Le Sahara: c'est maintenant ou jamais
Intervention du professeur Rafael Esparza, expert des questions relatives au Sahara et au Maghreb, devant la Quatrième Commission sur le Sahara de l'Organisation des Nations Unies à New York, États-Unis.
Monsieur le Président,
La controverse sur le Sahara marocain se trouve à un moment crucial pour aboutir à une solution définitive et les Nations Unies doivent envisager d'adopter une résolution qui, reconnaissant leur erreur initiale dans leur approche de la décolonisation face à la réintégration au Maroc, accepte la proposition marocaine d'autonomie pour le territoire.
La communauté internationale doit savoir qu'elle a été trompée dès le début par de fausses informations créées par le Polisario. Trois exemples parmi tant d'autres sont : que les camps de réfugiés ont été créés à la fin de 1975 ; qu'il y a eu un exode massif de la population sahraouie à la fin de 1975 et en 1976 ; et que le territoire est resté presque inhabité et a ensuite été occupé par des colons marocains.
Nous savons aujourd'hui avec certitude que les camps étaient prêts dès la fin de 1973, occupés par des Sahraouis algériens et par quelques Sahraouis qui ont quitté le territoire au début des années 70, après l'assassinat de Basiri.
Nous savons également que moins de 20 000 personnes originaires du territoire du Sahara sont arrivées dans les camps au milieu des années 70, dont une grande partie y a été contrainte, notamment celles qui ont été capturées lors des attaques du Polisario contre certaines localités du sud du Maroc.
Aujourd'hui encore, on reconnaît que la majorité de la population sahraouie a continué à vivre sur le territoire cédé par l'Espagne. Depuis lors, cette population autochtone s'est accrue avec les rapatriés (AIDIN), qui ont quitté les camps de manière isolée à partir de 1976, puis de manière massive à partir de 1988, après les répressions algéro-polisario.
Cet exode se poursuit encore aujourd'hui.
La plupart des rapatriés étaient des hispanophones persécutés depuis les débuts du Polisario, en raison de la politique de contrôle algérienne sur cette organisation naissante. De plus, de nombreux membres de la direction du Polisario sont originaires du sud du Maroc et de Mauritanie.
Il n'est pas non plus précisé qu'une grande partie des soi-disant colons marocains appartiennent à la population qui, en 1958, a quitté ou a été expulsée du territoire, et qu'une autre grande partie d'entre eux étaient membres des tribus qui appartenaient historiquement au territoire du Sahara marocain avant d'être amputées par le colonialisme franco-espagnol.
Actuellement, nous pouvons affirmer que les camps ne comptent pas beaucoup plus de 50 000 personnes, dont moins de 15 000 peuvent prouver leur origine dans le recensement espagnol de 1974. Le refus algéro-polissarois de réaliser un recensement dans les camps confirme mes propos.
Monsieur le Président...
Il appartient aujourd'hui aux Nations unies de prendre une résolution qui reflète la nouvelle réalité du conflit du Sahara, qui articule une solution basée sur la reconnaissance de l'autonomie du territoire au sein du Royaume du Maroc et qui, parmi les acteurs impliqués, dans les futures négociations, tous les Sahraouis : les Polisariens, le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), les notables des tribus et les élus du Sahara, quel que soit leur lieu de résidence, car les décisions qui seront prises les affecteront de manière fondamentale.
New York, le 9 octobre 2025
Rafael Esparza Machín
Président de l'ACAMA
Association de coopération et d'amitié canario-marocaine