De la contestation au progrès : l'engagement du Maroc en faveur de la gouvernance démocratique

Manifestantes se reúnen en el centro de Casablanca durante manifestaciones lideradas por jóvenes que exigen mejor educación y atención médica, en Casablanca, Marruecos, el 2 de octubre de 2025 - PHOTO/ REUTERS
Des manifestants se rassemblent dans le centre de Casablanca lors de manifestations menées par des jeunes qui réclament une meilleure éducation et des soins médicaux, à Casablanca, au Maroc, le 2 octobre 2025 - PHOTO/ REUTERS

Les récentes manifestations ne doivent donc pas être interprétées comme un signe de fragilité, mais comme un appel à une amélioration continue

Les récentes manifestations au Maroc, dont certaines ont dégénéré en affrontements violents, ont attiré l'attention tant au niveau national qu'international. Les images d'affrontements, de dégâts matériels et de blessés sont saisissantes, mais elles ne racontent qu'une partie de l'histoire.

Derrière ces troubles se cache un récit beaucoup plus important : l'évolution démocratique en cours au Maroc et sa capacité à s'adapter aux aspirations de ses citoyens tout en préservant la stabilité.

Le ministère de l'Intérieur a fait état de blessés parmi les civils et les forces de sécurité, ainsi que de dégâts matériels importants, soulignant les risques qui surviennent lorsque les frustrations sociales se déversent dans les rues. Mais considérer ces événements uniquement sous l'angle des troubles est trompeur.

Ils reflètent une société qui s'engage activement dans les questions de gouvernance, d'inclusion et de responsabilité, un processus intrinsèquement dynamique dans toute démocratie mature.

Pour les partenaires internationaux du Maroc, ce contexte est extrêmement important. Le pays occupe une position stratégique : il est un pont entre l'Afrique et l'Europe, un allié fiable des États-Unis et une force stabilisatrice dans une région turbulente.

Son influence s'étend au-delà de ses frontières : en tant que membre actif de l'Union africaine, le Maroc promeut l'intégration continentale, s'associe à l'Union européenne en matière de migration, de commerce et d'investissement, et apporte, en collaboration avec Washington, une expertise cruciale dans la lutte contre le terrorisme.

La stabilité au Maroc n'est donc pas seulement une priorité nationale, c'est un impératif régional et mondial.

Cependant, l'opportunité en cette période de troubles est tout aussi importante. Le Maroc a démontré qu'il était tout à fait capable de mettre en œuvre des réformes significatives et qu'il était déterminé à ne pas dévier de sa voie démocratique. Au cours des deux dernières décennies, le pays a constamment modernisé ses institutions, élargi ses programmes sociaux et renforcé ses cadres juridiques. Ce sont là les fondements sur lesquels peuvent s'appuyer des réformes plus importantes, renforçant à la fois la stabilité et la légitimité.

Le défi consiste à transformer les revendications des citoyens en un engagement constructif.

À cet égard, trois voies sont essentielles :

  1. Dialogue politique : renforcer les mécanismes de participation des citoyens et veiller à ce que les institutions continuent de répondre aux demandes sociales en constante évolution.
  2. Inclusion économique : lutter contre les inégalités et élargir les opportunités, en particulier pour les jeunes, qui sont souvent les plus vulnérables à la frustration et à la déconnexion.
  3. Éducation civique : promouvoir une culture de protestation responsable et de participation civique, où le droit à la dissidence renforce plutôt qu'il ne sape la gouvernance démocratique.

Pour les partenaires du Maroc en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord, soutenir ces efforts de réforme n'est pas un acte d'altruisme, mais d'intérêt stratégique. Un Maroc résilient et démocratique renforce la stabilité régionale, améliore la sécurité en Méditerranée, facilite le commerce transcontinental et fournit un modèle de gouvernance qui équilibre réforme, inclusion et ordre.

Les récentes manifestations ne doivent donc pas être interprétées comme un signe de fragilité, mais comme un appel à une amélioration continue. Elles révèlent à la fois les attentes des citoyens et les possibilités de renforcement institutionnel. La réponse du Maroc, fondée sur le dialogue, la réforme et l'application de l'État de droit, démontre l'engagement du pays à concilier liberté et responsabilité.

En substance, le Maroc se trouve à un moment propice à la construction. Son cheminement démocratique n'est pas théorique ; il est activement poursuivi, profondément enraciné et stratégiquement crucial. Les dirigeants et la société du pays ont démontré à maintes reprises qu'ils étaient capables de naviguer entre les pressions sociales sans compromettre la stabilité, et ils sont prêts à continuer dans cette voie.

La leçon plus large à tirer pour la communauté internationale est claire : l'évolution nationale du Maroc est intrinsèquement liée à la stabilité régionale et mondiale. Sa capacité à intégrer les demandes des citoyens, à renforcer les institutions et à mettre en œuvre des réformes n'est pas seulement un impératif national, mais aussi une pierre angulaire pour les partenariats qui englobent l'Afrique, l'Europe et les États-Unis.

En soutenant le programme de réformes du Maroc, la communauté internationale investit dans une Afrique du Nord stable, démocratique et tournée vers l'avenir, une région dont le parcours a une importance qui dépasse largement ses frontières.

Dans cette optique, les récentes manifestations au Maroc sont moins un avertissement qu'une invitation : une invitation à approfondir le dialogue, à élargir l'inclusion et à consolider les pratiques démocratiques. Elles reflètent une nation capable de se transformer, engagée dans le progrès et pleinement consciente que l'avenir n'est pas assuré par la répression, mais par la confiance et la participation de ses citoyens.