CAN 2025 au Maroc : une stratégie sécuritaire à la hauteur de l’événement
Le coup d'envoi de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 a été donné dans un climat de sérénité exemplaire, fruit d'une préparation de longue haleine. Derrière la ferveur des gradins et les exploits sportifs, une machine sécuritaire d'une précision chirurgicale veille au grain, transformant le Royaume en un modèle de gestion des grands événements planétaires.
Dès la cérémonie d'ouverture, l'importance stratégique accordée à l'événement a été incarnée par la présence sur le terrain de M. Abdellatif Hammouchi. La supervision directe du Directeur Général du pôle DGSN-DGST ne relève pas du simple protocole, mais d'une doctrine de commandement fondée sur l'implication totale des hautes autorités. Cette approche, mêlant vigilance permanente et anticipation tactique, vise à sanctuariser la compétition pour que le spectacle sportif demeure, du début à la fin, l'unique centre d'intérêt.
En amont du tournoi, la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) a opéré une mutation profonde de ses méthodes d'intervention. Cette stratégie globale, pensée comme un héritage durable pour le pays, ne s'est pas contentée de renforcer les effectifs ; elle a fusionné la modernisation des infrastructures avec une mise à niveau technologique sans précédent. Ce plan d'action aligne désormais le dispositif marocain sur les standards internationaux les plus rigoureux, répondant aux exigences de la CAF comme à celles des instances mondiales.
L'innovation la plus spectaculaire réside dans le maillage numérique dense des métropoles hôtes. À Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger, un réseau de vidéoprotection intelligent agit comme un véritable système nerveux central. En connectant plus de 6 000 caméras mobiles et fixes à des plateformes de commandement ultra-modernes, les forces de l'ordre assurent un suivi millimétré des flux de supporters en temps réel, garantissant une réactivité instantanée et une gestion des foules d'une fluidité remarquable.
Au cœur des enceintes sportives, la sécurité a été conçue comme une architecture intégrée et multisectorielle. Chaque stade est désormais une unité autonome, abritant son propre commissariat de police et une salle de coordination de haute technologie. Ce dispositif permet non seulement une gestion fluide des accès, mais aussi une application ferme et immédiate de la loi, assurant que toute velléité de trouble ou d'infraction soit neutralisée avec professionnalisme avant même de perturber la quiétude des familles présentes.
La diversification des moyens d’intervention illustre cette volonté de ne laisser aucune zone d'ombre dans le dispositif. Outre la création de brigades anti-gang renforcées dans les préfectures de Fès et Marrakech, la DGSN a mobilisé des unités spécialisées de pointe : brigades cynotechniques, unités de cavalerie et, pour la première fois à cette échelle, 16 équipes de surveillance par drones. Ces dernières offrent une couverture aérienne tactique indispensable pour superviser les zones à forte densité et les axes routiers stratégiques.
Sur le plan logistique, le renouvellement de la flotte est massif et témoigne d'un investissement d'envergure. Plus d'un millier de véhicules, motos et unités mobiles de haute technicité ont été déployés sur le terrain. Détail significatif d'une modernité fière de ses racines : une partie de cette flotte arbore une nouvelle identité visuelle intégrant la langue amazighe. Ce choix symbolise une institution policière inclusive, moderne et profondément ancrée dans les réalités culturelles et l'histoire du Maroc.
Le capital humain demeure toutefois le pivot central de cette muraille sécuritaire. Pas moins de 3 387 nouveaux policiers, ayant suivi une formation spécifique en 2025 pour la gestion des grands rassemblements, ont été affectés aux unités de commandement de la CAN. Cette relève qualifiée, rompue aux techniques de désamorçage de tensions et à l'assistance au public, apporte une expertise fraîche et une maîtrise des nouveaux protocoles d'accueil nécessaires pour gérer la diversité des supporters africains et internationaux.
L'expérience des visiteurs est optimisée dès le franchissement des frontières, où la technologie est mise au service de la fluidité. En étroite collaboration avec l'Office national des aéroports, la DGSN a accéléré la généralisation des portiques électroniques E-GATE. Lancé en site pilote à l'aéroport de Marrakech-Menara, ce système de pointe allie une rigueur de contrôle biométrique absolue à un confort de passage inégalé, réduisant les temps d'attente pour les milliers de passionnés venus de tout le continent.
L’année 2025 marque également un tournant dans la consolidation des unités territoriales spécialisées. La mise en place de deuxièmes brigades de lutte contre la criminalité urbaine à Marrakech et Fès, appuyée par l'acquisition de chevaux de race et de chiens dressés pour la détection, renforce la capacité de dissuasion. Ce renforcement structurel ne profite pas seulement à la CAN, mais s'inscrit dans une vision à long terme visant à pérenniser la sécurité et la tranquillité publique sur l'ensemble du territoire national.
En somme, c'est la coordination inter-institutionnelle qui couronne l'efficacité de ce dispositif titanesque. Dans chaque ville hôte, une synergie constante entre la police, les autorités locales, les forces auxiliaires, la protection civile et la CAF permet d'ajuster les mesures en fonction des enjeux de chaque match. Par cet arsenal cohérent, le Maroc ne se contente pas d'organiser une compétition ; il confirme son rang de puissance organisatrice capable d'allier ferveur populaire, hospitalité légendaire et sécurité absolue.
