mettre fin aux difficultés prolongées des Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf sous le contrôle du Polisario.

Les indicateurs suggèrent que 2026 pourrait marquer une phase décisive dans le dossier du Sahara, voire son dernier chapitre. 

L'offensive diplomatique du Maroc ne montre aucun signe de ralentissement, tandis que le Conseil de sécurité semble de plus en plus enclin à adopter le cadre réaliste proposé par Rabat, tout en exerçant une pression accrue sur ceux qui font obstacle à un engagement significatif.

Dans ce contexte, parler de clore définitivement le dossier ne relève plus de l'optimisme diplomatique. Il s'agit plutôt d'un scénario plausible, soutenu par l'évolution des rapports de force, la dynamique changeante de l'ONU et un règlement de conception marocaine, de légitimité internationale et largement accepté sur la scène mondiale.

Article publié dans The Middle East Online