Coûts compétitifs et main-d'œuvre multilingue : les atouts du Maroc pour devenir un centre mondial de l'externalisation

Le Maroc s'est hissé parmi les premiers pays mondiaux dans le secteur de l'externalisation, grâce à sa main-d'œuvre compétente et spécialisée, et à son engagement en faveur de la formation numérique
Parte del equipo de Satec en su centro de servicios en Tetuán - ATALAYAR/ GUILLERMO LÓPEZ
Une partie de l'équipe de Satec dans son centre de services à Tétouan - ATALAYAR/ GUILLERMO LÓPEZ
  1. Infrastructures dédiées à l'externalisation
  2. Avantages

L'externalisation est devenue une activité clé au cours des dernières années au Maroc. De nombreuses multinationales telles qu'Amazon, Bosch, SAP, Oracle, HP, Dell, PwC, Capgemini, Deloitte ou IBM ont fait confiance au pays pour externaliser certains de leurs processus, et pas nécessairement les plus basiques.

Actuellement, le Maroc est la deuxième plus grande plateforme africaine d'externalisation, selon l'indice élaboré par AT Kearney en 2023. Le pays a gagné 12 places depuis l'indice de 2022 et se classe parmi les sept pays qui ont le plus progressé.

Selon le rapport d'AT Kearney, sa compétitivité en termes de coûts et sa main-d'œuvre multilingue (anglais, français et espagnol), associées à un regain d'intérêt pour la formation numérique, ont amélioré la perception du pays en tant que lieu d'implantation pour les activités commerciales liées à la technologie.

En outre, comme le constate le cabinet de conseil, le gouvernement prévoit d'investir des millions de dollars dans le secteur de l'externalisation afin de créer environ 5 000 nouveaux emplois d'ici la fin 2026.

Les derniers chiffres disponibles, fournis par l'AMDIE, révèlent que le secteur génère 1,9 milliard de dollars par an de recettes d'exportation, compte plus de 1 200 entreprises internationales parmi ses clients et emploie plus de 130 000 personnes à titre permanent.

PHOTO/ARCHIVO - Educación digital en Marruecos
PHOTO/ARCHIVES - Éducation numérique au Maroc

Infrastructures dédiées à l'externalisation

Preuve de l'engagement résolu du Maroc dans ce secteur, et conformément aux dispositions de la nouvelle Charte des investissements, le pays dispose de cinq parcs dédiés spécifiquement à l'externalisation, répartis sur son territoire national :

  1. Rabat Technopolis : s'étend sur 107 hectares et dispose de plus de 300 000 mètres carrés d'espace de bureaux.
  2. Casablanca Nearshore : 52 hectares et plus de 400 000 mètres carrés d'espace de bureaux.
  3. Tetouan Shore : 454 hectares et plus de 200 000 mètres carrés dédiés aux bureaux.
  4. Oujda Shore : 60 hectares et plus de 20 000 mètres carrés d'espace de bureaux.
  5. Fès Shore : 20 hectares et 30 000 mètres carrés destinés à des bureaux.

Avantages

Le Maroc dispose de coûts de main-d'œuvre très compétitifs par rapport à d'autres pays concurrents dans ce secteur, tels que le Portugal, la République tchèque, la Pologne ou la Turquie. À cela s'ajoutent les incitations importantes prévues dans la Charte des investissements :

  • Bonification pouvant atteindre 30 % des dépenses d'investissement.
  • Exonération de l'impôt sur les sociétés pendant cinq ans.
  • Impôt sur le revenu limité à 20 % du revenu brut imposable.
  • Contribution de l'État aux coûts de formation des employés.

Cette politique a conduit à la création de plusieurs centres spécialisés par de grandes entreprises internationales : le Centre d'ingénierie de Capgemini, le Centre d'excellence en électrification de Lear Corporation ou le Centre technique africain de Stellantis.