Madrid expose les photos gagnantes d'Istanbul 2025

Madrid accueille l'exposition des meilleures photos du Concours international de photographie d'Istanbul, qui montrent des émotions et des récits humains uniques
Gaza - Deir al Balah, de Saeed Jaras (Palestina)
Sous les cicatrices de la guerre en Syrie, par Sameer Al-Doumy (France)
  1. Concours international de photographie à Istanbul
  2. Importance du photojournalisme universel
  3. Description et signification de la photo gagnante
  4. Exposition à Madrid et commémorations
  5. Thèmes sociaux et catastrophes naturelles
  6. Photographes de presse espagnols de renom

Concours international de photographie à Istanbul

Le Concours international de photographie d'Istanbul, parrainé par l'agence de presse Anadolu, est devenu, après onze éditions, l'un des plus prestigieux concours de photojournalisme.

En témoignent les 21 558 clichés présentés cette année par 1 966 photojournalistes du monde entier. À partir de cet échantillon volumineux, un grand jury international a sélectionné les 30 meilleures photos de l'année, réparties en dix catégories, allant de la simple actualité au portrait d'une histoire, en passant par des scènes de la vie quotidienne. Un ensemble d'œuvres qui capturent et évoquent les mille et un aspects de l'expérience humaine

Víctima de un ataque con ácido, de Hootan Babapourvajari (Irán) 
Victime d'une attaque à l'acide, par Hootan Babapourvajari (Iran)

Importance du photojournalisme universel

Le concours d'Istanbul sert également de témoignage dans lequel le photojournalisme démontre l'universalité et la pérennité de ses œuvres qui, à travers tous les continents, présentent des faits, des cultures et des histoires qui méritent d'être vus et entendus par toute l'humanité.

Les Prix des meilleures photos d'Istanbul 2025 réaffirment l'engagement de leurs organisateurs à montrer la diversité du monde à travers l'objectif de photojournalistes de tous horizons.

La photo de l'année 2025 répond parfaitement à cet engagement. Elle s'intitule « Gaza – Deir al-Balah » et est l'œuvre du photojournaliste palestinien Saeed Jaras. Il s'agit d'un cliché bouleversant, qui montre le désespoir et la tristesse infinie de deux parents face aux corps sans vie de leurs enfants, victimes d'un bombardement israélien.

Bajo las cicatrices de la guerra en Siria, de Sameer Al-Doumy (Francia) 
Gaza - Deir al Balah, de Saeed Jaras (Palestina)

Description et signification de la photo gagnante

La mère s'accroche en hurlant à ses deux enfants morts tandis que le père, complètement sous le choc, affiche une expression de tristesse et d'incrédulité face à une telle tragédie. Une douleur si profonde et intense qu'il doute que la vie ait encore un sens pour eux.

C'est la photo qui, selon le jury, répond le mieux aux critères d'admission exigeants du concours : être techniquement excellente, capturer un moment inoubliable de l'actualité et avoir un véritable impact sur les spectateurs qui la regardent. Et dans le cas de « Gaza – Deir al-Balah », prise dans la tente quelques secondes après un bombardement israélien sur le centre de Gaza en août 2024, l'angoisse humaine se mêle à l'émotion pure et simple, laissant au spectateur une impression immédiate et indélébile.

La gente se apresura a recoger los paquetes de ayuda humanitaria lanzados desde el aire, por Omar Al-Qattaa, Palestina
Les gens se précipitent pour ramasser les colis d'aide humanitaire largués depuis les airs, par Omar Al-Qattaa, Palestine

Exposition à Madrid et commémorations

Outre cette Meilleure photo de l'année, l'exposition des trente meilleures œuvres des différentes sections s'est déplacée à Madrid, pour être présentée au siège de la Fondation Pons. Inaugurée par l'ambassadrice de Turquie en Espagne, Nuket Küçükel Ezberci, elle coïncide avec le vingtième anniversaire de l'Alliance des civilisations, une initiative promue conjointement par l'Espagne et la Turquie en 2005.

Thèmes sociaux et catastrophes naturelles

L'échantillon couvre à la fois les tragédies sociales et celles provoquées par la fureur incontrôlable de la nature, y compris celles liées à la tempête qui a frappé l'est de l'Espagne, en particulier les communautés de Valence, Murcie, Castille-La Manche et Andalousie.

Des histoires de Syrie ou de femmes afghanes, privées même du droit de parler par le pouvoir des talibans, et enfermées dans leur propre prison vestimentaire. Une excellente image montre de manière éloquente une femme couverte par la burqa réglementaire tenant une cage dans laquelle est enfermée une colombe. Aucun spectateur ne peut s'empêcher de se demander, face à une telle image, lequel des deux êtres est le plus malheureux.

Tras la DANA en España, de David Ramos
Après la DANA en Espagne, par David Ramos

Photographes de presse espagnols de renom

Il convient également de mentionner deux photojournalistes espagnols, lauréats dans leurs catégories respectives : Luis Tato et David Ramos. Le premier a présenté une impressionnante mosaïque de clichés pris à la suite des graves inondations au Kenya. Le second a fait de même avec les inondations plus proches causées par la tempête Dana qui a particulièrement ravagé les villes et villages de Valence.

Enjaulado en Afganistán, de Mauro De Bettio (Italia) 
Enjaulado en Afganistán (Enfermé en Afghanistan), de Mauro De Bettio (Italie)

Le malheur des athlètes qui, à cause d'un faux pas ou d'un mauvais mouvement involontaire, ont gâché en un instant le travail de préparation de quatre ans pour participer aux Jeux olympiques de Paris, a également sa place dans l'exposition.

Eliminación de obstáculos, de Richard Heathcote (Reino Unido) 
Suppression des obstacles, par Richard Heathcote (Royaume-Uni)

Partout dans le monde, dans des circonstances diverses, les quelque deux mille photojournalistes qui ont présenté leurs œuvres au concours d'Istanbul ont documenté, parfois dans des situations extrêmement difficiles, des moments historiques qui, grâce à leurs photographies, font désormais partie de l'histoire et de la mémoire collective de l'humanité.

Et, en définitive, ils constituent également un plaidoyer incontestable contre la guerre, l'oppression et l'injustice.